Dwarf-Labs – Rencontre avec Olivier Pinol


3DVF : Finalement, qu’est-ce qui t’as décidé de revenir t’installer en France ?

Olivier Pinol : Le mal du pays ! Sur un plan personnel, ma petite famille et moi avions le désir de nous poser un peu dans la région privilégiée où nous avons grandi. Après toutes ces années de « vadrouille », retrouver nos proches et la Méditerranée a été une grande joie. Et puis professionnellement, je suis rentré la tête pleine d’idées, d’envies et de projets.


La première concrétisation de tout cela a été la création, en juillet dernier, de la société DWARF-LABS, dont mon ami Cédric PAILLE et moi-même sommes les co-fondateurs. Notre but premier étant de démystifier toute ces technologies et ces méthodes de travail, et surtout montrer que même une structure de petite à moyenne taille peut également utiliser un pipeline à la base développé et pensé pour du gros.




3DVF : Explique nous justement la démarche de Dwarf-Labs. Comment est né le projet et pour quelle optique  ?


Olivier Pinol : Cédric et moi sommes des amis de longue date. Il est ce qu’on peut appeler un « génie de l’informatique ». Ingénieur Recherche et Développement, il s’est forgé une solide expérience professionnelle en tant que Directeur Technique de Pipelines utilisant des logiciels de création numérique 3D. Il a également contribué, de façon significative, au développement de Technologies Open Source dans le domaine de l’Art Graphique, et il a été un acteur incontestable de la communauté OpenSource SourceForge.

A mon retour en France, nous avons eu l’occasion de travailler ensemble dans un centre de formation d’Infographie 3D et nos visions communes de l’avenir de la profession nous ont décidés, forts de nos expériences et compétences respectives, à créer notre propre concept de Laboratoire R&D et Centre de Formation. Nous avions l’idée de créer une structure mixte, hybride entre un lieu d’apprentissage et de recherche, et de production. Déjà, parce que nous sommes convaincus que la meilleure façon d’apprendre c’est d’être immergé dans un environnement professionnel, dans des conditions réelles de production et au contact de personnes en activité sur des projets en cours.


Nous avons donc mis en place, sur la partie ACADEMY de DWARF-LABS des programmes d’enseignements conçus selon les profils professionnels recherchés par les Studios et Boîtes de Prod. Pour établir ces programmes, nous avons d’ailleurs consulté longuement une agence de talents basée à Los Angeles avec laquelle nous sommes entrés en contact afin de mettre en place des partenariats et, dans un proche avenir, bâtir de réelles passerelles internationales pour nos étudiants.



J’ai la chance de bénéficier d’un réseau professionnel riche et composé d’individus passionnés et désireux de partager leur expérience en faisant des interventions au cours de nos programmes pour illustrer ce que peut-être le parcours et le quotidien de quelqu’un actuellement en poste chez Pixar, par exemple.


Cette idée de communauté autour de notre profession me semble également très importante lorsqu’on prend la responsabilité d’orienter des jeunes infographistes dans un métier où l’on peut se retrouver rapidement seul et désoeuvré à la sortie d’une école dans laquelle on a déjà investi du temps, et souvent beaucoup d’argent.


Nos formations sont ouvertes tant à la future génération d’infographistes, qu’aux professionnels avertis, en poste ou non, qui souhaitent se spécialiser dans un profil et/ou se familiariser avec les technologies employées par les grosses structures internationales. Nous sommes d’ailleurs de plus en plus contactés par cette catégorie de stagiaires, de façon individuelle ou par le biais des boîtes de Prod. qui les emploient. Vous trouverez plus de détails sur la section ACADEMY de notre site


Sur la partie LABORATOIRE de DWARF-LABS, nous diversifions nos activités entre le consulting, la R&D et la production. Nous avons également un projet de production interne dont les concepts scénaristiques et graphiques sont nés de notre équipe. C’est encore une belle aventure qui est née et grandit au fur et à mesure de notre développement et nous espèrons que de grandes choses y afférant sont à venir. Nous présenterons d’ailleurs ce projet avec un premier teaser au prochain Festival d’Annecy. Comme on dit, « la suite au prochain épisode »…



3DVF : Pareil aux grands studios, vous souhaitez aussi vous ouvrir vers les communautés de développeurs open-source. Explique nous cette démarche…


Olivier Pinol : Il y a d’abord le coté pédagogique de la chose, en effet, former en partie sur de l’opensource permet aux apprenants d’avoir une approche beaucoup plus approfondie de l’utilisation des outils et de développer un sens aigu du pipeline.


Travailler et comprendre une approche type : Liquid Maya to Pixie (renderman like interface) facilite le passage à Pixar’s Renderman Studio par exemple. De plus, il y a l’aspect économique de la chose, utiliser GNU/Linux entreprise nous a permi de faire une économie substantielle et d’investir davantage dans le matériel tout en gardant un contrôle total du système d’exploitation paramétrable à souhait et intégralement documenté. Nous utilisons Blender par exemple, qui est un logiciel puissant, modulable pour des tâches comme la modélisation ou les conversions de données 3D, ce qui nous exempte d’avoir à acheter un couteux soft proprétaire là il n’y en a pas vraiment la nécessité.



Grâce à ce système nous pouvons faire graviter tout un tas de services tels que des wikis pour nos documentations internes, des jobs dispatchés pour lancer nos rendus sur la renderfarm et plus généralement l’accès partagé à toutes nos ressources avec un contrôle aigu au niveau utilisateur. Tout cela sans négliger le fait d’utiliser des outils ayant un code source ouvert nous permettant ainsi de nous affranchir du doute qu’il puisse y avoir du code malveillant pouvant desservir nos projets.


L’imagerie de synthèse est un domaine dans lequel il faut toujours innover, de ce point de vue, un autre avantage de travailler avec de l’opensource, c’est de pouvoir réutiliser des blocs de code afin de les adapter à nos besoins immédiats sans systématiquement avoir à ré-inventer la roue. Nos travaux respectent cette philosophie, nous publions le résultat de nos recherches sur notre site mis en ligne exclusivement pour ça (//devel.dwarf-labs.com). D’ailleurs, certaines fonctionnalités que nous avons rajouté à des logiciels et que nous avons ciblés à nos besoins ont attiré l’oeil de leurs auteurs (je pense à DrQueue par exemple), et nous sommes actuellement en train de procéder à une fusion de nos differentes versions. Nous avons expérimenté des logiciels comme Maya, Pixar Renderman sur plusieurs plateformes et nous nous sommes rendus compte qu’en plus la stabilité du système en général était meilleure avec GNU/Linux, si l’on respecte quelques règles simples que nous maîtrisons à présent. Pour conclure, pour nous GNU/Linux était la solution évidente pour créer notre entreprise et la rendre performante.


 

 

3DVF : Quels conseils pourrais-tu donner aux infographistes tentés par une expérience à l’étranger ?


Olivier Pinol : Mes 3 maîtres mots sont: Rigueur, Initiative et perséverance.
L’approche est différente suivant le pays visé. Pour tout pays d’Europe, seule la démo pèsera dans la balance, vu qu’il n’y pas de problème de VISA ( pour quelqu’un de nationalité d’un pays de l’U.E, la démo sera votre porte d’entrée). Les grosses structures recherchent beaucoup de profils specialisés dans une discipline du métier. Ma première recommandation serait donc de bien présenter votre profil dans vos choix visuels, qui représentent bien vos connaissances dans la discipline pour laquelle vous postulez.


Si les US et la Californie vous attirent, il faut un minimum d’expérience sur des grosses productions cinématographiques, de plus quelques articles, parutions de magazines, journaux locaux vous serons demandés pour l’obtention d’un visa (3DVF m’avait justement aidé avec une interview à l’époque!). Ce sont les critères imposés par l’immigration Américaine, qui varient sensiblement chaque années. Si vous n’avez pas encore d’expérience pro, le plan de carrière qui marche bien, c’est d’intégrer une belle structure francaise qui fait du film, enchainer après 1 an ou 2 par un passage à Londres, ensuite si le talent et les compétences sont au rendez-vous, un beau studio Californien pourrait vous contacter pour une interview. Si tout les pré-requis sont là, les avocats de ce studio s’occuperont de toute la paperasse pour vous obtenir le visa. (la demarche du visa peut prendre entre 2 semaines et 3 mois suivant le cas). Toujours garder à l’ésprit l’importance du réseau professionel, il se construira sur la durée. Vous pouvez également me contacter au Lab, pour une évaluation personnalisée de vos compétences. Toute l’équipe du Lab sera ravis de pouvoir repondre à vos besoins, attentes et questions.



3DVF : Pour terminer, un mot concernant ta collaboration avec les équipes de 3DVF et Progiss depuis la création du studio ?

Olivier Pinol : Je n’ai pu qu’apprécier la rencontre avec les équipes de 3DVF et de PROGISS qui se sont immédiatement positionnées comme des acteurs essentiels dans la création et le développement de DWARF-LABS. L’important quand on se lance, c’est de bien s’entourer ! Une relation de confiance mutuelle s’est rapidement instaurée avec leurs équipes. Toujours réactives dans leurs réponses à nos demandes, elles ont même su anticiper certains de nos besoins et nous conseiller efficacement. C’est pourquoi DWARF-LABS tient à entretenir cette relation en projetant des partenariats qui nous donneront l’occasion de voir fructifier les résultats de cette heureuse et prometteuse collaboration.

 


Plus d’informations :
//www.dwarf-labs.com
//olivier.dwarf-labs.com
//academy-session-1.dwarf-labs.com
//devel.dwarf-labs.com

 



The material on the article is copyrighted by Olivier Pinol and/or other copyright holders,
including (but not limited to) studios, producers, and others for whom Olivier Pinol has provided services.

//www.wetafx.co.nz - //www.dreamworksanimation.com - //www.bakery3d.com/

 

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