Texturing XYZ

Texturing XYZ lance une offre qui va vous coller à la peau

Le site Texturing.XYZ est bien connu des artistes : on y trouve différents types de matériaux utilisables en production, et notamment de quoi créer la peau de personnages/créatures très détaillés.

Comme nous l’a expliqué le dirigeant du service, Jérémy Céleste (issu de l’ESMA et dont l’équipe est basée à Toulouse), les entreprises des effets visuels et du jeu vidéo utilisent très largement ces textures. Digital Domain, Image Engine, MPC, Platige Image, Ubisoft, Goodbye Kansas font partie des clients.

Et justement, après la conquête du marché des studios sur les textures, il devenait temps pour l’entreprise d’étendre son offre afin de poursuivre sa croissance dans les années à venir. Jérémy Céleste a donc choisi de lancer du service à la demande pour les studios, avec deux grands volets : Hyperskin et Hyperscan.

Hyperskin

Hyperskin, pour commencer, correspond à une offre très demandée par les studios. En effet, ces derniers ont besoin d’une cohérence globale dans les assets utilisés, et donc d’un niveau de qualité constant : chose qu’il peut être difficile d’atteindre même avec les textures proposées sur Texturing.XYZ, puisque le travail des artistes joue énormément sur le résultat. Autre constat : le temps passé à détailler les visages reste assez long, et les journées de travail nécessaires pour cette étape fastidieuse pourraient être passées ailleurs, si une approche plus rapide était trouvée.

C’est là qu’intervient Hyperskin : l’idée est d’envoyer au service un modèle (avec éventuellement des données comme le displacement et l’albedo si ces éléments sont déjà existants, ce qui peut être le cas s’il s’agit de scan 3D), et les équipes de Texturing.XYZ se chargent ensuite de créer des maps de displacement ultradétaillées (rides, pores sont visibles). La microstructure de la peau est donc physiquement correcte, ce qui donne notamment une roughness physiquement plausible, ou même des effets d’anisotropie spéculaire grâce aux micro rides et à leur orientation.

Jérémy Céleste insiste sur le fait que les technologies employées ne sont pas de l’IA ou du machine learning : uniquement des outils sur lequel le contrôle artistique reste total.

Le tout est proposé avec support des UDIMs, export jusqu’en 32 bits et jusqu’à 16k par tile : largement de quoi répondre aux besoins des plans les plus exigeants.

Le traitement prend de 24 à 48h, ce qui représente un gain de temps notable par rapport aux processus des studios, avance Jérémy Céleste. Cette rapidité vient du fait que les artistes de l’équipe utilisent des outils maison spécialement conçus pour traiter de la peau.

En ce qui concerne la sécurité des données, tout est géré localement, sans outil cloud : un moyen de rassurer les studios, qui restent frileux sur ce point même si la pandémie les a forcés, dans bien des cas, à assouplir leurs processus.
Toujours sur la sécurité, Texturing.XYZ propose des workflows spécifiques si un modèle de production ne peut pas être envoyé directement. Pour plus de détails sur ce point, on consultera directement Texturing.XYZ.

Au vu de la méthode employée et des contournement nécessaires en cas de droits restreints sur les modèles de départ, on pourrait se demander si Texturing.XYZ ne pourrait pas directement proposer ses outils internes, et se placer en éditeur de logiciels et non fournisseur de services : sur ce point Jérémy Céleste explique que ce n’est pas le positionnement de l’entreprise, dont le coeur de métier n’a jamais été le logiciel. Un tel retournement nécessiterait par ailleurs des changements radicaux : nécessité de développer des interfaces et fonctions adaptées à de nombreux artistes, gestion du support et de la vente… Texturing.XYZ préfère donc, au moins à court et moyen terme, rester sur une approche « service », qu’elle maîtrise parfaitement puisqu’en coulisses, Hyperskin est testé depuis des mois par différents clients.

Il convient enfin de noter le modèle économique particulier du service Hyperskin : aucun paiement à l’avance n’est fait. Le workflow proposé ressemble à ceci :

  • Le client approuve en interne les données à envoyer ;
  • l’équipe Hyperskin traite le modèle et renvoie des rendus de comparaison avant/après (images et non assets) pour donner une idée précise du résultat ;
  • le client peut alors évaluer les rendus en interne, puis les approuver ;
  • enfin, le client approuve le résultat, reçoit facture et données.

Hyperskin est dès à présent disponible, et a été testé au sein d’ILM et Blur, entre autres. Il est possible de faire un test gratuit et sans engagement sur demande (qui correspondra aux deux premières étapes du workflow ci-dessus, avec possibilité d’acheter le résultat si le client est satisfait).

Hyperscan

Second volet de l’offre services de Texturing.xyz : Hyperscan, qui correspond à une offre déjà proposée mais que l’entreprise souhaite davantage mettre en avant. L’idée est de proposer des matériaux haute qualité à partir d’un échantillon, quelle que soit sa taille.
Un service qui intéressera en pratique surtout les secteurs du luxe et du design (même s’il est évidemment ouvert à tous types de clients) : un client pourra par exemple demander le scan complet d’une peau de crocodile, avant d’utiliser le résultat en interne pour des modèles numériques de sacs et chaussures. De quoi remplacer les traditionnelles séances de photos de produits par une approche totalement numérique.

Que penser de ces offres ?

Avec ces deux nouvelles offres, Texturing.XYZ démultiplie son offre. Etant donné ses relations avec de gros studios d’effets visuels ou produisant des cinématiques, on ne doute évidemment pas que ces services se retrouveront dans de grosses productions à venir. A ce sujet, Texturing.XYZ devrait pouvoir, dans les semaines et mois à venir, proposer des cas clients sur des projets ayant fait appel à Hyperskin. Ce type de making-of demande évidemment du temps, entre les contraintes de confidentialité et les clients qui hésitent souvent à admettre publiquement avoir fait appel à un service externe : nous aurons donc l’occasion d’en reparler le moment venu.

D’un point de vue économique, Hyperskin et Hyperscan permettront à Texturing.XYZ de se diversifier et donc de se renforcer, mais aussi de poursuivre sa croissance. Malgré une année écoulée assez morose pour le secteur des effets visuels en général, Jérémy Céleste et son équipe sont donc bien décidés à aller de l’avant. La petite entreprise fondée en 2015 a bien grandi, et compte bien ne pas en rester là.

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