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Illustratrice Linda Bergkvist

Linda Bergkvist, Artiste Numérique
Interview de Leonard Teo, Traduction: 3DVF – le 18 Septembre 2003

 

 

 

Linda Bergkvist, une artiste freelance suédoise, fait partie de ces illustrateurs numériques dont l’œuvre s’est démarquée et a impressionné le comité de sélection d’Exposé 1. Deux prix Exposé lui ont été attribués : Master (Personnages en Action 2D) et Master (Personnages Statiques 2D). Linda a bien voulu nous accorder un peu de son temps pour parler d’elle et de son art.

 

 

A propos de Linda Bergkvist
Je suis née en Suède, à Umea, ville dans laquelle je vis toujours aujourd’hui. Mes centres d’intérêt ont toujours été les arts et les langues. Quand j’étais petite, je ne faisais rien d’autre que dessiner et raconter aux autres enfants des histoires longues et compliquées de créatures que j’avais inventées. Parfois, je disais que ces créatures étaient réelles, et je pense que je parlais de ces « monstres » avec tellement d’enthousiasme et d’émotion que beaucoup d’enfants y croyaient vraiment. Nous avions aussi l’habitude d’aller à la chasse aux sorcières dans les bois.

 

 

Plus tard, je n’étais pas encore très sûre de moi concernant mon art, et au lieu de choisir de faire carrière en tant qu’artiste, j’ai choisi les langues (ceci après avoir étudié les arts entre 16 et 19 ans). Durant quelques années, j’ai étudié l’anglais et le suédois; j’avais toutes les chances de devenir professeur, et à côté, je continuais à gribouiller et à peindre. D’un seul coup, on m’a offert un poste dans une société d’informatique locale, et j’ai accepté, abandonnant de ce fait mes études (peut-être était-ce une folie) pour travailler dans le graphisme. Et j’y suis encore aujourd’hui. Pourtant, les études de langues me manquent, et peut-être y reviendrai-je un jour.

Pour l’instant, j’adore ce que je fais. C’est un travail avec plein de défis et je rencontre tout le temps des gens formidables. Je travaille d’une part comme coloriste pour bandes dessinées, d’autre part comme formatrice de Photoshop à l’université, et je suis aussi freelance. J’aime énormément faire tout ça. A côté, j’ai quelques projets personnels – peindre pour un livre que j’aimerais publier un jour.

 

 

 

 

Ci-droite : Linda Bergkvist et son chat Azrael à Umea, en Suède. —>

 

 

 

 

Style de peinture
J’aime les éléments visuels présents dans les contes de fées. Tout ce qui est fantastique, surnaturel, et pas vraiment réel me fascine au plus haut point. Je crois que je suis folle des vieux contes cruels, ceux où la méchanceté se camoufle par de jolies formes. Je pense que d’une certaine manière, j’aime strictement les mêmes choses que dans ma vie – un mélange de fantastique, d’horreur, et un brin d’idéalisme romantique.

 

 

Nelicquele
« La forêt avait des teintes d’ambre et de mousse, et les ombres étaient d’un violet au murmure crépusculaire, pareil à la couleur de ses yeux. A l’endroit où la profondeur de ces ombres se fondaient dans l’obscurité, elle put les voir. Elles. Les ténèbres naissantes des abysses. Ces ténèbres qui s’ouvraient et menaçaient par moments de l’engloutir – ces ténèbres qui se glisseraient à ses pieds et couvriraient l’ourlet de sa robe d’infimes baisers. C’était un sentiment auquel elle s’était habituée – vivre là, au bord de sombrer dans le noir sans fin. C’était un sentiment qu’elle avait appris à aimer. »

 

 

 

Quand j’ai commencé à peindre Nelicquele, je n’était pas franchement sûre de ce que j’allais faire. J’avais une vision dans mon esprit, mais je ne savais pas vraiment ce que c’était au premier abord. J’ai commencé par faire un fond marron foncé, j’ai dessiné des formes jusqu’à ce qu’elle apparaisse – d’abord l’angle de son visage et son expression, ensuite les épaules, les hanches et la jupe. J’ai su qui elle était au moment où je lui ai dessiné les yeux – et l’histoire qui allait avec, derrière son visage dévoilé. Le premier élan d’inspiration a été l’œuvre de grands maîtres en peinture, mais par la suite, l’inspiration elle-même est venue au moment où j’ai vu qu’il y avait une trace d’arrogance cachée dans ses yeux, et je savais que la plupart des gens ne le remarqueraient pas.

J’ai jonglé avec Photoshop 7 et Painter 7 du début à la fin de cette image et j’ai forcé mon côté perfectionniste à ne pas s’attarder sur les petits détails. Je voulais essayer quelque chose de nouveau, ce qui impliquait de ne pas travailler sur chaque ongle ou chaque pétale de rose, jusqu’à ce que l’ensemble devienne homogène, même lorsqu’on zoome de très près. A l’époque je m’engageais en territoire inconnu – au lieu de peindre avec un fort contraste, j’ai commencé à m’amuser avec des contrastes et une saturation faibles. Je voulais un effet de soie délavée.

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