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Spooqs : enfin un logiciel de tracking et VFX accessible ?

Temps de lecture : 4 minutes

De puissants logiciels de tracking et de VFX existent déjà sur le marché, comme After Effects, mais il faut une bonne dose d’apprentissage avant de pouvoir les maîtriser, et ce sont des outils souvent assez lourds à utiliser.

C’est ici qu’intervient Spooqs, un jeune logiciel français. Le concept : un produit qui se veut simple et accessible mais qui propose tout de même des effets variés. par exemple, de la retouche de visage, l’ajout de texte, de logos, des fonctions de déformation, de la retouche colorimétrique ou encore la suppression d’objets.

Nous avons testé l’outil et utilisé Spooqs pour créer les extraits qui illustrent cet article.
Les tutoriels officiels permettent assez rapidement d’obtenir des résultats intéressants et de prendre en main les outils proposés.

Concrètement, le tracking/usage d’un effet se fait en trois étapes : on va d’abord définir l’élément à tracker (visage, objet, élément qui se déforme…), puis lancer le tracking, et enfin appliquer un des effets permis par Spooqs.
Spooqs propose 4 méthodes de tracking : cible, planaire, déformable et visages. Pour une personne qui découvre ce genre d’outil, la difficulté sera sans doute de comprendre au départ quelle méthode utiliser selon la situation, mais une fois encore, les tutoriels seront ici assez utiles.

Une timeline permet de moduler, transformer les effets au fil du temps, et un système de calques permet d’accumuler différents effets. Enfin, l’export se fait sous forme de vidéo ou de GIF.

Voici quelques-uns de nos résultats :

  • Vidéo d’un vélo sur une plage filmé par drone : nous avons rajouté un élément qui suit le cycliste, ajusté la colorimétrie de la mer.
    Spooqs permet donc de légender des éléments, de faire des retouches colorimétriques sur des éléments spécifiques, même s’ils se déforment.
Source utilisée : Vidéo de Mathieu Echeverri sur Pixabay
Aperçu de l’interface : on a ici ajouté deux calques (visibles en haut), un par élément à tracker.
  • Retouche d’un visage : Spooqs propose différents effets, du lissage de la peau à la retouche de la morphologie. L’effet est ici volontairement exagéré mais il peut évidemment être ajusté en intensité, par exemple pour ajuster légèrement la taille des yeux, atténuer plus ou moins les détails de la peau.
    Le système de tracking préfère évidemment des visages bien visibles : si la personne est de profil, porte un masque, etc, la détection ne fonctionne pas forcément.
Source utilisée : Vidéo de Wolfgang Sauerwald sur Pixabay
Sur cet autre exemple, le tracking du visage a permis d’appliquer une déformation. Le système de timeline et de courbes nous a permis d’ajuster l’effet dans le temps.
  • Floutage de visages : un classique pour les reportages, l’anonymisation de visages, plaques d’immatriculations. Nous avons travaillé sur des zones larges, ajusté l’effet de pixellisation, et nous avons également retouché un t-shirt dont la couleur fluo ressortait à l’image.
Source utilisée : Vidéo de Ramon Stuckey sur Pixabay
Un aperçu de la scène dans Spooqs : tracking du T-Shirt et des visages.
  • Dernier exemple, l’ajout d’un élément derrière un sujet : ici, des lions. Cela peut être utile pour ajouter un titre dans une vidéo.
    Le détourage des lions est évidemment perfectible ici, la crinière au vent étant un cas extrême : le résultat sera bien plus propre avec un cas plus simple, comme un logo/texte passant derrière un bâtiment.
Source utilisée : Vidéo de Ahrorjon Yusupov sur Pixabay

Globalement, Spooqs nous semble assez facile à prendre en main pour un public néophyte : les vidéos explicatives devraient permettre aux personnes n’ayant jamais fait de tracking de comprendre les notions utilisées. Les créateurs ont eu la bonne idée de proposer des tutoriels précis et très concis : une vidéo d’une minute « faites un effet amusant sur un visage » ou « comment faire disparaître la Tour Eiffel » parlera sans doute plus aux débutants que de longues vidéos généralistes et trop théoriques. Il sera évidemment utile, au fil du temps, de continuer à étoffer ces tutoriels.

En termes de marché, Spooqs vise le marketing, les community managers ou encore les motion designers.

La principale limitation de Spooqs à l’heure actuelle est l’absence d’accélération GPU : il est du coup conseillé de ne pas travaillé au-delà du Full HD. C’est pour nous le point principal à améliorer, puisque le GPU permettrait de fluidifier l’usage de l’outil, et d’accélérer les exports.
Nous espérons également que le tracking sera renforcé, en particulier du côté des visages dans des situations délicates (visage en partie masqué, personne qui se retourne, etc).

L’équipe est assez réactive côté support : nous leur avions par exemple fait remonter un bug dans la gestion de vidéos tournées avec notre Sony A7RIV, et le problème a été résolu dans la mise à jour suivante.
Notez d’ailleurs que comme le logiciel est français, vous disposerez d’un support en français également.

Dernier point, le modèle économique : Spooqs est proposé sous forme d’abonnement (à partir de 10€/mois environ pour usage commercial) ou de licence perpétuelle, et il est gratuit pour les chercheurs et étudiants.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site officiel, qui vous permettra de tester gratuitement l’outil : la version d’essai n’a pas de limite de temps ou de filigrane, elle limite juste l’export aux GIFs animés.

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