Digital Factory

Le 18 avril, le studio de postproduction Digital Factory et Studios de Paris – Cité du Cinéma organisaient une soirée pour fêter l’installation de Digital Factory au sein de la fameuse Cité du Cinéma, projet ambitieux lancé par Luc Besson.

Nous avons profité de l’occasion pour visiter les studios de la Cité du Cinéma, mais aussi pour poser quelques questions à Bruce Guerre-Berthelot, qui dirige Digital Factory.

 

Nef
La Nef, imposante et toute en longueur, permet d’accéder à l’ensemble de la cité du Cinéma : siège d’EuropaCorp, écoles, mais aussi le studio Digital Factory.

 

3DVF : Pouvez-vous présenter Digital Factory en quelques mots ?

Bruce Guerre-Berthelot : Digital Factory a été lancée en Normandie, il y a 13 ans maintenant. Le premier film que le studio a mixé, fin 1999, était Jeanne d’Arc de Luc Besson. Comme le site normand est excentré, on a progressivement mis en place des chambres et un restaurant. Six ans de travaux plus tard, nous en sommes arrivés à 5 auditoriums, une salle d’étalonnage, 50 chambres, un grand restaurant, un laboratoire vidéo et numérique, une section effets visuels…

L’entité VFX a en fait été créée en Normandie en mars 2012 dans le but de se roder, puis de déménager l’entité à la Cité du Cinéma et d’être directement opérationnels : le réel lieu d’utilisation des effets spéciaux est la Cité du Cinéma. 

Nous avons actuellement une quinzaine de stations de travail pour cette partie.

L’intégration de Digital Factory à la Cité du Cinéma a débuté il y a six mois, nous disposons ici de 2500 mètres carrés. Nous avons déménagé la partie effets visuels, mais aussi le laboratoire vidéo et numérique en novembre dernier. Cette dernière entité suit la même approche que la partie effets visuels : elle existait en Normandie depuis 18 mois. Nous avions donc là aussi pu faire une phase de rodage pour aborder ce qui était un nouveau métier pour nous. 

Nous sommes donc désormais capables de traiter l’intégralité de la chaîne de postproduction, du tournage à la livraison.

 

Cité du Cinéma
Ci-dessus, vue panoramique de l’entrée de la Cité du Cinéma.
La Nef, vaste hall d’accueil, dessert l’ensemble des bureaux, ateliers, infrastructures communes situées de part et d’autre.
Sur la droite de la photo, un bloc noir : il s’agit d’un des plateaux de tournage composant les Studios de Paris.

 

3DVF : Pourquoi vous être lancé dans les effets visuels, justement ? On aurait pu imaginer qu’un autre studio aurait pu intégrer la Cité du Cinéma pour ce type de travail.

B. G.-B. : Le but de la Cité du Cinéma est vraiment d’avoir en un lieu unique toute une chaîne intégrée. L’avantage sera, pour un réalisateur ou producteur, d’avoir tout sous la main : montage image, son, étalonnage, mixage, effets spéciaux, tout s’enchaîne. Le fait de tout rassembler permet d’être bien plus réactifs, par exemple si l’on réalise lors de l’étalonnage qu’il y a des modifications à faire sur les effets visuels. Comme tout est sur nos machines, à la demande du réalisateur et de la production un graphiste pourra faire des changements de dernière minute de façon immédiate, sans perte de temps. Le fait de tout avoir sous un même toit est clairement un avantage pour nous comme pour nos clients.

3DVF : Le fait que le studio soit situé physiquement dans la Cité du Cinéma comporte aussi des avantages au niveau des flux de données

B. G.-B. : C’est un avantage énorme. En fait toutes les données sont organisées sur un serveur principal qui comporte près de 1000 To de mémoire. Ce dernier va distribuer les données à tous les métiers du studio (montage image, montage son, étalonnage, effets spéciaux).

Le fait que tout soit connecté fait que c’est presque instantané, on ne perd plus de temps en copie ou transfert de données. Et comme tout est centralisé, on ne multiplie pas les copies : dès qu’une modification est effectuée, elle est répercutée au cœur du projet. C’est vraiment très pratique.

 

Plateau de tournage
Vue de l’intérieur d’un des imposants plateaux des Studios de Paris. Sur le sol, une forme rectangulaire est visible sur la gauche : il s’agit en fait d’un plancher recouvrant une fosse. Cette dernière peut par exemple ête remplie d’eau pour les besoins d’un tournage.

 

3DVF : Comment la section VFX va-t-elle évoluer ?

B. G.-B. : Comme je le disais, on dispose actuellement d’une quinzaine de machines, mais cette entité est amenée à s’agrandir puisque l’on a un line-up croissant.
D’ici septembre on va sans doute doubler la capacité, sous tous les métiers liés à ce secteur : principalement des infographistes, évidemment, mais aussi des encadrants. Nous sommes aujourd’hui une petite structure, et le but n’est pas de devenir une structure trop importante, puisque les prix du marché sont tirés vers le bas à l’heure actuelle.
Nous essayons aussi de limiter les frais d’encadrement, pour qu’ils ne soient pas trop lourds : je pense qu’ils ont tendance à « tuer » le métier s’ils gonflent trop. Nous essayons vraiment d’avoir une approche rationnelle, avec une proportion la plus élevée possible de personnes sur la fabrication, en évitant de faire trop gonfler l’encadrement.

3DVF : Pouvez-vous nous parler du pipeline qui a été mis en place pour les effets visuels, et des outils utilisés ?

B. G.-B. : Nous disposons d’un serveur de stockage HP X9320 dédié pour les effets visuels, qui permet d’alimenter toutes les stations de travail (principalement des Z600 et Z820 de HP). Nous avons également 10 serveurs de calcul HP Dl160. Nous avons aussi acheté une soixantaine d’écrans, principalement des HP 24 pouces.

Du côté des outils on utilise du NUKE, on dispose de deux Flame et quelques licences Scratch. Maya et Mari sont aussi présents, ainsi que Muster pour le dispatch.

Enfin, nous disposons d’une salle de validation dédiée (moniteur/TV/écran de cinéma avec projecteur 2 K ou 4 K).

Ci-dessous, escalier permettant d’accéder à la grille qui surplombe chaque plateau ; deux mètres d’espace sont situés entre celle-ci et le véritable plafond.
Plateau de tournage

 

Côté du BâtimentCi-dessus, zone située entre la Cité du Cinéma proprement dite (à gauche) et les plateaux des Studios de Paris, (à droite). Sur la gauche, au même niveau que l’entrée des plateaux, on trouvera notamment un atelier et un service d’impression, indispensable pour réaliser décors et props.

3DVF : La proximité de Digital Factory avec EuropaCorp pourrait faire penser qu’il s’agit du seul client, ou bien que Digital Factory travaillera uniquement sur des projets qui seront réalisés à la Cité du Cinéma. Qu’en est-il, dans les faits ?


B. G.-B. : Pour clarifier les choses : EuropaCorp fait appel à nos services notamment du fait de la proximité géographique qui facilite grandement le travail, mais n’importe entité peut faire appel à nous en tant que client.

Que le tournage soit fait ici ou ailleurs, nos services sont disponibles à tous.

En fait, nous pouvons à la fois gérer l’intégralité de la chaîne si le client le désire, ou uniquement une portion (par exemple uniquement VFX, montage, mixage ou même simplement trois plans d’une publicité). Nous sommes ouverts à tous les réalisateurs, producteurs et projets. A noter, il est aussi tout à fait possible pour une structure de venir à la Cité du Cinéma, être locataire comme nous et mettre en place un studio VFX.

 

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