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Rencontre avec Julien Vanhoenacker, VFX Director en Thaïlande

Julien Vanhoenacker

Julien Vanhoenacker

Nous avons récemment eu l’occasion de vous présenter A Drop, un court-métrage réalisé par Julien Vanhoenacker.

Ce dernier est VFX Director au sein du studio thaïlandais The Post Bangkok, depuis plus de 5 ans. Nous vous proposons aujourd’hui revenir plus en détails sur son parcours et son travail actuel, mais aussi sur ses projets. L’occasion également d’évoquer le studio The Post Bangkok et le marché 3D/VFX en Thaïlande.

3DVF : Bonjour Julien, pour commencer, peux-tu nous présenter en quelques lignes ton parcours ? Comment es-tu plongé dans le secteur 3D/VFX ?

Julien Vanhoenacker : Comme beaucoup, j’étais fan de jeux vidéo étant petit, NES, Atari etc., et je me demandais comment faire mes propres jeux. Plus tard, l’émission L’oeil du cyclone sur Canal+ et les rétrospectives Imagina m’ont également beaucoup impressionné et fait découvrir l’école Supinfocom à Valenciennes. Après 4 années magiques a Supinfocom je me suis lancé dans l’industrie des jeux vidéo comme désiré. Après un an fructueux et de fortes envies de voyage, j’ai décidé de m’expatrier en Asie et de voir ce que j’y trouverais. Fraîchement débarqué en Thailande, je réalise que les jeux ne sont pas vraiment un marché porteur et bifurque alors dans la pub et les VFX.

Julien Vanhoenacker
3DVF – De 2003 à 2010, tu étais VFX Supervisor chez Digital Magic, à Bangkok. Quelques mots sur ton expérience chez eux ?

Julien Vanhoenacker : J’ai vraiment beaucoup appris chez Digital Magic. Quand j’ai rejoint cette boite en tant que simple généraliste 3D, l’équipe comptait une dizaine d’artistes et était relativement inorganisée, mais avec un fort potentiel.
Cette petite taille et un boss ouvert d’esprit m’ont permis de faire mes marques et d’être reconnu. Tout en apprenant les techniques liées aux effets spéciaux (supervision sur set, compositing, tracking, grading etc…), j’ai eu l’opportunité de mettre en place leur première renderfarm, un pipeline simple et efficace mais aussi de superviser et travailler sur des projets créatifs avec beaucoup de liberté. D’autres artistes thaï, français et étrangers nous ont rejoint, notre équipe a vite grandi en taille et efficacité, et l’entreprise s’est fait un nom.

DM Showreel Vol.4 from Digital Magic on Vimeo.

Julien Vanhoenacker
3DVF : Depuis plus de 5 ans, tu es en poste au sein du studio de post-production The Post Bangkok , toujours en Thaïlande. Comment es-tu arrivé dans cette société ?

Julien Vanhoenacker : Le monde de la production et post-production en Thaïlande fonctionne beaucoup sur la réputation.
Il y a eu une période de changement où The Post Bangkok a décidé de mettre en place la meilleure équipe 3D possible a Bangkok en débauchant les meilleurs artistes. Ils m’ont fait une offre intéressante financièrement, mais c’était surtout l’idée de bosser avec les meilleurs (dont plusieurs sont des amis proches) qui m’a décidée.
Julien Vanhoenacker

Cicle – PVT from Julien Vanhoenacker on Vimeo.

3DVF : Peux-tu nous présenter le studio et ses activités ? Quels sont vos services, marchés et clients ?

Julien Vanhoenacker : The Post Bangkok a un large panel de services. En Grading nous avons parmi les meilleurs coloristes d’Asie sur DaVinci Resolve et Baselight. Notre département Online et ses quelques 12 Flames est réputé pour les cosmétiques et cheveux, et notre departement 3D est également reputé sur tout le continent. Nos clients sont donc principalement situés en Asie, avec la Chine qui devient un marché de plus en plus consequent.

Julien Vanhoenacker
Julien Vanhoenacker


3DVF : Quelques mots sur votre pipeline logiciel ?
3DVF : Quelle est la taille de la société ? Combien y a-t-il d’artistes, en moyenne ?

Julien Vanhoenacker : Notre entreprise a environ 130 employés, tous départements confondus. Dont 14 artistes Flame, 4 coloristes et 27 artistes 3D/compositing.


Julien Vanhoenacker : Notre pipeline est resté simple mais efficace, basé autour de Max/Maya et Resolve/Nuke. Nous n’avons pas de software maison ou d’outils custom particuliers, je pense que la qualité de nos produits est principalement due à l’oeil et au talent de chacun, le tout soutenu par une bonne renderfarm evidement.

 

Julien Vanhoenacker
3DVF : Au sein de The Post Bangkok, tu joues le rôle de VFX Director. Concrètement, quelles sont tes responsabilités au quotidien, et tes interactions avec les artistes ?

Julien Vanhoenacker : VFX Director n’est pas un rôle classique et j’improvise mes responsabilités un peu à chaque projet. Il s’agit en règle générale d’être réalisateur et superviseur simultanément, ce qui est idéal pour les projets lourds en 3D où un réalisateur conventionnel serait perdu dans la technicité.

En tant que réalisateur, je suis en charge du projet globalement, je décide d’une direction, d’un style que je vais ensuite proposer à l’agence et au client (dans le cas d’une pub). Par la suite je m’assure que la production se déroule correctement dans les paramètres voulus, du casting au shooting, de l’editing à la post-production. A cause de cette double responsabilité réalisateur/superviseur il y a parfois des moments un peu schizophrènes, mais la plupart du temps c’est un gain de temps, de simplicité et d’efficacité qui est au bénéfice du produit final.

Julien Vanhoenacker

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