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Plush : les coulisses du premier film d’animation financé par des NFT

Temps de lecture : 24 minutes

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Depuis quelques jours, un projet de film d’animation fait le tour des réseaux sociaux, porté par de multiples célébrités allant de Kev Adams à Gérard Darmon en passant par Gims, Eric Judor : Plush.
Si Plush fait parler de lui, c’est notamment pour son approche inédite : un financement via la vente de NFT, avec des dizaines de milliers d’images d’oursons qui seront proposées.
Rappelons, en simplifiant, que les NFT permettent d’associer à une image numérique un contrat reposant sur la technologie blockchain, qui assure l’authenticité et donne des droits.

Ici, chaque acheteur de NFT sera co-producteur et pourra récolter à une part des bénéfices du film. Un modèle économique totalement inédit pour un projet doté d’un tel budget (plusieurs dizaines de millions d’euros).

Plush a très logiquement suscité beaucoup d’interrogations, et des réactions allant de l’enthousiasme aux critiques.

L’équipe a déjà proposé une présentation vidéo du projet que vous pouvez découvrir ci-dessous (contenu réalisé par Rooftop Production et Karlab et non par 3DVF), mais nous souhaitions aller plus loin : nous avons donc interviewé Gaëtan Simonot (Head of Studio, Rooftop production) et Laurent Guittard (CEO – co-fondateur- Karlab) afin d’en savoir plus, et vous trouverez leurs réponses dans cet article.

Au menu : pitch du film, état du projet, modèle de financement, difficulté de créditer 50 000 personnes dans un générique, impact écologique des NFT et critiques envers cette approche, célébrités, ou encore techniques utilisées pour produire le film en 18 mois.

Présentation du projet Plush – Vidéo réalisée par Rooftop Production et Karlab et non par 3DVF


3DVF : Le projet de NFT et long-métrage d’animation Plush a entamé sa campagne de communication, avec beaucoup de réactions. Mais pour les personnes qui seraient passées à côté : qu’est-ce que Plush ?

Gaëtan Simonot – Head of Studio, Rooftop production : Bonjour et merci de nous donner l’occasion de présenter le projet PLUSH sur 3DVF.

PLUSH est le premier projet de long métrage d’animation financé par des NFT. Le film PLUSH a été confié à notre studio Rooftop Production, faisant suite à la commande d’une collection de 50 000 NFT que nous produisions depuis février. Très naturellement nous avons décidé d’impliquer Karlab Studio, avec qui nous avons déjà eu plusieurs occasions de travailler, et en qui nous avons une grande confiance.

Laurent Guittard – CEO – co-fondateur – Karlab : Bonjour. Pour une personne du métier, c’est un honneur d’être interviewé sur 3DVF. 🙂
Merci donc de nous recevoir pour parler de ce beau projet. Pour compléter ce qu’a dit Gaëtan, au-delà du modèle de financement sur lequel nous reviendrons, la particularité de PLUSH réside dans le fait de donner au public l’occasion d’avoir son mot à dire sur les thématiques traitées, le scénario et enfin d’être intéressé par les recettes du film.

3DVF : Pouvez-vous nous présenter le film ? Quel est le pitch, qui assurera la réalisation ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Comme nous le disions, un système de vote permettra effectivement à la communauté de promouvoir certains thèmes, qui selon leur succès au scrutin, seront intégrés au scénario original. La communauté et les professionnels chargés de la rédaction du scénario forment ainsi une équipe. L’ébauche nécessaire au bon déroulement de l’histoire a déjà été produite chez Rooftop Production, et laisse justement de l’espace pour cette co-création, encadrée, bien évidemment, par des scénaristes professionnels.

un système de vote permettra effectivement à la communauté de promouvoir certains thèmes, qui selon leur succès au scrutin, seront intégrés au scénario original.
Gaëtan Simonot – Rooftop Production

Afin que le film puisse voir le jour tout en représentant les choix du public, certains éléments ont déjà été décidés en amont, comme par exemple, le choix des personnages (nounours) et le genre : une comédie familiale à plusieurs niveaux de lecture. Ce format permet l’humour et les grandes causes, c’est assez large pour accueillir les idées d’un public qui ne souhaite plus seulement choisir son contenu, mais y participer.

Laurent Guittard – CEO – co-fondateur – Karlab : J’insiste ici sur les différents niveaux de lecture qui vont satisfaire aussi bien les enfants que les adultes. C’est la force des grands films d’animation. Disney, Pixar le font parfaitement depuis très longtemps.
Et justement avec Plush, nous voulons jouer ce contraste entre un design d’ours d’enfant et des situations totalement décalées d’adultes.

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Le public aura ainsi le loisir de favoriser l’apparition d’intrigue ou de sujet présent dans le film (Amour impossible, espionnage..), pour valider le traitement de la piste écologique (réchauffement climatique, pollution marine, biodiversité), ou encore pour appuyer un type d’humour, un ton (cynisme, absurde, burlesque..). Ce sont des exemples.
À l’issue du vote, les scénaristes auront le loisir d’articuler ces influences dans une histoire logique, amusante et porteuse de sens.

Voici le pitch : Le miel coule à flots pour Teddy. Caprices, fêtes, abus, décadence : aveuglé par son succès, sa débauche n’a d’égal que son sentiment de solitude. Une rencontre étonnante est sur le point de changer son regard sur le monde.

Laurent Guittard – CEO – co-fondateur – Karlab : Comme je vous disais, ce n’est pas qu’un film pour enfant 😉

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : La réalisation est confiée au studio Rooftop, et plusieurs personnes sont déjà pressenties pour mettre en scène le projet, nous dévoilerons prochainement le ou les réalisateur.trice du film.

3DVF : Où en est le film en termes d’écriture, préproduction, travail visuel ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : La structure narrative a été bâtie il y a de cela deux mois et permet de répondre aux enjeux de cette co-création. Les idées de la communauté pourront ainsi être accueillies sur une base solide qui répond aux enjeux du film et garantit son succès au box-office. Le choix des environnements potentiels, le contrat diégétique, le potentiel d’action des personnages ont été pensés dans le cadre d’une production de 18 mois (ce qui est un rythme assez soutenu), tout doit permettre un film de qualité.

Laurent Guittard – CEO – co-fondateur – Karlab : Il ne s’agit pas de tout dévoiler ici (alert spoiler) mais tous ces défis correspondent totalement aux ambitions de Karlab et Rooftop Production. Même avant PLUSH, sur les différents films sur lesquels nous avons travaillé, nous avions beaucoup d’idées nouvelles pour dynamiser les processus de création et de fabrication. On n’avait pas vraiment la main pour s’exprimer à l’époque mais on a pu les appliquer avec succès à tout ce qui concerne les personnages avec Karlab depuis plus de 6 ans maintenant. (Après tout, quel producteur ne rêverait pas d’avoir la même top qualité pour 15-20% moins cher 😉 ) Avec Plush, on désire faire de même sur toute la chaîne et prouver qu’on peut fabriquer de super films avec ces nouvelles approches en bonne intelligence et avec un soin apporté au bien être des graphistes (bien trop souvent oubliés) en leur proposant un meilleur équilibre vie privée/vie pro. Ça peut paraître naïf mais Plush sera pour nous la vitrine de ce renouveau. On croit en tout cas dur comme fer à tous ces nouveaux concepts de fabrication intelligente et de management bienveillant 🙂 (je crois que j’ai un peu dévié de la question, ahah)

nous avions beaucoup d’idées nouvelles pour dynamiser les processus de création et de fabrication
Laurent Guittard – CEO – co-fondateur – Karlab

Le développement visuel du projet répond à des enjeux très différents de ceux de la collection, nous engagerons les design et concept dès le closing financier. Les nombreux talents qui se positionnent actuellement sur le projet sont la promesse d’un très beau film. Il y a les NFT d’un côté, qui affichent un niveau de qualité propre à leur fonction, et le film de l’autre qui sera confectionné dans les règles de l’art.

3DVF : Quelles sont les entités/personnes impliquées dans le projet et quels sont leurs rôles respectifs ? Où se fera la fabrication du film ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Tout est parti du studio IlluminArt. Ce sont eux qui sont à l’origine des design et qui nous ont confié la fabrication 3D de cette collection NFT. Cette première collaboration leur a donné l’idée de poursuivre avec Rooftop Production et ils nous ont très vite proposé ce projet de long métrage. Nous nous sommes pris au jeu de l’organisation et avons imaginé un “production model” sur 18 mois. Nous étions déjà en collaboration avec Karlab studio sur d’autres projets, c’était assez évident pour nous de poursuivre ensemble car cela se passe très bien avec eux, c’est fluide, Laurent Guittard et Ali Hamdan sont présents depuis des années dans le paysage de l’animation en France et à l’étranger (Canada, Californie, Chine etc.) et nos expériences et nos philosophies se complètent à merveille.

Laurent Guittard – Karlab : Karlab prendra la direction de plusieurs départements de la chaîne de fabrication du film sous l’encadrement de Rooftop, avec qui nous avons collaboré sur le marketing en cours. Comme souvent, voire toujours, c’est une histoire faite avant tout, de rencontres. On s’est rencontré avec Gaëtan sur un tout autre sujet, ça a tout de suite matché, car il rejoint ce que nous essayons de faire à Karlab depuis 2016 : être le plus souple possible, toujours proposer des solutions et amener une qualité hollywoodienne sur tout projet.

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Rooftop Production est chargé de la réalisation et de la fabrication du film, nous envisageons d’impliquer Karlab des assets jusqu’à l’animation.

Laurent Guittard – Karlab : Nous prévoyons de nous agrandir avec de nouveaux locaux vers Montpellier, Paris et Lyon où nous sommes déjà présents.

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Par ailleurs, nous pouvons déjà dire que nous travaillerons avec le studio Audio Workshop basé à Montpellier pour les enregistrements des voix, et la mission son du film. Il y a aussi Fatfish Lab avec qui nous étions impatients de concrétiser une collaboration qui a été initiée l’an dernier, notamment avec leur prod tracker Aquarium, que je vous invite à découvrir [NDLR : vous pouvez découvrir une présentation vidéo en d’Aquarium, en français, sur notre chaîne Youtube]. Nous sélectionnons aujourd’hui les partenaires les plus pertinents pour mener à bien ce projet, et l’intérêt suscité par le film ne cesse de nous amener des outils et des personnes de talents.

3DVF : Quelques mots sur Illuminart, entité créée pour le projet ? Et sur Rooftop/Karlab, pour les personnes qui ne vous connaîtraient pas déjà ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : IlluminArt est une société de création basée à l’étranger. Nous apprécions cette collaboration depuis quelques mois et pour longtemps encore nous l’espérons, car ce sont des visionnaires et qu’ils donnent un confort de production total en faisant confiance aux artistes et aux experts (il n’y a pas de secret…). Avec IlluminArt, chacun des acteurs du projet est valorisé pour ce qu’il sait faire, nous les remercions de leur confiance. Leur connaissance du marché et notre expertise artistique se connectent parfaitement et nous y voyons de nombreuses possibilités pour l’avenir. Rooftop Production est un studio d’animation basé dans le sud de la France près de Montpellier avec parfois une extension dans le cloud (en fonction de l’échelle des productions). Les artistes à l’origine de cette initiative sont globalement des séniors passionnés qui viennent du long métrage.

Rooftop Production a été fondée dans le but précis de faire des films d’animation, de A à Z. Ici l’objectif n’est pas simplement d’être positionné sur le marché du film, bien que cela commence à en être la conséquence, il s’agit avant tout de gagner en liberté, afin de pouvoir nous exprimer artistiquement. Les principaux verrous thématiques et artistiques que nous avons pu rencontrer au cours de nos carrières dans le cinéma nous ont convaincus de nous développer pour financer nous même nos projets d’animation. Nous sommes arrivés dans ce métier pour faire des films il y a des années de cela. Nos connaissances aujourd’hui le permettent. Mais rien sans les autres, et notre rencontre avec des studios comme Karlab nous permettent d’augmenter notre capacité, d’imaginer de nouvelles voies, et de sauter deux par deux les marches de ce grand escalier.

Nous aimons inventer et sommes passionnés par l’organisation. Nos projets de film et de studio seront bientôt rendus publics, et nous espérons trouver beaucoup d’artistes au rendez-vous, car pour nous il s’agit avant tout de gagner en liberté, pour produire du sens.

Laurent Guittard Karlab : Karlab est un studio fondé en 2016 par Ali Hamdan et moi-même. Nous sommes spécialisés dans la fabrication de personnages 3d et nous sommes aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs sur trois villes françaises.
Nous proposons design, sculpt, modeling, surfacing, grooming, body rig, facial rig, consulting, R&D, cours, conférences…
Plus de 1000 personnages sont passés entre nos mains ces 6 dernières années et nous avons travaillé pour des studios et des plateformes renommés (Illumination, Axis, Mikros, Disney +, Netflix, Jellyfish, Superprod…) sur de nombreux shows à succès (Monstres au travail, Moi Moche et Méchant 3, Grinch, League of Legends, Asterix et la potion magique…).
Nous sommes aussi en train de nous associer avec un directeur d’animation chevronné pour monter une société reproduisant ce modèle validé à destination de l’animation et qui va s’appeler Karanim.

3DVF : Le choix de financer un film d’animation à gros budget par NFT est très atypique, et serait une première. Comment est née cette idée ? Pourquoi ne pas avoir opté pour une approche plus conventionnelle ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : “Quand on est le premier à avoir raison, on a forcément raison seul”, (Humour, arrogance, insolence, ahah) en fait c’est assez stimulant d’ouvrir la porte, même si c’est à nous de porter les premiers doutes, le jeu en vaut la chandelle. Nous sommes convaincus que ce modèle de financement est une occasion de gagner en liberté. Je doute qu’une approche conventionnelle nous en aurait permis autant. De plus, elle nous renvoie à notre première fonction, parler aux gens, directement et les faire entrer dans notre monde.
En pleine production, nous avons appris que Martin Scorsese a lui aussi utilisé ce dispositif avec un projet de film live, et d’autres projets suivront, je vous invite à regarder du côté de KlapCoin (parrainé par le réalisateur Claude Lelouch). [NDLR : KlapCoin est une cryptomonnaie française se voulant non volatile et destinée au financement d’oeuvres audiovisuelles]
De la même manière que la cryptomonnaie peut redistribuer, réduire le monopole de l’argent en décentralisant la finance (DeFi) , les NFT dans ce cas précis rééquilibrent les occasions de faire des projets artistiques sans passer par les financements traditionnels.
Que ce soit par le canal traditionnel ou le CrowdFunding, aucun autre modèle aujourd’hui ne semble proposer à la communauté d’être coproducteur sur des projets de cette dimension.

Laurent Guittard – Karlab : En fait, on est loin d’être contre l’approche conventionnelle de financement d’un film, mais je trouve intéressant de tester de nouvelles choses et de montrer qu’il y a d’autres possibilités, avec d’autres méthodes, d’autres rythmes qui peuvent aussi fonctionner. Les deux ont leur place dans le monde du cinéma selon moi.
Grâce à tous ces choix, le but est de créer les meilleurs films possibles, avec les plus belles histoires possibles qui vont toucher un maximum de personnes, et les faire rêver. Comme nous, nous avons pu rêver depuis notre enfance.

3DVF : La campagne de vente de visuels de nounours sous forme de NFT vise à vendre 50 000 NFT avec une mise à prix à 1250€ environ. Autrement dit, vous espérez lever au moins 60 millions d’euros pour le film ? Quels détails pouvez-vous nous donner sur le budget/le plan de financement, l’impact éventuel sur les aides du CNC ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Je suis engagé contractuellement à livrer le film (VF/ VE) dans le cas d’un sold-out de la collection PLUSH.

Bien que nous ayons une bonne idée générale de ce dont nous avons besoin pour assumer notre calendrier de production, nous ne pouvons pas à ce jour connaître l’exact montant alloué au film car nous ne savons pas combien de NFT vont être acheté en PlushList (10% moins cher que le public sale) et nous ignorons le cours de l’ethereum à la date du mint, la crypto étant volatile. Du moment que les 50 000 NFT se vendent, en PlushList ou en Public Sales, le projet verra le jour dans les conditions prévues. Ce budget est raisonnablement en dessous d’une production de cette échelle, et qui vise de tels objectifs.

Pour ce projet particulier, nous n’avons pas envisagé de demander l’aide du CNC ni de tout autre organisme de financement, c’est précisément là que le modèle est différent. C’est une prise de liberté.

Nous n’avons pas envisagé de demander l’aide du CNC […]. C’est une prise de liberté.
Gaëtan Simonot – Rooftop Production

Laurent Guittard – Karlab : « C’est en visant la lune qu’on atteint les étoiles » 😉 Karlab et Rooftop ne toucheront pas directement les fruits de la vente de la collection. Nous sommes là pour prendre en charge la fabrication du film uniquement.

Quand un client vient me voir en me demandant combien coûte un personnage, j’ai souvent la même réponse : “du simple au triple, ça dépend de ce qu’il doit faire et quelles sont les références artistiques que tu as en tête”. Evidemment, plus on a de budget, plus on pourra se permettre des scènes de dingue qui en mettent plein les yeux tout en étant confort pour les créer. Moins de budget nous demandera surtout d’être plus malin. Et croyez moi, Gaëtan et Rooftop sont les rois pour faire de la magie, donc imaginez avec un tel budget (Et j’en ai croisé du monde en 20 ans !). Ce n’est pas pour rien que Karlab est monté à bord du bateau Plush. On est confiant sur la collaboration.

De plus, si pour Plush, nous pouvons justement ne pas utiliser le pool d’aides du CNC, c’est autant d’argent qui pourra aider d’autres projets artistiques prometteurs. Le CNC est une exception française, une chance pour l’art français et le développement technique de nos studios. Les personnes qui le composent sont au top et très à l’écoute de nos studios et de l’environnement de travail des graphistes. Je salue leurs initiatives comme par exemple, celle d’obliger les studios/producteurs à assister à une formation sur les violences sexistes et sexuelles l’hiver dernier ou la future obligation d’être un studio “green” pour prétendre à l’obtention des aides. Là où beaucoup râlent, j’applaudis. Financer Plush sans le CNC, c’est autant d’argent qui restera disponible pour aider ces dossiers sensibles et d’autres projets fantastiques.

3DVF : Comment avez-vous créé ces 50 000 NFT, au niveau artistique/technique ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : La très large collection PLUSH a été orchestrée chez Rooftop Production par Paul-Jules Alchié et moi même, plusieurs graphistes ont été sollicités pour le modeling des assets, le surfacing, etc. Il s’agissait d’une première pour nous, et nous avons dû inventer un workflow. Nous avions à cœur de proposer plusieurs lighting pour plusieurs environnements, aussi vous trouverez des nounours Underwater, Jungle, etc. C’est une collection assez complexe, nous avons plus de 610 asset uniques, et de nombreux autres, à différents niveaux de rareté. Imaginez un cadenas à 300 chiffres, rien que ça, le nombre de combinaisons possibles. Nous avons eu de la chance, les premières idées étant les bonnes, nous avons pu créer un confort d’aller-retour très réactif, et illuminArt à eu le loisir de consulter chaque jour de la prod, quelques centaines de générations. Nous parlerons prochainement des choix de techniques car nous sommes sur le point de pouvoir assumer de nombreuses collections si besoin, avec des délais confortables.

3DVF : À quoi aura droit une personne qui achètera un ou plusieurs NFT, notamment sur les bénéfices du film (box-office, produits dérivés, revenus via VOD/streaming), l’utilisation de l’image ? Vous annoncez un statut de coproducteur pour les possesseurs de ces NFT : quel sera leur implication concrète sur le film et la chaîne de validation ? Comment seront-ils crédités au générique ? (on imagine mal 50 000 noms défiler à l’écran…)

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Pour toutes les questions relatives au bénéfices secondaires des coproducteurs, je vous invite à consulter la roadmap officielle du projet sur le site www.plushnft.io.

Les meilleures idées pour le générique à ce jour (il s’agit évidemment d’une fake news et non d’idées sérieuses) :

  • nous allons commencer à envoyer le générique vers la moitié du film, il se superposera à l’image jusqu’à la fin des 90 minutes ;
  • dans la bande son, une liste de wallets récités, en arrière plan par Gérard Darmon ;
  • un générique de 30 minutes ce serait idéal, avec le calendrier de production qu’on a sur ce projet, ça pourrait nous aider ! …

NDLR Ci-dessous, un extrait de la roadmap – rémunération des coproducteurs ayant acheté les NFT.
Outre une part des bénéfices et les vote sur le scénario, la roadmap prévoit par exemple : accès aux coulisses, rencontre avec le casting, informations exclusives, visite des studios (pour les détenteurs de NFT très rares)

Laurent Guittard – Karlab : 50 000 noms à l’écran. Et pourquoi pas ? Si c’est cool et que tout le monde le veut, on le fera. Je me souviens lorsque j’ai vu mon nom au générique de Moi Moche et Méchant 2, Les Minions ou encore plus en tant que superviseur sur Astérix & la potion magique d’Alexandre Astier et Louis Clichy, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un sentiment de fierté. Je suis sûr que les 50 000 co-producteurs aimeront avoir ce même sentiment 😉

3DVF : Les NFT soulèvent des questions et critiques, et il nous semble important de revenir sur celles-ci. L’impact environnemental élevé est un des points centraux : quelle est votre position sur ce point ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : C’est un argument qui ne manque pas de sérieux, car c’est vrai, il existe un impact de cette technologie sur la planète. Le “proof of work” cela dit est en train de muter, et bientôt le proof of stake sera la norme, beaucoup moins polluant. La réalité c’est qu’avec ou sans les NFT, notre industrie et les contenus qu’elle produit ont un impact direct sur la planète.
Cela aurait été vraiment délicat d’accueillir un projet comme celui-là, d’autant plus pour traiter de la thématique du climat, si ça n’était pas déjà en train d’évoluer.

C’est vrai, il existe un impact de cette technologie sur la planète.
Gaëtan Simonot – Rooftop Production

Laurent Guittard – Karlab : Effectivement, on ne va pas se mentir, le monde des NFTs jusqu’à présent, ça a été le Far West. Pas d’encadrements… etc.
Mais rien n’est immuable.
Il faut comprendre que ce n’est que le tout début, les erreurs vont être corrigées, les travers vont disparaître et les cryptos vont aller de plus en plus vers de l’énergie green dans les années à venir.
N’en déplaise à beaucoup pour qui la peur est un fond de commerce, il faut rester positif en l’humanité et sa capacité à trouver des solutions. C’est d’ailleurs un des thèmes proposés de Plush (même si ce sont des peluches 😉 ).
Qu’on le veuille ou non, la finance décentralisée est le futur (en tout cas, c’est parti pour, j’ai l’impression), et je suis certain que nous allons tous trouver le moyen de le faire proprement à terme. En attendant, il faut bien commencer quelque part. Ce n’est pas parfait mais ça va le devenir.
J’en suis sûr. Je suis d’un naturel optimiste 😉

3DVF : Le risque d’arnaque est aussi fréquemment mis en avant, de nombreux projets NFT finissent en “pull rug”, les concepteurs partant avec la caisse.
La spéculation est aussi pointée du doigt. On soulignera d’ailleurs que le site de Plush met explicitement en avant le retour sur investissement : en se basant sur un box-office de 700 millions de dollars en moyenne pour les films d’animation à gros budget, vous affirmez “un NFT Plush pourrait générer, toujours en moyenne, une plus value de 667% en deux ans”.
Quelle est votre approche pour rassurer les acheteurs potentiels sur le sérieux du projet, et que pensez-vous de l’aspect spéculatif des NFT ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Le manque de contrôle du marché des NFT à permis au démarrage beaucoup de “scam”, c’est pour cette raison que les projets se doivent d’afficher un maximum de transparence. Pour ma part, la première fois que j’ai acheté un NFT, c’était une arnaque, mais j’avoue, c’était marqué dessus. Les projets qui arrivent aujourd’hui sont publiquement développés, et aussi étudiés par de nombreux analystes de risques, d’agents d’acteurs, d’avocats..
Le chiffre de 700 millions est présenté dans la roadmap du projet pour ce qu’il est : une moyenne.
C’est une indication à l’usage des investisseurs qui peuvent vérifier par eux-mêmes qu’à budget égal, avec des studios qui abritent des graphistes équivalents, la moyenne du box office d’un film de cette dimension est de 700 millions (et ce sur les 10 dernières années). Cet argument est cohérent. Il existe un autre chiffre dans la roadmap qui confirme une suite pour PLUSH dans le cas où celui -ci générerait un minimum de 350 millions au box-office. C’est un indicateur de plus, qui est aussi très encourageant.
Il suffit d’aller voir les résultats publics du box-office d’Illumination, et d’en faire la moyenne sur 10 ans, c’est le cas le plus vérifiable sur pour les potentiels acheteurs c’est pour cette raison que le site de PLUSH a décidé de proposer au public de se faire une idée directement sur ces chiffres. (wikipédia > box-office…)
Pour ce qui est des “scam”, c’est le niveau de transparence du projet qui permet d’investir avec confiance. C’est le rôle du whitepaper de mettre un maximum de lumière sur le sérieux du projet d’investissement. Notre travail à nous c’est de faire un film. .

C’est le niveau de transparence du projet qui permet d’investir avec confiance.
Gaëtan Simonot – Rooftop Production

Laurent Guittard – Karlab : Encore une fois, le marché des NFTs est en train de se transformer à une vitesse folle. Au revoir le Far West avec ses bandits et ses magouilles, bonjour les projets de plus en plus sérieux avec des équipes solides et talentueuses.
Plush est justement l’exemple d’une collection qui ne repose pas que sur de la spéculation. Vous avez un vrai projet artistique derrière. Un film ! Et qui sait, peut être le début d’une plus grande aventure par la suite. D’autres films, d’autres séries… etc. Et pourquoi pas un Pixar à la française. Et oui. Pourquoi pas. Tout est possible 🙂
Pour la question spéculation, il est plus serein d’investir de l’argent avec une contrepartie au bout, non? C’est rassurant pour tout le monde, je pense. Quand on achète une maison, on espère bien la revendre plus cher plus tard. Pas l’inverse 😉 Personnellement, je le fais en connaissance de cause et je n’investis jamais sur des marchés volatiles ce que je ne suis pas prêt à perdre. Tant que j’arrive à dormir, c’est que ça va 😉
J’encourage tout le monde à faire de même. Si ça vous empêche de dormir, posez-vous les bonnes questions. Sinon, yolo comme disent les jeunes 😉 (oui, 43 ans c’est vieux dans la 3d :p)

Plush est justement l’exemple d’une collection qui ne repose pas que sur de la spéculation. Vous avez un vrai projet artistique derrière.
Laurent Guittard – Karlab

Concernant le sérieux du film, l’association de tant de célébrités (Kev Adams, Gims, Judor, Darmon, Bensetti et j’en passe) au projet et l’implication de Rooftop a convaincu Karlab de monter à bord du bateau.
Et le job de Karlab, c’est d’amener une fois de plus nos 20 ans d’expériences dans le métier (environ 20 films et série d’animation à notre actif) pour le bien du film. Nous savons fabriquer des films d’animation, c’est dans notre ADN.
Si le public valide la collection et donc le film, nous sommes là pour qu’il soit bien fait et que tout le monde en soit le plus fier possible.

3DVF : Enfin, Plush a le même risque qu’un financement participatif classique : une somme levée moins importante qu’espérée. Que se passera-t-il si la collection se vend mal, à la fois pour les personnes ayant acheté les NFT et pour le film Plush ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Le potentiel de risque d’un film financé par des NFT est bien plus facile à évaluer selon moi, que ce soit par le biais d’information liés à la finance ou au marché de l’animation, dans la roadmap et des scénarios de vente sont mis à disposition, dans le cas ou la collection se vendrai seulement à 20%, 50%, 80%, sans oublier le dispositif de communication et de pédagogie qui nous renseigne sur les bénéfices d’une part et des risques de l’autre.

Laurent Guittard – Karlab : Tout est dans la roadmap que vous trouverez sur le site de Plush. 😉

NDLR – Ci-dessous, un extrait de la roadmap concernant les scénarios en cas de vente incomplète de la collection.

3DVF : Plus largement, les réactions face au projet sont très diverses et clivées, y compris dans le milieu de l’animation. Quelle perception en avez-vous ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Vous voulez dire par là que quelque chose de nouveau pourrait être difficile à accepter ? Non pas dans un milieu aussi ouvert que l’animation et certainement pas en France 🙂
Je plaisante car beaucoup de marqueurs nous confirment que ce virage est déjà en cours, des professionnels de l’image, du cinéma nous rejoignent déjà pour interroger le potentiel et l’avenir de ce modèle. Il y aura toujours une résistance au changement, parfois justifiée, mais pour nous tout va bien, nous prenons la vague avec sincérité, et elle est un moyen, qui va clairement dans le sens d’une liberté de création, que nous poursuivront avec ou sans ce modèle de financement.
Si certains ne veulent pas nous rejoindre sur PLUSH 1, nous les accueillerons avec plaisir sur PLUSH 2.
J’avoue avoir été étonné des très bon retours que j’ai pu recevoir des professionnels du milieu jusqu’à maintenant, je m’attendais à une résistance, et j’aurai même pu le craindre de studio comme Karlab, en fait, non les gens du milieu comprennent assez bien que nos métiers trouvent de nouvelles voies, et que le changement ça arrive, c’est même important… Et puis je ne sais pas vous, moi j’avais besoin que ça change.

Les gens du milieu comprennent assez bien que nos métiers trouvent de nouvelles voies, et que le changement ça arrive.
Gaëtan Simonot – Rooftop Production :

Laurent Guittard – Karlab : Je n’ai jamais reçu autant d’appels de producteurs ou de grands groupes qui sont très intéressés pour travailler avec nous. Donc je le perçois plutôt bien. Ça donne plein de possibilités super intéressantes pour le futur de Karlab.
Après, il y a eu, il y a, et il y aura toujours des gens pour grincer des dents. Si j’avais dû faire demi-tour à chaque fois qu’on m’a dit “c’est une connerie”, “ça ne marchera pas” etc, je n’aurai pas eu la même carrière, je n’aurai pas quitter Illumination Mac Guff où mon superviseur m’avait mis au placard, je n’aurai pas monté Karlab avec Ali, je n’aurai pas sorti 2 albums de punk-bio (euh oui, pour de vrai :p), ni tenu des conférences dans des écoles pour motiver les étudiants, ni écrit un livre qui revient sur ces 20 ans de carrière (bon, ça c’est en cours, j’avoue 😉 ).
Bref, si vous écoutez tout le monde, vous ne faites rien. Je préfère faire et me planter plutôt que de rester immobile. Mon livre s’intitulera Keep Moving, ce n’est pas pour rien. Si Plush est un échec, ce sera un super chapitre de plus à raconter car j’aurai appris encore beaucoup de choses. Et si c’est un succès… héhé, qui sait 😉

3DVF : Vous planifiez une sortie du film fin 2023, ce qui est un délai réduit pour un film d’animation de cette ampleur : pourquoi un planning si serré ? Comment comptez-vous y parvenir, d’un point de vue production et fabrication ? Quel sera l’impact sur le pipeline utilisé, l’organisation de l’équipe ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Question rétroactive, l’impact sur le pipeline à déjà eu lieu 🙂 Nous ne sautons pas dans le vide, et nous connaissons le sérieux de ce challenge. S’adapter aux conditions, au rythme de projet blockchain, oui ! Mais pas au prix de la qualité. Quand on m’a dit 18 mois pour faire un film, j’ai ri, après, j’ai refusé. Et puis je me suis rappelé de mon premier amour, le layout (merci Vincent Kesteloot), et de ces choses innovantes que j’aime développer dès que je suis en production, et de ces long moments d’échanges entre graphistes, ou nous écrivons nos plus belles idées pour réformer un pipeline, pour alléger un workflow, pour obtenir un meilleur résultat, pour tenir des délais. Cela fait 10 ans que je cherche à fluidifier la connexion entre les départements de la chaîne, alors personne n’a inventé l’eau chaude, mais cela m’a amené à découvrir l’Agile, puis le Lean [NDLR : deux méthodes de développement de projets], puis les humains, les profils professionnels, les assemblages, l’organisation. La qualité d’un projet n’est pas garantie par une série de procédures, elle est avant tout un état d’esprit.

Côté pipeline, le projet sera donc en animation 3D. On reste sur un modèle traditionnel sans rendu temps réel ni motion capture. Il y aura très certainement du cloud rendering.
Notre workflow va comporter de l’IA, mais on préfère ne pas donner trop de détails à ce stade. J’envisage des passages 2D liés à ces outils atypiques, qui permettront aussi de développer la patte graphique du film.

Laurent Guittard – Karlab : Encore une fois, pourquoi pas ? Pourquoi 3 ou 4 ans pour faire un film si on peut le faire en 2, voire moins. Mais pour cela, il faut les bonnes personnes, avec de l’expérience, ultra compétentes et qui ont l’habitude des circuits de décision courts, et de faire des films. En gros, il faut être à l’aise avec le mode “start-up” sur un gros projet. Ce n’est pas évident pour tout le monde.

Pourquoi 3 ou 4 ans pour faire un film si on peut le faire en 2, voire moins.
Laurent Guittard – Karlab

Vous n’imaginez pas le temps et l’énergie perdus que j’ai pu voir dans ma carrière juste parce que personne n’ose prendre une décision. Des heures de réunions gâchées à 10 personnes juste pour obtenir un oui ou un non. Sans parler du blame-game entre départements qui se rejettent la faute en cas de problème. :/
Pas de ça ici, il faudra prendre des décisions cruciales rapidement et les assumer tout en gardant l’esprit d’équipe indispensable. C’est exactement l’ADN de Karlab et Rooftop: toujours avancer, trouver des solutions et prendre soin de nos équipes.
On sera tous dans le même vaisseau, direction la lune 🙂 (ou mars pour les fans d’Elon).

3DVF : Etes-vous en recherche de partenaires, que ce soit pour la fabrication ou d’autres éléments du projet ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Nous sommes assez bien équipés pour le démarrage du projet, mais évidemment une avalanche d’embauches est à prévoir dès le closing financier du projet, notre calendrier de production ne nous laisse pas le choix. 🙂 Nous communiquerons les JOBs sur nos sites et sur les réseaux dès que cela sera envisageable, nous nous fendrons certainement de quelques annonces sur 3DVF.

Laurent Guittard – Karlab : Contrairement à beaucoup de structures, nous pouvons commencer à J+1. Pas besoin de 6 à 12 mois de développement en préprod etc.
C’est ce que nous assurons à tous les clients de Karlab. Imaginez le temps et l’énergie économisés !!
Ensuite, nous allons évidemment augmenter les équipes au fur et à mesure pour obtenir un effet exponentiel sur la fabrication. Plus le temps passera, plus on fabriquera vite et bien. C’est comme ça que nous allons réussir.
Nous sommes dans le milieu depuis longtemps, nous connaissons quasiment tous les acteurs du marché. Ceux avec qui il faut travailler et ceux avec qui il ne faut pas. Et nous sommes déjà en contact avec les meilleurs des meilleurs.
On n’attend plus que la validation de la collection par le public.

Contrairement à beaucoup de structures, nous pouvons commencer à J+1.
Laurent Guittard – Karlab

3DVF : Côté voix françaises, vous annoncez Gims, Dadju, Kev Adams, Rayane Bensetti, Éric Judor, Gérard Darmon, Audrey Lamy, Camille Lellouche… Comment avez-vous rassemblé ce casting ? Leur contrat est-il similaire à ce qui se fait habituellement, ou y a-t-il des spécificités ? Par exemple, prévoit-il qu’ils recevront des NFT ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Je suis le fils caché de Gérard Darmon, j’ai fait l’erreur de le dire à Eric Judor qui ne sait pas garder un secret, l’information à fait le tour et on à été obligé de leur proposer des voix sur le film pour les faire taire.

Plus sérieusement, c’est un effet boule de neige, le premier qui à cru au projet et qui en parle aux autres… etc.
Pour ma part j’ai découvert le talent d’écriture et de réalisation d’Eric Judor dans Platane, la façon dont il utilise Pierre Richard m’a fait hurler de rire, et Youssef Hajdi avec son fameux 4X4 gris, bref, je suis très heureux d’avoir l’occasion de travailler avec lui. Gérard Darmon me paraît déjà très pertinent pour donner vie à un des personnages de PLUSH, c’est une validation pour nous que des artistes de ce calibre valident notre projet, et que certains chanteurs se prêtent au jeu. Il y a encore beaucoup de noms qui vont apparaître, aussi pour la version anglophone (Amaury Nolasco etc.).
Pas de NFT offert, le seul privilège ici c’est de prêter sa voix à un personnage de PLUSH, avec un contrat très traditionnel de doublage. A ceci près que j’envisage sérieusement de proposer des tables d’écritures à certains d’entre eux..

Laurent Guittard – Karlab : Lol…”Ce qui se passe dans la blockchain, reste dans la blockchain…”
Bref, vous l’aurez compris, c’est une question de rencontre, de contacts, de réseau.

3DVF : Du côté Rooftop et Karlab : comment vivez-vous ce projet hors normes ? Faut-il voir Plush comme un projet unique, ou un modèle économique que vous comptez reproduire ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : C’est un grand pas pour Rooftop Production, c’était la direction de départ, et je ne pensais pas aller aussi rapidement vers ce type de projet. Pour ce qui est du modèle économique, c’est un moyen, en passant par une autre porte, cela aurait été pareil pour nous, cela doit surtout nous permettre de nous exprimer artistiquement et de nourrir nos enjeux de studio, de vies.

Laurent Guittard – Karlab : Notre but à Karlab, c’est de faire des films, des séries, des clips, des pubs… etc de top qualité. Le modèle importe peu tant que nous pouvons continuer à vivre de notre passion, rencontrer des gens formidables et nous amuser en le faisant. C’est le public au final qui va valider le concept ou pas. Je trouve ça plutôt cool 🙂 Car au final, le vrai patron dans notre métier… c’est et ça restera le public. –

3DVF : Plus largement, comment voyez-vous l’impact des NFT, de la Blockchain sur le secteur de l’animation à moyen, long terme ?

Gaëtan Simonot – Rooftop Production : Je trouve qu’il s’agit d’une très belle alternative au financements traditionnels, il me paraît évident que ces modèles vont cohabiter à partir de maintenant.
Comme le disait victor hugo “ la vie trouve toujours un chemin” ( ou alors c’est une phrase de Jurassic Park..?).

Laurent Guittard – Karlab : Je crois personnellement fort en la blockchain. J’en parlais déjà avec des amis il y a 10 ans, et j’ai investi en 2017. Je ne défendrai ou ne représenterai pas un projet basé sur ça si je ne croyais pas à ce qu’il y a derrière. C’est une question de karma pour moi.
Il faut voir ça comme un moyen de plus de faire des films. Une possibilité de plus pour les auteurs, les créateurs de raconter des histoires qui feront rêver des millions de personnes. Ça vaut le coup de le tenter et de voir si ça fonctionne, non ? 🙂

3DVF : Plush soulève beaucoup de questions et a scucité de nombreuses réactions. Nous espérons que cette interview aura permis d’éclairer une partie des enjeux associés. Evidemment, de nombreuses questions restent en suspens, et ne trouveront leur réponse que lors des différentes étapes à venir : vente des NFT, lancement de la production, sortie du film.
Nous aurons donc l’occasion de revenir sur ce sujet : n’hésitez pas à suivre 3DVF sur les réseaux sociaux pour ne pas manquer nos prochains contenus !

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2 commentaires

Maxiriton 9 mai 2022 at 15 h 30 min
Très ambitieux comme concept… 60 millions c’est déjà un budget costaud pour un film d’animation français ! Mais bon l’important c’est de convaincre les investisseurs, ils ont mis le paquet sur la com’ avec les "stars" . C’est peut être un nouveau monde de financement pour les films, ca vaut le coup de suivre ça.
Cetras 10 mai 2022 at 18 h 33 min
Moui à voir, le côté NFT etc. mis à part, je trouve qu’un film viens surtout d’une vision, d’un real, d’un sénar… si tu commences à demander à tout le monde ce qu’ils veulent, tu risques surtout de te retrouver avec une soupe pas vraiment construite, mais curieux de voir le résultat de cette expérience et de comment ils vont gérer les votes / sénaristes ! Ils ont le mérite de tester de nouvelles choses, et ca c’est cool :)

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