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Making-of : retour sur le court Emile (ESRA)

Temps de lecture : 9 minutes

Emile

 

 

Charlie Aufroy, Renaud Deloupy, Benjamin Fenouil, Robin Geille, Alison Guyot, Tristan Lebas, Adrien Sibi et Célia Prou ont réalisé Emile, leur court de fin d’études à l’ESRA Nice. Ils ont bien voulu revenir pour nous sur la réalisation de ce court mettant en scène un

homme qui confie à son psychiatre la terrible vérité : il voit des monstres partout, cachés derrière une apparence humaine. Seul lui peut les discerner…

 

 

Décors

 

3DVF : Bonjour à toute l’équipe, et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Pour commencer, pouvez-vous nous parler de vos parcours respectifs, des raisons qui vous ont poussé vers la 3D et l’ESRA ?

Charlie Aufroy : J’ai depuis toujours été attiré par cet univers magique, le dessin animé, sans imaginer une seule seconde qu’il me serait accessible un jour.
Le Bac en poche, je suis tombé sur une publicité vantant les mérites de l’ESRA et Maître Renard, par l’odeur alléché, lui tint à peu près ce langage :  » Je veux faire cette école ! « .
Trois ans après me voilà, avec un court-métrage et pressé de le faire découvrir.

Renaud Deloupy : Après avoir obtenu avec difficulté un baccalauréat L, je n’étais pas du tout attiré par les facultés. Néanmoins les cours que nous avions en terminale traitaient essentiellement de cinéma, de peinture…
La Villa Thiole avait bonne réputation pour former pendant un an aux métiers des beaux arts (année préparatoire). J’ai donc entamé une année dans cette école ; puis j’ai fait ma première année au Pavillon Bosio (Monaco).
J’ai réussi ma première année mais échoué la deuxième…
Nous avions quelques médiums numériques tels que des cours de 3D ou retouche photo ; ce qui ne me laissait pas indifférent.
En septembre 2009 j’ai donc intégré l’ESRA section 3D. La 3ème année fut intéressante dans la mesure ou nous avons travaillé la classe entière sur le projet ; ce qui m’a permis de temps à autre d’apprendre sur les recherches techniques de certains.


Emile


Benjamin Fenouil : Après l’obtention de mon BAC S, j’ai fait un long passage de 3 ans en fac de science pour y étudier les maths et la physique… Jusqu’au jour où j’ai découvert le logiciel 3ds Max. A partir de ce moment-là, fini l’ennui des calculs et des prises de tête avec des choses incompréhensibles. J’ai alors trouvé l’ESRA 3D et une nouvelle passion est née, l’animation 3D. Je me suis spécialisé pendant les 3 années à l’ESRA 3D dans la modélisation, l’éclairage et le rendu. Je recherche donc maintenant un travail dans ce domaine et je suis impatient de commencer !!!

Robin Geille : Sorti d’un BAC ES j’ai fait un an d’IUT de gestion, mais n’étant pas convaincu par ce que je faisais je me suis posé pour réfléchir sur ce que j’aimerais réellement faire plus tard… Au fil du temps le cinéma d’animation 3D est apparu pour moi comme une évidence notamment grâce aux films d’animations 2D de mon enfance et 3D (Pixar, Dreamworks) qui m’ont donné le déclic. Tout est possible lorsqu’on réalise un film d’animation, les idées les plus folles peuvent être mises en œuvre et cette liberté m’a plu et a révélé en moi une passion que j’avais sans doute depuis toujours. Le regard des gens sur le travail artistique a été aussi un déclencheur… Aimant le Cinéma et habitant à Nice, l’ESRA est apparue comme une évidence.


Emile

Alison Guyot : Alors mon parcours : à la base j’étais partie pour être assistante vétérinaire mais des raisons m’ont poussée à changer d’orientation ! Étant depuis toute petite fan des Disney et de toutes les techniques de dessin ( peinture, peinture sur soie, dessin sur papier ), je pratique aussi pour m’amuser sur des logiciels de montage ! Quand j’ai appris qu’une école sur Nice avait un cursus 3D animation, j’ai tout mis en œuvre pour y entrer ! On a pu toucher à tous les domaines en 3D à l’ESRA afin de choisir une spécialité! Le film La maison des poupées et surtout Émile m’ont permis de savoir où était mon talent ! Aujourd’hui, je me dirige vers la texture et la colorisation numérique ! Les passe-temps et divertissements de ma jeunesse sont devenus mon métier.

Emile


Tristan Lebas : Personnellement, j’ai fait un BAC L, puis je suis parti de Réunion pour Nice et j’ai entamé une licence ACL (Art Communication Language) section image à la Faculté de Lettres. Intéressé par les options touchant au cinéma, il m’a été naturel de me tourner vers l’ESRA à la suite de ma licence, école que j’avais aussi remarqué pour sa section 3D dès mon arrivée à Nice.


Pistolet

Célia Prou : L’animation m’est apparue comme une obsession vers mes 5 ans quand je regardais les VHS de tous les Walt Disney. Au tout début, la 2D m’intéressait plus, et je voulais en faire mon métier jusqu’à ce que je réalise que la 3D offrait aussi de nombreuses possibilités et beaucoup de voies. À la fin du lycée, on m’a présenté l’ESRA Nice, et j’ai décidé de m’inscrire et d’entrer dans ce monde de l’animation.
J’ai eu la chance de réaliser trois films durant ces années qui m’ont permis d’apprendre énormément, de progresser, et avant tout me confirmer dans le choix de la 3D. Maintenant je vais démarrer un Master en Animation 3D à l’Université de Kent en Angleterre et j’espère en 2013 toucher enfin à la vie active.

Monstre

 

Emile

 

Psy

Model sheet : le psychiatre. Ci-dessous, travail sur le character design du personnage.

3DVF : Comment est né le concept du film ?

C’était lors de notre première réunion d’équipe, chacun avait mis sur la table ses idées, et c’est celle d’une course poursuite mêlant transformations et stress sur un fond de comédie qui a primé.

3DVF : Quels ont été vos rôles respectifs ?

Nous avons il est vrai tous nos petites préférences ; character design, modélisation, texturing, rigging, animation, rendu, compositing. Mais dans les grandes lignes, chacun a pu toucher de près comme de loin à tous ces domaines.

 

Psy

 

3DVF : Quelles étaient vos références et inspirations pour l’univers visuel ?

Il y avait en majeure partie le film d’Eric Bergeron Un Monstre à Paris ainsi que le célèbre Ratatouille des studios Disney-Pixar.

3DVF : Pouvez-vous nous parler de la création des différents personnages ?

En ce qui concerne Émile, Mister Bean était une référence à suivre puisqu’il réunissait un grand nombre de caractéristiques très intéressantes : le vieux costume, la cravate (que nous avons transformé en nœud papillon), le pantalon bien trop court laissant apparaître ses chaussettes, une légère calvitie, des grands yeux globuleux, et une forme générale en S montrant bien que la confiance n’est pas un trait de caractère que l’ont pourrait lui attribuer au premier coup d’œil.

D’autre part c’est Michael Lonsdale qui est à la base du personnage très imposant du psychiatre, le Docteur Lachreich (qui est en fait la fusion des noms des deux disciples de Freud ; Jacques Lacan et Wilhelm Reich). Avant même les premiers croquis, le cahier des charges était : immense, sage, ponte de la psychiatrie. Et c’est après quelques essais que nous sommes tombés d’accord sur le design définitif.

Le « monstre » Roger quant à lui est un 8 tout simplement, il devait incarner la bonhomie, une sorte de gentil au grand cœur à l’aspect et au physique repoussant. Son crâne chauve, sa mâchoire en avant ainsi que ses boutons ont bien évidemment aidé à cela.

Pour dire un mot sur la barmaid, elle apporte une touche féminine au court métrage, et c’est en pensant au mot « pulpeuse » que Jessica est apparue.

Ci-dessous : Mister bean, une des références pour définir le personnage principal.

Bean

 

Personnages

 

 

Ci-dessous, modèle Sheet d’Emile et Roger.

 

model sheet

 

Référence


Ci-dessus et ci-dessous : travail sur l’acting et l’animation.

3DVF : Quelques mots sur le rigging et l’animation ?

Le rigging est toujours une phase délicate à aborder, car chaque personnage a son propre rig adapté à l’animation qui en découlera. C’est pour cela que nous n’avons en aucuns cas négligé cette étape du processus de production. Cela a par la suite assoupli le travail d’animation, puisque l’objectif n’était pas de dissimuler les défauts que pouvaient générer un mauvais placement des joints ou un skin défectueux, mais de créer, de concevoir un réel  » acting « .

3DVF : Avez-vous rencontré des difficultés particulières sur le projet ? Un plan, un détail technique qui vous ont donné des sueurs froides ? Si oui, comment avez-vous surmonté ces obstacles ?

En effet, on peut dire qu’un élément nous a pris du temps à résoudre : la Fin !  
Avec un début d’histoire comme la nôtre, tous les scénarios étaient à envisager, mais le temps nous a permis d’aller à l’essentiel. Sans pour autant révolutionner le monde de l’animation 3D, notre objectif était d’avoir un message clair, et un court métrage accessible à tous, en évitant au spectateur d’avoir besoin de le revisionner pour avoir la clef de l’énigme.

 

Animation

 

3DVF : Comment s’est déroulé votre travail avec les acteurs en charge du doublage, ainsi que des artistes qui ont travaillé sur la musique ?

On peut dire que sur ce sujet, notre aventure nous a permis de rencontrer des personnes extraordinaires aux talents multiples qui ont su s’adapter, nous surprendre et innover en permanence. Il est vrai qu’au départ, une idée à laquelle on croit très fort est belle, efficace, sans défaut, mais encore faut-il réussir à la transmettre.

3DVF : Au final, de quoi êtes-vous le plus fiers sur ce projet ?

Nous sommes 8 à avoir réalisé ce court métrage, et nous avons réussi malgré les difficultés multiples qui se sont présentées devant nous à créer une cohérence dans notre groupe, une cohérence dans notre film. Voilà ce dont nous sommes les plus fiers.

3DVF : Si vous aviez disposé de plus de temps pour la réalisation, y a-t-il des éléments que vous auriez voulu retravailler, des idées laissées de côté à contrecœur ?

Il est vrai qu’on a toujours tendance à vouloir aller plus loin ; refaire des rendus, améliorer le montage, revoir des séquences d’animation, mise en scène, textures mais… NON ! La « deadline » reste le meilleur moyen pour aller au bout d’un projet, cette pression qui ne fait qu’augmenter de jour en jour est difficile à gérer, surtout en groupe, mais on a tous pu donner le meilleur de nous-mêmes avec le temps qui nous était imparti.

Emile

 

Bar

 

3DVF : Quels logiciels avez-vous utilisés, et pourquoi ?

Photoshop, Maya, Nuke, Premiere ont fait partie de notre formation et c’est pour cela que nous nous sommes aisément tourné vers eux. De plus, durant notre parcours au sein de l’ESRA, nos professeurs et intervenants utilisaient eux-mêmes ces logiciels, et pouvaient donc répondre présents à un problème, ou à une question, ce qui a évidemment facilité le processus de réalisation.

3DVF : Pouvez-vous nous parler de cette année de formation à l’ESRA, de votre environnement de travail, et de l’équipe pédagogique qui vous a suivi durant le projet ?

Pour cette dernière année à l’ESRA, nous avons eu une ambiance de travail. Nous étions tous là pour faire de notre mieux, et nos professeurs ainsi que la direction de l’école l’avaient bien compris, c’est pour cela que nous avons toujours été soutenus.

Dès le début, nous avons fait de notre salle de classe, notre QG, en envahissant les murs d’idées, de dessins préparatoires, de références puis par la suite de notre storyboard qui une fois mis en place mesurait bien 5 mètres de long, sans que cela ne dérange personne, au contraire. Chaque semaine nous devions rendre des comptes à notre professeure de production Tania Cohen qui a su rester ferme pour nous permettre d’avancer.

Loïc Malnati, notre professeur de dessin, a pour sa part assuré la coordination artistique du projet, en mettant toute son expérience à notre service, et nous a permis d’aller plus loin. Par la suite, au moment où nous avons eu besoin d’enregistrer la voix de Jean-Philippe Puymartin (Émile) à Paris, une seule demande auprès de Mr Collard (directeur de l’ESRA Nice) a suffi pour qu’un studio à l’ESRA Paris soit mis à notre disposition. De plus, nos professeurs de 3D (Patrick Palma), d’animation (Alexandra Alegria), de rendu (Franck Parisis) ainsi que de compositing (Alexandre Pestre) ont montré qu’ils étaient simplement présents pour nous, car aucune question, interrogation, mail ou appel n’est resté sans réponse. Ce projet est donc bien l’œuvre d’une vraie équipe au sens propre du terme.


Ci-dessous, recherches pour le personnage d’Emile et sources d’inspiration.

Emile

 

3DVF : Pour finir, quelle expérience tirez-vous de ce projet et de cette formation ? Quels sont pour vous les points forts de l’école ? Inversement, y a-t-il des points sur lesquels la formation pourrait être améliorée ?

Nous sommes très heureux de pouvoir dire qu’aujourd’hui, nous avons dans les mains une belle formation qui nous permet de créer ! 3 années à l’ESRA nous ont permis de cibler nos envies dans le domaine de la 3D, et de nous projeter enfin vers des domaines qui nous passionnent.

Pour plus d’informations sur l’école : le site de l’ESRA.

Bureau

 

Bureau - psychiatre

 

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