PIDS 2021

Télétravail : Mikros, Cube, PocketStudio tirent les leçons de la crise au PIDS 2021

Nous avons déjà eu l’occasion de l’aborder plusieurs fois au cours de l’année écoulée : le télétravail est un des enjeux majeurs de la pandémie actuelle, qu’il s’agisse de faire face au confinement, de prendre en compte les difficultés de déplacements ou d’anticiper un possible « monde d’après ».

L’équipe du Paris Images Digital Summit, conférence sur les effets visuels et l’industrie de l’image numérique qui avait lieu fin janvier, s’est évidemment emparée du sujet. L’évènement était lui-même organisé en dématérialisé.

Au cours d’une table ronde, plusieurs intervenants ont donné leur vision du sujet :
Cécile Hergaux-Essame (Directrice du studio, Cube Creative) ;
Julien Meesters (CEO, Mikros Image) ;
Jean-Colas Prunier (CEO, Pocket Studio).
Le tout sous l’égide de Yann Marchet, délégué général du PIDS.

Voici la présentation, suivie de notre compte-rendu :

Mikros, Cube face au confinement

Mikros a tout d’abord évoqué sa propre situation : avec la pandémie, ce sont environ 600 personnes qui ont basculé en télétravail dans le groupe en l’espace d’une semaine environ, dans de multiples pays aux politiques locales diverses. Sans compter évidemment la politique du studio pour gérer cette crise.
Le groupe a réussi à poursuivre son activité sans stopper la production. Le constat fait par Mikros est notamment celui d’un abaissement des contraintes imposées par leurs clients (les impératifs de sécurité contractualisés par les gros studios ont été obligés de s’adapter aux conditions du télétravail). Mikros a par ailleurs mis en place une « équipe Covid », mêlant ressources humaines, opérationnel, médical (avec infirmière sur site). Un des enjeux était de détecter, au sein des équipes, les situations de détresse et d’accompagner ces personnes : entre la crise inédite et le télétravail dans des logements pas toujours adaptés, il est en effet possible ne pas supporter la situation et avoir besoin d’un soutien.

Côté Cube, le télétravail avait été anticipé dès la première quinzaine de mars : certaines personnes (les plus fragiles ou anxieuses) avaient pu bénéficier de cette mesure. Cube souligne l’utilité des mouvements sociaux qui avaient eu lieu en région parisienne fin 2019 : ils avaient imposé le télétravail et servi de galop d’essai.
Avec le premier confinement, le télétravail s’est évidemment généralisé à l’ensemble des équipes, avec des besoins d’adaptations : matériel à prêter aux graphistes, par exemple. Il a fallu concilier l’impératif de protéger les équipes avec celui de poursuite du travail : la série Mush-Mush et les Champotes était en pleine livraison, et Cube devait aussi gérer des prestataires en Inde, mais aussi poursuivre le développement de projets futurs en vue du Cartoon Forum qui approchait.

Un vrai défi qui a nécessité une forte implication des équipes IT, de la R&D, de l’équipe de production et des graphistes.
En ce qui concerne les contraintes de sécurité, Cube a expliqué avoir moins de contraintes que Mikros, n’ayant pas les mêmes liens avec de gros studios américains. Il a été nécessaire, entre entreprises, de se faire confiance.
Comme Mikros, Cube souligne l’importance de la prise en compte de l’humain, et salue les capacités de l’équipe à relever le défi.
Cube souligne également la solidarité qui s’est mise en place entre studios, avec des échanges sur les solutions : une communication qui a permis à toute la communauté d’apprendre des erreurs et réussites des autres entreprises.

Le télétravail, l’avenir ?

Comme l’expliquent Cube et Mikros, ce télétravail imposé a eu un aspect positif : celui de prouver la viabilité de ce modèle, en servant de preuve par l’exemple et alors que de nombreux studios étaient jusqu’ici dubitatifs.

PocketStudio : une des pistes à suivre

Enfin, Jean-Colas Prunier de PocketStudio est revenu sur sa solution de création collaborative en temps réel ; nous vous en avions déjà parlé au travers d’une interview, et l’outil est disponible en alpha.

Jean-Colas Prunier a notamment évoqué un projet Netflix qui avait accumulé plus d’un mois de retard, les validations étant compliquées par le confinement. L’adoption de PocketStudio par le studio en charge du projet a permis de faire un prototypage plus rapide, et d’accélérer le début de la fabrication.
PocketStudio reste néanmoins conscient des freins à l’adoption : au-delà de l’aspect économique, un travail d’évangélisation reste nécessaire pour faire comprendre les avantages créatifs d’une telle approche.

La communication, un défi non résolu

Toujours sur les pistes à suivre, Mikros a souligné que les solutions de communication comme Zoom sont finalement très figées. A l’inverse, un produit comme Discord peut s’avérer bien plus efficace pour assurer la communication dans une équipe.
Revers de la médaille : les outils les plus fluides en termes de communication ne sont pas forcément ceux qui sont les plus sécurisés…

Plus largement, l’aspect communautaire et organique d’un studio reste pour l’heure impossible à reproduire avec les outils du marché. Même avec de la vidéo, une personne en télétravail reste donc défavorisée.

Ce constat, qui est confirmé par les échanges que nous avons pu avoir avec de multiples studios, montre que l’enjeu du télétravail ne se situe plus au niveau de la technique pure : réseau, contrôle à distance, envoi de matériel ne posent plus de problèmes insurmontables, mais l’aspect humain et la communication constituent en revanche toujours des défis, notamment pour l’encadrement des équipes.

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