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Ghost in the Shell 2017 – Rencontre avec le réalisateur et le superviseur VFX MPC

 3DVF – La séquence du combat final avec le tank de combat est aussi l’un des moments forts du film de Oshii. Comment avez-vous travaillé sur sa réinterprétation ?


Axel Bonami : Le concept originel du tank a été construit par le studio Vitaly. Ce fut notre point de départ. Il y a eu quelques modifications en cours de chemin pour prendre en compte des besoins liés au storytelling et à l’animation, mais le résultat est resté très proche de l’original.
Le rigging est finalement assez simple et se base sur un rig en rigid body. Il y avait beaucoup de pistons et d’engrenages, et il fallait donc se concentrer la mise en place des contrôles dont l’équipe avait besoin, tout en respectant les contraintes des pièces mécaniques, afin que le résultat soit cohérent et ressemble à une vraie machine.

Nous avons étudié le mouvement de nombreux objets et équipements massifs et lourds. Il a fallu faire den nombreux essais pour déterminer la façon dont le tank allait bouger ses pattes, sa tête et avoir du recul lors des tirs. Une fois que le personnage et le poids du tank ont pu être établis, il ne restait plus qu’à l’intégrer au plan.

 

 L’environnement de la séquence s’inspire d’un vrai lieu existant à Hong-kong, la place circulaire existe réellement. Notre équipe a photographié tout ce dont nous avions besoin sur place pour reconstruire la scène  3D. Dans le film il s’agit d’une zone abandonnée. Notre équipe environnements a donc créés plusieurs blocs de bâtiments abandonnés, et notre équipe Techn Anim y a ajouté de la vie avec des câbles suspendus et des bâches en mouvement. La scène a été tournée à Wellington en recréant partiellement le décor, et l’équipe a ensuite  ajouté des débris. Puis nous avons tout détruit avec la mitrailleuse calibre 50mm du tank et ses missiles !

La destruction a été l’aspect le plus simple et direct de la production : MPC a énormément d’expérience sur les effets de destruction et d’explosions. Nous avons employé Kali (notre outil interne primé aux Oscars scientifiques et Techniques) pour les plus gros plans d’explosion, mais aussi Houdini en complément, sous la supervision 3D de Damien Stumpf. Le résultat final combine des éléments réels à ces effets numériques créés pour améliorer l’aspect visuel : explosions secondaires, débris, fumée…

 3DVF – Pour avoir une idée du travail qu’a demandé ce projet, aurais-tu quelques chiffres permettant de prendre un peu de recul ?


Axel Bonami :  Nous avons culminé à 600 artistes environ pendant les derniers mois de la production, et nous avons sans doute atteint les 800 au total au temps fort du projet pendant plus de 12 mois.
Pour les données, le volume est de l’ordre de 1,2 petabyte (1 200 000Gb), ce n’est pas vraiment quelque chose qu’on peut stocker chez soi… Le premier plan de Ghost Cam dure 1 minute environ, et prendrait 15 ans à rendre sur une unique station de travail moderne ! En plus du travail humain technique et créatif, il faut aussi compter sur un peu de puissance de calcul.

Pour ce qui concerne MPC, nous avons finalisé près de 1000 plans répartis sur près de 80 minutes du film.

 3DVF – Selon toi, quel a été le principal défi sur ce film ?


Axel Bonami : En fait, les défis principaux sont toujours le délai et la difficulté de créer un univers visuel à la fois époustouflant et crédible, qui servent le scénario et la vision du réalisateur.
Nous y sommes parvenus en combinant notre meilleure équipe de talents, un solide soutien en production, et beaucoup de travail. Le meilleur souvenir, pour moi, a été de faire partie d’une très bonne équipe, d’avoir surmonté un processus créatif si complexe. J’espère que le résultat est bon !

 

 3DVF – Merci Axel pour ce retour d’expérience ! Pour terminer un petit mot sur l’actualité du studio MPC à venir et les opportunités de rejoindre vos rangs pour les lecteurs de 3DVF qui seraient tentés par l’aventure ? 


Axel Bonami :  Nous avons de très gros projets de prévus, comme Le Roi Lion ou Blade Runner 2049, et nous cherchons en permanence de nouveaux talents pour tous nos départements. Il y a de grands films sur lesquels travailler, de grosses opportunités pour faire évoluer ses compétences et construire une vraie carrière. MPC vient juste de remporter l’Oscar des meilleurs effets visuels pour Le Livre de la Jungle, ce dont nous sommes très fiers, et nous allons continuer à repousser les limites des effets visuels. Mais cela n’est possible qu’avec l’aide d’un gros travail d’équipe de tous nos artistes et nos équipes de production !

 3DVF : Pour la mise en oeuvre de ce dossier, un grand merci à Ruper Sander, Axel Bonami, Séverine Lajarrige, Michèle Abitbol, Jonny Vale, les studios Paramount, Moving Picture Company et Weta Workshop.

Images courtesy Paramount

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