Ex-ET – Court-métrage ESMA 2008

 

 

3DVF : Sur le plan ci-contre, comment avez-vous défini le découpage de la scène pour la 3d et le compositing…?


Yannick Lasfas : Concernant ce plan, on tenait absolument à exagérer la perspective fermée et l’alignement des éléments puisque c’est le dernier cadrage où l’on voit l’organisation de ce monde, il nous fallait pousser le concept à l’extrême jusqu’à l’écœurement.

Le souci technique venait du nombre excessif de personnages à l’écran. Impossible de faire une scène Maya avec autant d’objets, donc nous avons travaillé ce plan avec seulement deux balançoires, durant toute l’année. Pour les rendus, nous avons sorti le décor à part, puis les balançoires au premier plan, les premiers parents assis sur les bancs et enfin le personnage principal.

 

C’est au compositing que nous avons dupliqué plusieurs fois les mêmes éléments jusqu’au point de fuite.

 

Ensuite, nous avons rajouté quelques effets de flou, de buée et de traces de doigts sur la caméra pour compléter ce plan.

 

Pour le plan de la transformation, nous étions partis sur l’idée de réaliser ce morphing avec des blendshapes.

 

Trop coûteux en temps de travail, nous nous sommes tournés vers des effets moins longs à réaliser. Ce qui ne gênait en rien la compréhension du plan.


 

Pour le plan de l’entrée dans la ville, le compositing est plutôt classique. Les décors et les personnages ont été rendus séparément. Le problème se trouvait en amont, il nous a fallu séparer ce plan en plusieurs scènes Maya, tout d’abord le décor de fond, puis le décor principal, les femmes qui montent sur les ponts, les scooters et pour finir les passants. Malgré le grand nombre de personnages à l’écran, très peu ont été animés. Ce sont, pour la majeure partie, des instances. Ainsi, en changeant l’animation ou la couleur d’un seul personnage, nous modifiions tous les personnages d’une rangée.


 

 

 

 


3DVF – Pouvez-vous nous commenter la préparation et la mise en place de cette séquence de danse Tai Chi?


Nicolas Gracia : La préparation des mères pratiquant le Tai-Chi à demander une recherche importante en 2D (environ trois jours). Le but étant de trouver une silhouette assez belle et en cohérence avec ce monde. Quant à la pratique, il a fallu que je mime les différentes poses des personnages pour ensuite créer un enchaînement harmonieux dans les gestes. Une fois les poses trouvées et mimées (huit en tout), j’ai pu animer mon personnage en deux étapes : en premier lieu je les ai animées en pose à pose pour, dans un deuxième temps, affiner mon animation en rajoutant des amortis, des over lapes, expressions faciales etc. Une fois l’animation validée par le groupe, j’ai mis en place le personnage dans le décor puis j’en ai importé d’autres, pour créer un groupe de mère. J’ai copié l’animation en décalant d’une frame ou deux chaque personnage. Pour terminer j’ai fait l’éclairage et le rendu. Quant au compositing a été effectué par Yannick.

 

 

3DVF – Qu’en est-il de la création des rig des personnages principaux ?


Yannick Lasfas : Pour le setup, dès la première animatique nous sommes tombés sur de nombreux problèmes dus aux proportions de notre personnage. Ce dernier ne pouvait même pas atteindre sa bouche avec ses mains. Il nous fallait donc un setup souple, avec des « stretch and squash » partout pour pallier à tout problème.


Je me suis mis au travail pour réaliser un squelette simple d’utilisation mais complet afin de faciliter le travail des animateurs. J’ai adapté le même setup pour les autres personnages tout en le simplifiant ou en y ajoutant quelques spécificités tels que des dynamiques pour la robe et la poitrine de la mère et de nouveaux contrôleurs pour les vêtements des docteurs.



Pour le plan de la transformation, nous étions partis sur l’idée de réaliser ce morphing avec des blendshapes. Trop coûteux en temps de travail, nous nous sommes tournés vers des effets moins longs à réaliser. Ce qui ne gênait en rien la compréhension du plan.


Nous avons rendu le décor puis la capsule. On y a rajouté quelques effets de brouillard et de particules avec Fusion. Les rendus des personnages ont bien entendu été fait à part ainsi que les particules Maya. Dans Fusion, nous nous sommes servis de ces dernières comme masque pour afficher ou cacher les personnages. Nous avons repris ces mêmes particules que nous avons floutées, teintées, masquées, superposées pour qu’elles aient un aspect plus sanguinolent rappelant ainsi le ventre de la mère.



 

3DVF – Et si cette expérience était à refaire, comment l’aborderiez-vous ?


Benoît Bargeton : Je commencerais par passer plus de temps sur la pré-production et le design sur lequel on s’est posé beaucoup de questions tout au long de l’année. Il est important de bien fixer les idées et toutes les étapes de cette pré-production pour n’avoir plus qu’un fil à suivre au moment de la production, ce qui peut notamment éviter quelques nuits blanches et réduire le stress.


Nicolas Gracia : Je mettrais en place dès le début, un planning solide, et visible pour les membres du groupe. Je serais plus exigeant pour tout retard.


Yannick Lasfas : Je prendrais des directives plus strictes pour le respect du planning afin d’éviter tout retard dans la production.

Rémy Froment : Si cette expérience était à refaire je m’investirais beaucoup plus sur le setup et le rigging facial, car cette année m’a permis de prendre confience en moi, et par l’intermédiaire de mes camarades, prendre vraiment conscience de ce qui me plaisait dans notre travail. Travailler à 4 sur un projet enseigne énormément sur soi-même, ainsi que sur la communication. C’est une expérience inoubliable qui, même si elle se passe encore en école, nous apprend ce que sont les contraintes d’une vraie production : le travail en équipe, les deadlines…


3DVF – Pour terminer, y a-t-il des aspects que vous auriez aimé travailler davantage sur le film ?


Benoît Bargeton : Il y a toujours des aspects à améliorer, une petite animation par-ci, un petit rendu par-là… Mais ce qui compte est que le film soit de la même qualité du début à la fin, et que le rythme soit juste et soutenu sur l’ensemble du film, maintenant l’intérêt du spectateur.


Rémy Froment : J’aurai aimé travailler sur beaucoup plus de domaines dans notre film (notamment l’animation faciale, le setup ou encore l’animation ), mais les contraintes de temps sont là, et sur 4 personnes, certaines se débrouillent mieux dans un domaine, alors pour arriver au bout, on doit bien communiquer entre nous et se répartir les tâches de la meilleure façon possible. Le résultat est là et je suis très content de ce que nous avons réalisé.



Nicolas Gracia : Il y a toujours des regrets, on se dit qu’on aurait pu mieux faire, pousser un peu plus l’animation, améliorer le rendu et le compositing, mais il a bien fallu faire des sacrifices pour rendre le film en temps et en heure. Malgré tout cela, le film a eu son succès !



Yannick Lasfas : J’aurais souhaité que certains plans d’animation soient plus travaillés, que l’éclairage, le rendu et le compositing soient plus riches mais le manque de temps nous a cruellement fait défaut. Beaucoup de compromis ont été faits pour terminer ce film à temps mais je pense que toutes les productions ont les mêmes problèmes. Et compte tenu de l’engouement qu’il suscite et des félicitations qu’on a reçues, notre film ne semble pas si mal. Alors des regrets, oui mais tout de même fiers du résultat global.



3DVF – Merci à tous les quatre d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

 

 

 

Pour en savoir plus sur Ex-ET:
Le site officiel du film : //ex-et-lefilm.com/
Le site de l’ESMA : //www.esma-montpellier.com/

 

Olivier Perrot – 3DVF
Décembre 2008

Affiche ESMA Ex-ET

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