Luminar AI

Test : avec Luminar AI, la retouche d’images devient intelligente

Des outils plus classiques

Outre les outils de retouche intelligente, Luminar AI propose aussi des fonctions assez proches de ce que l’on retrouve chez la concurrence : débruitage, recadrage (dont un recadrage automatique, qui tente de proposer spontanément un résultat), vignetage, historique…

Si dans l’ensemble les contrôles sont assez parlants, ils mériteraient parfois une aide contextuelle lors du survol du curseur : difficile de deviner l’effet d’un contrôle comme « Mystique » sans le tester. Plusieurs contrôles nécessitent ainsi d’être utilisés et ajustés afin d’en comprendre le fonctionnement.

Toujours dans les outils de la section Edition, on notera la présence d’un système de masque localisé, pour appliquer des retouches sur une zone spécifique : ici par exemple, pour retoucher un élément surexposé.

D’autres outils utiles sont inclus, comme une gomme avec prise en compte du contexte.

A partir de la photo ci-dessous, nous avons supprimé une cheminée, des fenêtres. Le résultat n’est pas toujours parfait (ici, les fenêtres supérieures manquaient sans doute d’espace neutre, l’outil s’est perdu en route) mais peut donner de très bons résultats.

Cheminée, fenêtres basses et fenêtres sur la maison de gauche ont disparu.

Luminar AI dispose également d’une fonction de clonage à la Photoshop qui nous permet par exemple de dupliquer une cheminée. La gomme vue plus haut vous aidera à supprimer les éventuels artefacts.

La plupart des outils attendus sont donc présents, même si l’on peut s’étonner de certains oublis : dans la balance des blancs, si l’on a droit à des presets et à une pipette très utile pour redonner ses couleurs à une rainette aux couleurs peu naturelles, il n’y a pas de balance des blancs automatique.

Quelques mots coupés : un problème qui pourrait être corrigé dans les futures mises à jour, même si les termes restent compréhensibles.
La rainette a retrouvé ses couleurs.

De nombreux outils, mais des limites

Nous arrêterons ici notre tour d’horizon des fonctions, afin d’éviter un effet catalogue. La section export, non abordée jusqu’ici, est simple (export local, en ligne sur des services comme 500px, par mail) et ne mérite pas que l’on s’y attarde.

Dans l’ensemble, Luminar AI propose un mix intéressant : d’une part des presets qui fonctionnent comme des filtres, d’autre part des fonctions pertinentes pour retoucher rapidement des éléments courants comme le ciel ou les portraits, et enfin des fonctions avancées plus classiques.

Au fil de notre test, nous avons noté quelques limitations.

D’une part, l’absence de calques ou de sélection plus poussée sur l’usage des effets est, on l’a vu, un vrai handicap.

D’autre part, par rapport à un Lightroom, le système de catalogue est nettement plus limité, que ce soit dans la gestion des albums/collections, l’absence de module de localisation géographique ou de reconnaissance des visages. Ce n’est pas forcément rédhibitoire pour tous les publics, et Luminar AI se présente plutôt comme une solution de retouche que de catalogage, mais il est bon d’avoir conscience des limites.

Nous avons aussi remarqué quelques soucis d’interface : les textes coupés plus haut, par exemple. Autre point gênant : sauf erreur de notre part, la barre latérale droite est fixe. Ce n’est pas un problème avec un écran classique, mais cela le devient avec un moniteur 21/9.

Certes, un outil comme Lightroom ne permet pas non plus d’agrandir à l’infini les barres d’outils verticales, mais cette limitation est bien plus gênante quand les presets (la section « Modèles » de Luminar AI) se présente avec des vignettes, et nécessite littéralement de cliquer (zone entourée en rouge ci-dessous) pour voir toutes les suggestions. Pouvoir doubler la largeur de ce panneau latéral serait un gros plus.

Enfin, on regrette que le système de presets soit présenté via des icônes génériques : un aperçu de l’effet sur la photo en cours serait bien plus parlant. On suppose que ce choix a pu être lié à des contraintes de performances, Luminar AI n’étant déjà pas toujours très véloce (un reproche aussi présent chez Lightroom ou DxO Optics Pro).

Tarif

Luminar AI est disponible à partir de 80€ environ. Plusieurs options sont proposées : version deux ordinateurs pour 20€ de plus, système additionnel d’abonnement avec ressources, tutoriels, modèles et textures, ou encore des packs qui permettront d’ajouter des effets variés, à la manière des presets Lightroom : filtres noir et blancs, ajout d’aurores boréales, LUT cinématiques, filtre spécifiques pour les forêts ou les animaux, émulation de films argentiques…

Luminar AI est donc relativement abordable, mais prendra toute sa puissance moyennant des achats additionnels, à l’unité ou via l’abonnement. On appréciera évidemment d’avoir le choix.

Notez également que Luminar AI peut s’utiliser en plugin Photoshop et Lightroom, si vous souhaitez bénéficier de ses outils intelligents tout en conservant la puissance de la solution Adobe.

Conclusion

Avec ses fonctions de retouche simple d’emploi et son prix abordable, Luminar AI sera parfait pour un public souhaitant retoucher des photos sans y passer des heures, et obtenir rapidement des résultats convaincants. Le système de presets est une bonne idée, en particulier pour un public qui viendrait de réseaux sociaux comme Instagram et serait désireux d’aller plus loin.

En revanche, les personnes qui chercheraient une alternative au duo Lightroom/Photoshop seront rapidement frustrées, l’absence de calques étant rédhibitoire. Un choix que nous ne sommes pas les seuls à regretter (voir le forum officiel), d’autant que les versions précédentes de Luminar proposaient des calques : nous y voyons un compromis sans doute destiné à simplifier l’usage et améliorer les performances.

Vous recommander ou non Luminar AI dépendra donc largement de votre profil et de la manière dont vous abordez la postproduction d’images, et de vos objectifs.

Pour plus d’informations, on consultera le site officiel ; un système « garanti ou remboursé » de 30 jours est disponible.

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