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Interview 3DVF : rencontre avec le concept artist Maxime Schilde

3DVF : La composition de Loneliness est à la fois très simple et très efficace : le regard est guidé, la taille du crâne est immédiatement ressentie. On voit d’ailleurs dans les images que tu as mises en ligne une hésitation entre plusieurs approches très différentes… Comment approches-tu la composition générale d’un tel concept ?

Je n’avais pas d’idée fixe pour ce projet que j’ai réalisé dans le cadre d’un challenge hebdomadaire proposé par l’artiste Richard Vatinel. Le thème était le mot « crâne ». Après avoir fait des études de photos de crânes, j’ai réalisé différents croquis pour explorer les idées que j’avais en tête. Ainsi, je pouvais choisir celui qui me semblait le plus intéressant. C’est toujours important de tester différentes compositions, de ne pas rester sur la première idée et d’explorer au maximum les possibilités.

3DVF : Enfin, A$terix & Obelixxx est un projet assez décalé créé dans le cadre d’un challenge. C’est en même temps un exercice toujours intéressant : une licence revisitée… Quelle a été ta démarche pour conserver l’essence visuelle des personnages tout en les transformant suffisamment pour obtenir quelque chose de nouveau ?

Je me suis vraiment éclaté sur ce projet, le thème du challenge proposé par DPS était de « ré-inventer l’histoire préférée de son enfance ». dès le départ, je savais que je voulais faire quelque chose de décalé, un brin humoristique. J’ai un profond attachement pour les anciens dessins animés Asterix et Obelix , que j’ai découvert grâce à ma maman et mon grand frère. C’est en quelque sorte ma madeleine de Proust et c’est tout naturellement que je me suis dirigé dessus.

L’une des parties amusantes a été d’imaginer comment je pouvais détourner l’univers. Il fallait garder une cohérence dans ce que je voulais raconter, non pas juste les personnages mais vraiment transposer tout l’univers créé par Uderzo et Goscinny.

Au départ, je voulais m’inspirer des gangs de motards, comme la série « Sons of Anarchy », mais je n’étais pas totalement convaincu. Plus jeune, je jouais beaucoup au jeu vidéo (je me suis un peu calmé entre temps !) et le jeu GTA San andreas m’a marqué profondément. J’ai commencé à imaginer Astérix avec des tatouages, Obélix en membre de gang mexicain…Un peu tout les stéréotypes que l’on peut avoir des gangs de Los Angeles et que l’on retrouvait dans GTA également. J’ai vu que je pouvais décliner tout l’univers d’Astérix : Panoramix en dealer de potions magiques, César en président américain, les romains en policiers…

Le plus important était de garder le côté iconique des personnages, mais à la sauce West Coast, avec un côté too much assumé. Par exemple la ceinture verte d’Obélix qui se transforme en sac banane, les 3 boucles jaunes de la ceinture d’Astérix qui deviennent une chaîne en or, les plumes du casque deviennent des motifs sur la casquette…

3DVF : Du côté des outils, qu’utilises-tu ?

J’utilise principalement le logiciel 3Ds Max et Photoshop, j’ai quelques connaissances sur Zbrush, DAZ et Marvelous Designer.

3DVF : Du côté matériel, comment es-tu équipé ?

Côté tablette, je dessine sur une tablette à écran Xp-Pen pro 16 et côté ordinateur, j’ai une carte graphique NVIDIA RTX 2080, 32 Go de ram et un Processeur Intel Core I7-9700K.

3DVF : As-tu récemment été impressionné par le travail d’autres concept-artists ? Lesquels ?

Il y en a tellement que c’est compliqué de faire un choix ! Mais c’est vrai que je suis souvent bluffé par les travaux de Jama Jurabaev ! C’est simple, dès qu’il partage une vidéo, montre un process ou sort une nouvelle image, il retourne internet.

J’aime beaucoup les travaux de l’artiste Eytan Zana qui est une énorme source d’inspiration pour moi. Il y a une sensibilité dans ses images, que ce soit la composition, la lumière ou le storytelling, c’est incroyable !

Les jeunes artistes ont souvent du mal à se faire une idée des revenus dans les différentes branches du secteur artistique : le métier de freelance implique évidemment des variations, mais peux-tu nous donner quelques détails en ce qui te concerne ?

Effectivement, en tant que freelance, nous n’avons pas de revenus mensuels fixe assurés, ni cotisations quelles qu’elles soient. Ce sont d’ailleurs des choses à prévoir lors de la facturation. Il y peut y avoir des périodes creuses (surtout l’été en général) mais aussi de grosses périodes de rush en terme de demande. Il n’y a pas vraiment de grille tarifaire, chaque artiste à un background différent, ce qui en résulte d’une facturation totalement différente d’un artiste à l’autre. L’expérience, le matériel, les études, le délais et le niveau de détails souhaité par client sont des facteurs qui vont faire grandement varier nos devis en tant qu’indépendant.

3DVF : Tu es également formateur chez Digitalpainting.school. Quel est le public ciblé par tes cours ?

Effectivement, Gaétan Weltzer, fondateur du site DPS , m’a proposé de rejoindre l’équipe de formateurs pour accompagner les élèves sur DPS. Je m’occupe principalement de la partie consacrée aux techniques de 3D et de photobashing. Étant moi même un ancien élève du programme, c’était intéressant de pouvoir aider et conseiller d’autres personnes à mon tour.

DPS propose un programme qui est accessible à tous, que vous soyez néophyte, débutant ou intermédiaire dans le digital painting. Les cours sont découpés en 3 grandes parties et tout au long du programme, plusieurs formateurs sont là pour guider et conseiller les élèves.

3DVF : Quelles sont les qualités qui font qu’un artiste fait un bon enseignant ?

Globalement, je pense qu’on a la chance d’avoir une communauté bienveillante dans le domaine artistique, il y a un esprit d’entraide et de partage. On sait à quel point c’est difficile et long l’apprentissage du dessin, de la 3D ou du digital painting, d’apprendre les fondamentaux (les couleurs, la perspective, la lumière, le volume). Lorsque j’ai débuté le digital painting et la 3D, j’ai reçu beaucoup de critiques constructives de la part d’artistes débutants et professionnels qui ont pris le temps de me répondre, me partager leurs connaissances et me transmettre leur passion. Cela m’a permis de toujours progresser et c’est ce que j’essaie de faire à mon tour, partager et transmettre au maximum ma passion et mes connaissances, donner des critiques constructives pour aider d’autres personnes à progresser dans le domaine.

3DVF : Pour finir, comment vois-tu ton évolution d’ici quelques années, au niveau artistique mais aussi en termes de carrière ?

Je rêve de travailler un jour avec des artistes qui m’ont inspiré comme Eytan Zana ou Raphaël Lacoste ! Je crois que ma petite fierté perso serait de voir mon nom dans un générique de jeu vidéo AAA ou d’un film au cinéma.

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