Rencontre avec l’équipe de la série d’animation Kaeloo – Cube Creative

Temps de lecture : 11 minutes

3DVF : Est-ce qu’il y a eu des contraintes particulières d’un point de vue technique ou vis à vis de votre partenaire japonais ?

 


Pierrot Jacquet : Nous avons effectivement eu énormément de contraintes. Tout d’abord, dès le départ en visant un niveau de qualité relativement élevé, ce qui n’est pas évident pour une petite équipe comme celle de Cube. Au total, nous sommes 10 à travailler sur la série… Même s’il faut dire qu’on ne fait pas des journées de huit heures, ce sont des grosses journées… Et des week-ends ! Ce genre de rythme, on peut le tenir dans des projets de pub, quand on le fait pendant un ou deux mois, mais sur deux ans, c’est forcément éreintant.

 



 

Nous avons aussi eu des difficultés dans la collaboration avec Spirit, leur équipe est habituée à avoir un gros débit en termes de production, or il nous fallait trouver le juste équilibre entre débit et qualité de rendu. À titre d’exemple, ils sont capable de sortie une dizaine de plans rendus et composités par jour, tout en ayant une qualité de rendue élevée. Pour en arriver là, il nous a fallu beaucoup de travail, et faire en sorte qu’ils aient la possibilité de charger très rapidement un set de lights dans la scène, l’orienter dans le bon sens et que le résultat fonctionne immédiatement. De même pour le compositing, il a fallu s’organiser pour travailler toujours de la même façon avec un résultat qui fonctionne.


En animation il y a également eu des difficultés. Même si nous disposons de très bons animateurs sur le projet (ils sortent environ 7 secondes d’animation par jour, avec plusieurs personnages à l’écran). Les débuts ont été difficiles, mais plus on a poussé dans les animatiques, plus ça les a aidés, se retrouvant ainsi avec une ligne directrice du travail à accomplir. Bref pour mettre en route la série, il a fallu beaucoup d’ajustements sur tous les plans afin d’en arriver à ce niveau de productivité et de qualité.


3DVF : Justement, y a-t-il des différences et êtes-vous satisfait du résultat, notamment quand on compare le pilote et la série ?

 


Pierrot Jacquet : A vous de nous dire ce que vous en pensez ! De notre côté, on pense que la série est plus réussie que le pilote, qu’il s’agisse de l’animation comme pour le rendu.


Rémi Chapotot : Il y a un principe qui veut que généralement, une série soit toujours 30 % moins réussie que son pilote. Et honnêtement, j’ai été plutôt surpris du résultat, pour moi c’est 30 %… Plus beau ! Encore une fois, la mise en place a été très dure, mais dès que nous avons réussi à obtenir un pipeline très carré, tout s’est bien déroulé.


En prime, vu que l’on était en charge de l’écriture et que je faisais l’une des voix, on pouvait facilement couper, modifier, changer au dernier moment de gros morceaux de scène. On a d’ailleurs trouvé tout un tas de stratagèmes qui nous ont permis de gérer les choses de façon optimale.


Honnêtement, nous sommes loin du budget que l’on peut imaginer quand on voit le résultat. On a tous pris en charge, et même plusieurs postes en parallèle pour y arriver. On se retrouvait un peu comme des étudiants qui font leur court de fin d’études, avec peu de sommeil, le travail en tête même la nuit… Pour le reste, c’est vraiment au public de décider s’il veut plus de séries de ce type, y compris si elles sont réalisées par d’autres sociétés !

 


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