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Vortex : une série entre studio virtuel et faille temporelle en Bretagne

Photo d’en-tête : photo de fin de tournage chez NeoSet, mise en ligne par le réalisateur Slimane-Baptiste Berhoun.

Dans un futur proche, un policier ayant perdu l’amour de sa vie découvre par hasard l’opportunité de sauver la femme qu’il aimait, au risque de détruire sa vie actuelle…
Tel est le pitch de Vortex, série qui sera diffusée cette année sur France 2. La série surfe sur les nouvelles technologies, avec des séquences immersives créées à l’aide de techniques de studio virtuel (écrans LED).
Il s’agit d’ailleurs, a priori, d’une première pour une série française.

Aperçu du tournage de Vortex

La VR au coeur du scénario

Le personnage principal utilise la réalité virtuelle dans son métier de policier, avec un bug qui vient ensuite justifier l’aspect fantastique/sf du scénario :

Ludovic est capitaine à la police judiciaire de Brest. Il y a 27 ans, il a perdu l’amour de sa vie, Mélanie, dans ce qui semblait être à première vue un tragique et banal accident. Alors qu’il enquête sur une scène de crime reconstituée en réalité virtuelle, une faille temporelle inattendue va bouleverser le cours de sa vie : grâce à une erreur du système, il peut communiquer avec Mélanie, quelques jours avant sa mort, en 1998. Remuant ciel et terre pour la sauver de son destin tragique et arrêter son meurtrier, Ludovic risque de perdre sa vie au présent et de voir disparaitre à leur tour sa femme Parvana et leur fils Sam.

Restait à savoir comment le réalisateur Slimane-Baptiste Berhoun allait mettre en scène les séquences immersives et la faille temporelle : un point majeur puisqu’il s’agit aussi et surtout de scènes fortes en émotions.

La scène de crime reconstituée en VR et donc la faille temporelle se situent sur une plage, et la faille permet à Ludovic d’accéder à une version passée de cette même plage. Ludovic et Mélanie se trouvent donc dans deux versions distinctes du même lieu.
Selon la temporalité et la scène, ou le côté de la faille temporelle, la plage peut être visible à différentes heures du jour ou de la nuit, et avec une météo variée. Mélanie pourra par exemple être sur la plage au soleil couchant et avec du vent, tandis que de l’autre côté de la faille, Ludovic sera dans une version en pleine journée, sans vent et sous un ciel chargé.

En outre, la série comporte de nombreuses scènes en voiture, qui sont toujours complexes à filmer : chaque prise nécessite que toute l’équipe revienne en arrière sur la route, sans compter qu’un tournage en extérieur implique toujours de moins contrôler les éléments (lumière, nuages, etc).

D’où le choix d’un studio virtuel, qui permettait de régler d’un coup ces questions et d’optimiser les temps de tournage.

Comment mettre en scène une faille temporelle sur une plage bretonne ?

A l’occasion du PIDS, Slimane-Baptiste Berhoun nous a donné quelques détails concrets en compagnie de Cédric Herbet (Producteur VFX, Fix Studio), Jérémie Tondowski (Président, co-fondateur, NEOSET), Roman Turlure (Producteur, Quad Drama).

En effet, si le studio virtuel règle une bonne partie des contraintes classiques de tournage, cette technique implique tout de même un gros travail pour les équipes, et notamment celles de Fix Studio (spécialiste VFX/post-production) et Neoset (opérateur de studios virtuels).

Il a d’abord fallu numériser une plage entière, située dans le Finistère, afin de disposer d’un bon matériau de base pour le décor, mis en place sous Unreal Engine.

Fix Studio et Neoset nous ont indiqué que deux points importants pour le projet étaient le travail d’étalonnage, mais aussi le multicam lors du tournage : il fallait gérer deux affichages haute définition en simultané. En pratique, Disguise devait donc contrôler trois frustums, trois zones d’affichage : les caméras A et B affichées en haute définition, et la zone extérieure au champ des caméras. Les zones A et B étaient gérées en affichage 3,2K le plus souvent (parfois un peu moins pour gagner en performances sur des scènes particulières), tandis que le troisième affichage, qui servait uniquement à l’éclairage et à l’immersion des acteurs et actrices sur le plateau, pouvait être traité avec une précision visuelle moindre. Là encore, afin de gagner en performances.

L’affichage sur les écrans LED a été géré grâce à Disguise, solution pensée pour l’affichage live que l’on retrouve notamment dans le spectacle vivant et qui peut fonctionner en tandem avec Unreal Engine : parfait pour les besoins d’un studio virtuel.

La table-ronde sur Vortex au PIDS.
Avec de gauche à droite :
Cédric Herbet (Producteur VFX, Fix Studio)
Jérémie Tondowski (Président, co-fondateur, NeoSet)
Yann Marchais du PIDS qui assurait la modération
Slimane-Baptiste Berhoum (réalisateur)
Roman Turlure (Producteur, Quad Drama)

Le studio virtuel, un résultat « grisant » pour le réalisateur

Le réalisateur Slimane-Baptiste Berhoun nous a donné son ressenti sur l’usage d’un plateau virtuel. Il a tout d’abord bien souligné qu’il ne voulait pas que la technologie prenne le pas sur l’émotion, et que son objectif était avant tout que ses actrices et acteurs disposent d’une grande liberté.
Cette liberté se retrouve d’ailleurs également dans ses propres choix de mise en scène : pour des plans nocturnes sur la plage, un faux raccord volontaire a été mis en place sur la lumière, avec un éclairage différent sur les champs/contre-champs.
Pour Slimane-Baptiste Berhoun, il est « grisant de voir le résultat final sur un le plateau » : l’avantage du studio virtuel étant en effet d’avoir une idée précise de l’image, bien plus tôt qu’en utilisant fond vert et postproduction classique.
Globalement, son expérience semble très positive.

Un regret par contre, exprimé par Neoset : le CNC considère les écrans LED de manière similaire à des projecteurs, et le travail associé n’est donc par pris en charge par les aides CVS (aides à la création visuelle ou sonore), contrairement à de la postproduction classique.
Effectivement, le studio virtuel fait évoluer les métiers, méthodes de travail et temporalités, déportant en amont du tournage ou pendant celui-ci une bonne partie du travail.
Il faudra donc suivre avec attention les éventuelles évolutions des aides du CNC pour tenir compte de ces mutations.

Bientôt sur France 2

Produite par Quad Drama, la série Vortex est réalisée par Slimane-Baptiste Berhoun et mettra en scène Tomer Sisley dans le rôle principal (Ludovic), Camille Claris dans le rôle de Mélanie.
La série est écrite et conçue par Camille Couasse et Sarah Farkas, d’après un concept original de Franck Thilliez.

Vortex devrait sortir sur France 2 au second semestre 2022. La série comporte 6 épisodes de 52 minutes.

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