SIGGRAPH 2020 : Comment trouver du travail à l’ère du COVID ?

Une présentation du SIGGRAPH 2020 autour du marché de l’emploi a mis en lumière les dernières attentes et défis des recruteurs dans la recherche de nouveaux talents. Trois intervenants, Pamela Thompson, David Bromstein et Susan Thurmond O’Neal nous ont livré leurs points de vue et conseils pour réussir au son networking.

Nous tenons d’ailleurs à remercier en particulier Susan Thurmond O’Neal, VFX and Post Production recruiter chez BLT Recruiting, qui a bien voulu répondre à nos questions pour compléter les informations issues de la table ronde.

Enfin, soulignons que les informations données ici sont évidemment à apprécier en fonction du contexte géographique : l’ampleur de la pandémie n’est pas la même à Los Angeles, Montréal, Vancouver, Londres, Paris, etc, et les réponses des studios/spécialistes du recrutement seront donc aussi différentes.

Les réseaux sociaux, principaux vecteurs de recherche

Le networking par internet est devenu un outil à part entière et a pris une place encore plus importante depuis le début de la crise du COVID-19, s’expliquant en partie par le nombre croissant d’internautes connectés. “Suivez le studio de vos rêves sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à liker, commenter, montrer que vous êtes actifs et impliqués” indique Susan Thurmond O’Neal.

Nombreux sont les postulants qui ne savent pas ce qu’ils veulent. Pour y remédier, David Bromstein recommande d’utiliser LinkedIn, “LinkedIn est parfait pour déterminer, sonder un environnement et approfondir les recherches”. Il ajoute que selon lui ”il faut continuer ou relancer une conversation. Cela prend du temps et beaucoup de persistances.

Proposer son aide fut également abordé durant cet échange, “c‘est le moment de contacter d’autres professionnels et de leur demander s’ils peuvent être des mentors et ainsi recevoir des feedbacks” souligne Pamela Thompson. “Parfois, une personne rencontrée par hasard peut vous mener vers du travail” conclut-t-elle.

Les intervenants ont toutefois précisé que si les réseaux sociaux devaient être des outils de recherches, il reste fortement conseillé de postuler depuis le site internet de la compagnie. De nombreux cas de phishing par email et fausses annonces ont été recensés ces derniers mois afin de collecter des informations personnelles.

Démoreel, se focaliser sur l’essentiel

La démo doit mettre en valeur ce qui est le plus important pour l’artiste et dont il est le plus fier. Une majorité des recruteurs ou producteurs se feront une opinion au bout de 30 secondes.

David Bromstein précise “si vous avez un court métrage, présentez d’abord une bande démo de 1 min et donnez-moi envie de regarder le film”. “Commencez par une blague ou un plan spectaculaire, essayez de raconter une histoire si vous pouvez”, ajoute-t-il.

Cependant, beaucoup d’artistes ne peuvent partager toutes les images et malheureusement leurs meilleurs travaux ne peuvent être publiés, car protégé par des NDA (accords de non-divulgation). “N’amenez pas un ordinateur pour montrer votre travail sous NDA”, prévient David Bromstein. Il s’explique en posant cette question, “Comment ce candidat va pouvoir respecter les travaux du studio sous NDA s’il présente des images protégées d’autres entreprises ?”. Beaucoup de studios travaillent sur des projets en développement et se montreront compréhensifs.

Pour réussir sa bande démo, il a également été conseillé de s’inspirer du travail d’autres artistes sans pour autant s’approprier leurs travaux. Cette mise en garde rappelle malheureusement que beaucoup de candidats s’attribuent le crédit sur des plans ou personnages sans y avoir contribué.

Les difficultés liées au manque de tournages se prolongent

L’un des soucis majeurs depuis le début de cette pandémie concerne le volume d’emplois disponibles, en effet il n’est plus possible de tourner des films ou séries dans certaines zones géographiques et comme nous le rappelle Susan Thrumond O’Neal, “la plupart des personnes travaillant sur un plateau ont connu un ralentissement significatif de leur travail”, elle ajoute également que “les équipes qui ont terminé les films avant le confinement sont désormais en congés, sans compensation financière de l’entreprise ou de l’État, mais ont pu conserver leur couverture santé. D’autres ont des semaines plus courtes, avec un salaire moindre, ou encore ont malheureusement été licenciées”.

La concurrence est désormais féroce à Los Angeles dès que de nouveaux projets rentrent. Les artistes en motion design/animation, ou aucun fond d’arrière-plan n’est requis, semblent être les seuls à pouvoir rebondir et à retrouver du travail.

Le marché de l’emploi bientôt inondé

Les restrictions sanitaires sur les plateaux ont fait augmenter les coûts de production et par conséquent le budget final a diminué pour la réalisation du projet. On constate aussi une vague de sortie des films directement sur les plateformes de streaming.

Susan nous rappelle que “le travail qui en résultera fera face à une concurrence féroce entre les studios VFX, engendrant une baisse des budgets, alors que les coûts restent les mêmes”. Le marché du travail risque fortement d’être inondé d’artistes et spécialistes très talentueux mis en concurrence les uns les autres. Cependant, “les artistes ayant un bon réseau et de bonnes recommandations seront en mesure d’attirer l’oeil des studios” selon Susan.

Côté recrutement, deux différents défis se dressent selon la position des recruteurs. Pour les indépendants comme elle, Susan nous indique que le “défi consiste à essayer de se positionner comme une ressource et sa capacité a fournir un talent inconnu pour l’entreprise qui se trouve aussi être le meilleur”.

Pour les recruteurs travaillant au sein des studios leur défi consistera à trouver des artistes qui accepteront de ne pas travailler de leur maison, en particulier pour les emplois avec un NDA très strict. Il sera également difficile de faire face au grand nombre de candidats pour tous les postes. Malheureusement, les recruteurs ne pourront répondre aux nombreuses candidatures.

Les Freelances, les grands gagnants ?

La responsabilité des entreprises d’accueillir ses employés dans les locaux est importante et ce jusqu’à que la situation soit jugée sous contrôle. Il semblerait que de nombreuses petites compagnies basées à Los Angeles prennent conscience que le travail à distance leur apporte un énorme avantage. En moyenne un employé passe 2h dans les transports, désormais ce dernier a plus de temps pour se consacrer à sa famille et ses loisirs. De plus, les frais généraux seront ré-évalués (espace, mobilier de bureau etc) et un changement est a prévoir dans les prochains mois. A contrario, d’autres studios se languissent de reprendre un fonctionnement normal et en particulier ceux ayant des projets confidentiels.

Susan propose une approche “hybride”, des réunions de briefing au sein de l’entreprise et une production réalisée à distance. Elle conclut également “Je pense que cette expérience a su montrer aux employeurs ce que beaucoup d’entre nous savaient déjà, ce n’est pas le temps que vous passez dans le studio qui compte, mais plutôt l’accomplissement ou non des taches qui ont été assignées aux artistes. J’espère que cela apaisera les esprits de nombreux micro-gestionnaires et augmentera la responsabilité et la fiabilité des employés.

Pour finir, rappelons que 3DVF a mis en place un système de CVs/liste des studios, qui a vocation à aider à la fois artistes et studios sur le marché de l’emploi.

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