Unity et Weta signent l’accord de l’année

Unity et Weta Digital annoncent un accord au montant faramineux : pas moins de 1,625 milliard de dollars, soit 1,4 milliard d’euros.

A la clé : l’acquisition par Unity de l’ensemble des outils, du pipeline, de la propriété intellectuelle et des spécialistes techniques de Weta (275 ingénieurs).

Le studio Weta Digital en tant que tel continuera son travail de studio d’effets visuels en entité indépendante sous le nom WetaFX, mais deviendra de fait le plus gros client de Unity dans le secteur des Medias et du Divertissement.

Des outils mis à disposition du monde

L’enjeu pour Unity est évident : le groupe va pouvoir proposer l’ensemble des outils jusqu’ici réservés à Weta Digital et ses équipes, avec par exemple :

  • Manuka, un moteur de rendu en path tracing ;
  • Gazebo, moteur de rendu interactif utilisé pour la visualisation temps réel, la prévisualisation, la production virtuelle ;
  • Loki, outil de simulation physique qui gère eau, feu, fumée, hair, cloth, muscles, plantes ;
  • Des outils de workflow de lighting et gestion colorimétrique comme PhysLight, PhysCam, HDRConvert qui permettent d’avoir de l’éclairage spectral, de répliquer les effets d’objectifs optiques et capteurs, et viennent donc compléter Manuka et Gazebo ;
  • Koru, un système de rigging ;
  • Facial Tech, des solutions pour la capture faciale, le transfert vers un modèle cible, la manipulation de muscles faciaux ;
  • Barbershop, des outils de hair et fur proposant un workflow complet de pousse et grooming, avec à la clé des modèles prêts à simuler physiquement ;
  • Tissue, pour créer des modèles avec muscles et peau afin d’appliquer des simulations ;
  • Apteryx, un outil dédié aux plumes ;
  • World Building : des outils pour la création de décors et le set dressing, jusqu’à l’échelle planétaire ;
  • Lumberjack, outil de végétation ;
  • Totara, outil de simulation et croissance procédurale pour les biomes et la végétation ;
  • Eddy, un plugin qui permet de générer des simulations de fluides, feu et fumée au moment du compositing ;
  • Des outils de revue de production ;
  • Live Viewing, des outils gérant le mélange entre contenu live et 3D temps réel, pour la visualisation sur plateau ;
  • Projector, solution de planification, gestion de ressources.
Totara

Unity explique que son objectif sera, à une date encore non définie, de proposer ces outils aux artistes et studios, combinés à une plateforme cloud.

Unity avance également qu’il sera possible d’utiliser ces solutions “directement dans les outils de création de contenu” comme Maya et Houdini, et bien évidemment d’envoyer les données et de les manipuler dans Unity.
Le groupe donne sa vision ainsi : “vous serez capable d’utiliser les outils de création que vous connaissez et aimez déjà, tout en ayant accès à un ensemble toujours plus large d’outils utilisés dans des films comme Avatar et Wonder Woman“.

Mieux encore, Unity compte donner accès à une librairie d’assets issus des projets passés de Weta, et qui continuera à s’étoffer au fil des ans et des productions de WetaFX. Au menu : environnements naturels et urbains, objets du quotidien, textures, matériaux, etc.

Que devient le studio VFX ?

Nous le disions en introduction, le studio reste indépendant, et sera possédé en majorité par Peter Jackson. Si les équipes de R&D passent dans l’ombrelle Unity, les 1700 personnes qui constituent le reste du studio continueront donc à faire des films. Et à utiliser les outils désormais développés par Unity.

Un accord soumis à conditions

La somme mise sur la table par Unity sera payée en cash et actions. Prem Akkaraju, qui était le PDG de Weta jusqu’en 2020 et est le créateur de la solution cloud du studio, restera dirigeant de WetaFX. Joe Marks, CTO de Weta (Chief Technology Officer), rejoint unity tout en gardant le même titre.

L’accord devrait être finalisé et effectif d’ici le dernier trimestre financier 2021 de Unity, le temps que toutes les formalités financières et légales soient actées.

Que penser de cette annonce ?

Il va sans dire que cette nouvelle est un bouleversement majeur dans le monde de la création. Les rachats successifs d’Unreal pouvaient sembler montrer qu’Epic Games était voué à dominer peu à peu son rival : Unity montre ici qu’il ne compte pas se laisser distancer, et qu’il sera au contraire un acteur majeur des années à venir.

Avec cette acquisition, Unity se positionne aussi aux côtés des leaders du secteur VFX comme Autodesk, SideFX et Houdini, bien au-delà du jeu vidéo et de la 3D temps réel.

Reste désormais à voir arriver ces produits sur le marché. Il faudra évidemment les adapter et les rendre utilisables par un maximum de studio, les outils internes pouvant avoir tendance à ne pas toujours être simple d’accès. Le fait d’avoir acquis non pas juste les outils mais également les équipes qui sont derrière sera ici un atout indispensable.

En parallèle, avec Weta en client et via ses futurs utilisateurs, Unity diversifie considérablement ses sources de revenus : de quoi disposer d’une assise plus large et plus stable. Parfait pour préparer l’avenir avec sérénité, et continuer à avancer.

Du point de vue des studios, cette annonce est probablement très positive : elle montre que Unity a encore les capacités de frapper fort face à Unreal, mais annonce aussi de nouvelles alternatives à de nombreux outils actuels. Plus de concurrence, donc, qui ne pourra qu’être bénéfique.

Pour plus de détails, on pourra consulter l’annonce chez Unity, et les vidéos ci-dessous qui mettent notamment en scène Peter Jackson :

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7 commentaires

TURTLE 10 novembre 2021 at 11 h 29 min
" comme Maya et Houdini," J’ai pas vu de de référence à Blender étonnamment
ffrima 10 novembre 2021 at 12 h 14 min
Leurs outils ont principalement été développés sous forme de plugins pour Houdini et Maya
Si blender est utilisé, cela doit etre réellemetn exceptionnele, et ca ne rentre pas dans leur pipeline.
phicata 10 novembre 2021 at 13 h 09 min
Dingue!! Comme tout évolue vite! les cadors d’hier ne seront plus là demain semble til.
johan26 10 novembre 2021 at 21 h 10 min
Riccitiello fait encore des choix hasardeux :confused:
K
kin4n 12 novembre 2021 at 5 h 37 min
Unity vs UE, le plus gros clash de l histoire apres sega nintendo. Mais ce rachat, meme si financierement interressant pour unity ne vas pas apporter grand chose a la communaute. Ce que fait epic, est bcp plus malin. Acheter des tech, les integrer, et les rendre gratuites, ca fait vraiment evoluer le shmilblick. Pareil pour blender ou godot.
Maxiriton 12 novembre 2021 at 17 h 19 min
Oui je doute que ce rachat se traduise par une inclusion dans l’éditeur Unity et que l’utilisateur lambda puisse en profiter. En tant qu’utilisateur depuis pas mal d’années, on voit bien un changement de stratégie depuis un petit moment. Unity essaye de faire payer ses clients avec tout un paquet de middleware supplémentaires (Artengine, Forma, MARS….).
C’est marrant qu’ils parlent des "creators" de partout, mais vu les prix qu’ils pratiquent, on reste sur du B2B bien classique et pas du tout sur la mise a disposition d’outils pour une communauté de créatifs…
Shadows 16 novembre 2021 at 15 h 17 min
@Maxiriton A priori ils se dirigeraient ici vers du "software as a service", à la Adobe et avec système abonnement : reste à voir la souplesse de la chose, les prix pour indépendants.

@TURTLE @ffrima Effectivement, si ces deux outils sont cités ce n’est pas un hasard, ils annoncent ce qui est déjà en place. Ceci dit, grâce à USD on peut espérer que ça ne soit pas trop fermé.

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