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Interview 3DVF : bientôt 15 ans de Supamonks !

3DVF : Sur des licences aussi connues, on imagine que les contraintes sont multiples : il faut respecter les visuels des statuettes (qui elles-mêmes doivent respecter l’esprit des designs originaux), tout en les animant alors que leur design n’a pas forcément été pensé pour cela… Quelle était votre marge de manoeuvre au niveau visuel sur ces personnages et leurs proportions ? Concrètement, avez-vous modélisé les personnages à partir de zéro ?

Cyprien, chargé de production sur le film : Nous recevons de la part d’Ubisoft les modèles 3D qui servent au moulage et à l’impression des figurines. Ce sont des modèles Zbrush avec énormément de définition qui ont été préalablement mise dans la posture que le jouet est censée adopter.  Nous avons donc dû les remodéliser en pose neutre pour qu’elles correspondent à nos contraintes d’animation et soient optimisées pour être déformées selon ce qui a été prévu en amont dans le storyboard sans perdre le design original mais surtout en allégeant grandement le maillage. La nouvelle modélisation est un mélange de retopologie mais aussi de modélisation plus classique selon la complexité du modèle et de chacune des parties qui le compose (vêtement, cheveux, accessoires, etc…). Nous n’avons pas reçu de réelles contraintes de la part d’Ubisoft mais nous avons tout de même fait en sorte d’être le plus fidèle possible afin que les personnages correspondent un maximum aux figurines.

3DVF : L’uniformité physique des figurines a-t-elle facilité le rigging et l’animation ?

 Cyprien chargé de production sur le film :  De plus en plus de Rigger Artist développent leurs propres outils de Rig automatique qu’ils améliorent au fur et à mesure ce qui leur permet de gagner du temps, d’autant plus si les personnages se ressemblent. Un projet qui ne contient que des humanoïdes est donc déjà du temps gagné en soit. Dans cette même logique, des personnages qui possèdent la même morphologie permettent souvent de gagner du temps (sans même parler d’automatisation). Ne serait-ce parce qu’ils ont leurs lots de contraintes et d’avantages en communs. Ainsi, un souci relevé par un animateur sur l’un des personnages va pouvoir être vérifié et corrigé sur tous. Aussi, des personnages possédant la même morphologie est souvent l’occasion de prêter l’animation d’un personnage à un autre lorsque cela s’y prête même si cela n’a pas été notre cas (ce genre de format court ne s’y prête pas souvent).

3DVF : Chaque spot met en scène un mini-scénario. Comment les avez-vous abordés, sachant qu’il convenait là aussi de respecter les personnages (par exemple, c’est le lapin qui fait rater une opération, Ezio qui utilise sa lame, etc) ?

Peyo, directeur associé du studio : Ah ah ! Là vous mettez le doigt sur le vrai sujet ! Il ne fallait surtout pas privilégier une licence par rapport à une autre, ni en temps de présence à l’écran, ni en terme de « coolitude »… et bien sûr respecter l’ADN de chaque licence. Chaque film, chaque étape devait être validé par l’ensemble des dir. de licence. Mais tout s’est très bien passé grâce à l’équipe Ubi dédiée aux films qui nous a toujours bien protégé d’éventuelles querelles de clochers 🙂

3DVF : Les spots comportent aussi des FX : mitrailleuses, éclairs… Comment avez-vous procédé ?

Peyo, directeur du studio : On a procédé avec nos logiciels FX habituels et pas mal de petites roublardises en compo 🙂 Sébastien a proposé des mises en scènes malines avec des cadrages et des raccords permettant d’en mettre plein les yeux sans se couper un bras. Lam Le Thanh notre CG Superviseur a lui aussi su tirer le meilleur des équipes dans des délais courts avec le talent qu’on lui connaît.

Droners

3DVF : Autre projet récent : la série animée Droners, sur laquelle vous étiez producteurs délégués. Quelques mots à ce sujet, votre implication et vos liens avec les autres partenaires du projet ?

Julien, directeur associé du studio : C’est en effet une année riche en actualité pour Supamonks. Deux projets pour lesquels nous assurons la production déléguée sont diffusés d’ici Noël. Peyo est à l’origine de Droners qu’il a développé avec Sylvain Dos Santos pour le littéraire et Bill Otomo pour l’image. L’ambition du projet nous a incité -avec La Chouette Cie- à nous rapprocher de Cyber Group pour réunir le financement à l’international et assurer sa bonne exécution. En parallèle, cela nous a permi de nous concentrer avec Valentine de Blignières, productrice chez Supamonks, sur d’autres développements (Mimizu, Les Minimoons…) et surtout sur la production de la série Pompon Ours mise à l’honneur sur France 5 et Okoo à partir du 19 décembre.

3DVF : Vous avez récemment produit une section du clip Pure 90 (Rapping queen) de Shaka Ponk featuring Sen Dog from Cypress Hill : quelques mots sur ce projet et votre collaboration avec Stéphane Berla ? Quels ont été les principaux défis ? L’application VR Quill a été utilisée, pouvez-vous nous en dire plus ?

Safran Juillard, directeur de production : C’était un projet très intéressant par ses contraintes, Frah de Shaka Ponk avait une idée assez précise de ce qu’il voulait avoir à l’image. Des centaines de personnages, beaucoup de décors et le tout réalisé en pâte à modelé réaliste. L’imagination débordante de Frah dans des contraintes de budget/planning nous obligeait à revoir notre processus de travail. L’objectif était clair, pousser tous les potards à fond, se limiter le moins possible par la technique en mettant la créativité au centre du projet.

Ci-dessous : le clip complet, suivi d’un extrait : la section en style stop-motion gérée par Supamonks

Réalisation & Montage Shaka Ponk
Séquence concert Stop Motion réalisée par Stéphane Berla & produite par SupaMonks
Séquence danseuses réalisée par Vains et Doria et produite par Very Content
Modélisation personnage Fabrice Magne
Motion Design Paul Briand assisté de Jules Briand
Make Up Mariana Padilla
Avec la participation de Heily_Zee

La rencontre avec Stéphane Berla a donné une autre dimension au film. Nous l’avons contacté car nous avons adoré son travail sur Blender/quill qu’il met en avant sur Insta. Après quelques échanges nous avons décidé de partir ensemble sur Quill. Un outil qui permet de dessiner et animer dans les airs à l’aide d’un casque VR et de manettes.
Travailler avec Stéphane était incroyable car son regard de réalisateur lui donne une vision très précise de ce qu’il souhaite avoir, mais il dispose aussi du savoir-faire technique indispensable sur ce type de projet particulier.

Pour un souci de réactivité et grâce au style graphique recherché nous avons misé sur le moteur de rendu Eevee de Blender. Grâce à lui nous étions temps réel ce qui nous a permis de passer un minimum de temps au compositing et de retoucher très rapidement nos images. Il nous est possible de nous déplacer comme bon nous semble dans les scènes finales du clip. Nous avons réussi à avoir assez rapidement le shader que nous recherchions. C’est un choix que nous ne regrettons pas bien que nous ayons assez rapidement trouvé ses limites au niveau du shading ou dans la gestion des ombres.
Nous étions donc une équipe de 4, tous très polyvalent. avec Katia Hochstetter (Animation 2D et 3D) – qui a fait un super film d’animation de fin d’étude à Méliès que je recommande de voir- [NDLR : le très réussi Dernier Round, que nous avons relayé il y a quelques jours] et Sébastien Le Divenah Animateur, DA, Real, on ne compte plus ses casquettes, qui nous a aidé sur les décors mais aussi en animation. – Je vous recommande son Insta
Ce projet de 20 secondes d’animation à été une franche réussite. Nous avons maintenant une nouvelle corde à notre arc. Je pense qu’il est important de ne pas rester dans sa zone de confort et de toujours remettre en question sa méthode pour répondre au mieux au projet, sa DA et ses contraintes. C’est ce qu’on aime faire chez Supamonks.

3DVF : Enfin, que pouvez-vous nous dire de vos projets en cours ?

Julien, directeur associé du studio : En parallèle des développements, nous continuons de collaborer avec Ubisoft sur un spécial 70′ des Lapins Crétins et des trailers de jeu pour Hyper Scape, avec Ankama sur un format 70′, avec Amplitude/Sega sur des trailers pour leur futur jeu, avec TF1 sur les Hoofs et les campagnes Quick (nous célébrons ce mois-ci notre 90ème film sur cette campagne ce qui est énorme !). Ah et puis si, petit scoop : une bière bio Supermoine arrive sur le marché !

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