Assassin’s Creed – Raphael Lacoste

Lecteur de 3DVF depuis la première heure, nous avons vu Raphaël partir au Canada chez Ubisoft il y a quelques années pour y vivre une expérience folle, redonner vie à l’univers de Jordan Mechner : Prince of Persia.

La trilogie des 3 nouveaux POP, immédiatement suivit par la production d’Assassin’s Creed lui ont permis d’éprouvers des univers graphiques forts et impressionnaments chargés pour du temps réel.

Désormais en place chez la société RodéoFX, Raphaël partage avec nous ses dernières années d’expérience…

 

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3DVF : Raphaël, merci de nous acorder un peu de ton temps. Pour commencer un petit retour en arrière, peux-tu nous raconter ce qui t’a mené à la création numérique. Comment tout à démarré ?

Raphaël Lacoste : Eh bien sorti des Beaux Arts, après 4 ans d’études je ne voyais pas trop ce que je pourrais faire dans la vie à part devenir prof ou artiste conceptuel et exposer des vidéos qui tournent en boucle dans des musées 😉

J’avais en tête des projets plus « fun », mais je ne savais pas vraiment vers quoi me diriger; ma famille avait une vision assez traditionnelle de la réussite personnelle, même si elle m’a soutenu, cela a finalement été un parcours un peu tordu pour que je trouve finalement ma voie.

J’avais fait mes premiers images numériques en 1996 pour un projet de pièce de théâtre qui finalement est devenue un spectacle,  » Le Petit Prince » d’Antoine de Saint Exupéry. A cette époque, je travaillais plus ou moins bénévolement pour des amis qui avaient une compagnie de théâtre « les Pygmalions »; ils restent d’ailleurs assez actifs ces temps-ci sur Bordeaux au Théâtre du pont tournant.
Ma Mission avait consisté a créer des images numériques qui seraient projetées sur un écran géant en fond de scène à partir de projecteurs 6KWatts! Cette expérience fut humainement unique et le spectacle a eu un certain succès en région Bordelaise en mai 1997, au milieu de la cité mondiale. Mon père a bien compris que c’était vers l’image numérique que je devais m’orienter. Il décida de subventionner ce centre d’intérêt en m’équipant de mon tout premier PC; on a ensuite Max 1.1 et tout a commencé…


Je fis une démo seul dans ma mansarde, qui me permit de rentrer au CNBDI d’Angoulême. Là bas, j’ai appris par moi même et aussi grâce à des professeurs uniques tels que le (ndlr : très, trop…) regretté René Laloux et Gilbert Louet. J’ai réalisé sur place un court métrage, « Nîumb » qui fut projeté a Imagina et au Siggraph en 2000. Cela m’a ouvert la porte a mon premier emploi, en tant que Level Artist chez Kalisto. J’avais aussi été approché par Shelley Page de Dreamworks mais curieusement, j’ai eu peur à ce moment là de traverser l’océan, et surtout je n’étais pas encore assez mûr!


3DVF : Peux-tu nous parler de ton arrivé à Montréal et ce que tu as eu l’occasion d’y faire ces dernières années ?

Raphaël Lacoste : Montréal, ce fut un peu un choc culturel au début. Nous avons tout quitté en 3 semaines, tout vendu pour débarquer au Québec, mais la conjoncture en France était assez catastrophique et le pont d’or offert par Ubisoft ne pouvait pas être refusé…
Coïncidence, ils m’ont appelé après avoir découvert mon site internet, une semaine avant que Kalisto ne dépose le bilan !

 


En arrivant à Montréal, j’ai directement mis les pieds dans les pompes de Directeur Artistique sur Prince of Persia – The Sands of Time. Il a donc fallu gérer un choc culturel en Amérique du Nord et trouver une vision Artistique pour un jeu qui se cherchait alors complètement ! Autant dire que le début a été plutôt difficile ! Mais je n’ai pas lâché, je suis assez têtu et tenace devant les défis, même si j’y laisse parfois des plumes… Je quittais un simple poste de Level Artist à Kalisto sur des projets avortés, pour un projet de cette ampleur… Le défi était immense !



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