Reflexion

Court-métrage : Réflexion (Planktoon / Cosmo Studio)

Nous suivons l’équipe de Planktoon depuis leurs débuts, et c’est toujours un plaisir de pouvoir vous parler en détail de leurs projets.


Sorti l’an dernier et primé dans de nombreux festivals dont un prix  » Best In Show Award » au SIGGRAPH 2012, nous revenons ici sur la création et la fabrication du court-métrage « Réflexion », réalisé chez Planktoon et Cosmo Studio par Yoshimichi Tamura. Une animation digne des plus grands films de Disney et un rendu étonnant basé sur Renderman et le moteur français Mode of Expression qui offre au final un résultat le moins surprenant pour de l’image de synthèse…

A mi-chemin entre techniques 2D et 3D, nous vous invitons à voir ou revoir ce court-métrage avant de passer à notre interview de l’équipe.

Crédits du court-métrage :

Directors: Yoshimichi Tamura, Planktoon
Assistant Director: Marine Séraphin
Producer: Planktoon
Original Idea: Yoshimichi Tamura
Original Music: Guillaume Poyet
Voices: Honorine Sajan (Louise), Fabrice Senia (Jules)
Storyboard: Yoshimichi Tamura
Artistic development: Lauren Airriess, Lorelay Bove, Floriane Marchix, Yoshimichi Tamura

Post-production: Cosmo studio
Modeling characters and props: Nicolas Duthatco
Modeling Background: Célestin Salomon
Setup: Quentin Auger, Benoît Guillou
Dynamics: Enis Kaya
Research and Development: Julien Duchesne, Olivier Roux
Texturing: Stéphanie Baillod
Matte painting: Jean-Michel Trauscht, Stéphanie Baillod, Benjamin Bardou
Layout artists: Christèle Jolens, Mehdi Tebbakh
2D animators: Baptiste Rogron, Chloé Roux, Nawell Sdiri, Jérémy Macedo, Tracy Nowocien
3D animation supervisor: Fabrice Senia
3D animators: Guillaume Deparis, Alexandre Henri, Christèle Jolens, Chloé Lang-Willar, Vincent Lemaire, Patricia Magniez

Rendering supervisor: Sun Limet
Render artists: Julien Duchesne, Vincent Duponchel, Nicolas Duthatco, Louis Fremont, Thomas Mothe, Aurélien Rantet
Compositing: Gaëlle Bossis, Julien Duchesne, Julien Goepp, Thomas Mothe, Joël Pitrel
Color grading: Mathieu Caplanne

Software developer: Anaël Seghezzi

Sound post-production: Talkover
Sound design: Laurianne Capaldi
Musicians: Hervé Bécart (batterie), Jean Clairefond (contrebasse), Jessica Laurès (flûte)
Raphaêl Maillet (violon), Matthieu Vonin (piano/cor)
Music editing: Etienne Colin

thanks: Alban Lelièvre, Sébastien Pribile, Gino Gambas, Razi Buzozo, Côme Jalibert, Stéphan Vinel, Redha Zaïm, Julien Desplanques, Mathieu Hue, Natacha Ravlic, Rémi Bezançon, Billy, Ron Clements, Jérémie Goubareff, Boris Hertzog, Glen Keane, Jean-Christophe Lie, Fabio Lignini, Sylvaine Mella, Dominique Monféry, John Musker, Cyprien Nozières, Grégory Panteix, Franck Petitta, Arthur Qwak, Ladislas Gueros, Anne-Claire Leroux

3DVF : Pour ceux qui ne connaitraient pas encore Planktoon, pouvez-vous vous présenter ?

Planktoon : Planktoon se focalise sur l’aspect créatif des projets : character design, réalisation, concept design, pitch, etc. Depuis peu nous avons créé notre propre studio de fabrication. Nous sommes cinq associés : Sun Limet, Alban Lelièvre, Fabrice Sénia, Alexandre Henri et Sébastien Pribile. Nous sommes spécialisé dans l’animation sous toutes ses formes, nous testons de nouvelles techniques et approches artistiques,  2D , 3D et mix média. Le but est de développer des rendus qui se démarquent.

3DVF : Concrètement, comment s’est passée la collaboration et l’organisation avec Yoshi ?

Planktoon :  Yoshi a évoqué avec nous ce qui était encore un embryon de projet de court et de scénario. A l’époque Planktoon était encore trop informel et le projet de Yoshi trop embryonnaire pour se lancer, Nous avons  donc convenu de se recontacter un peu plus tard… 3 ou 4 ans après, Yoshi est revenu vers nous. Nous lui avons proposé une co-réalisation,  et il a accepté. Nous lui avons apporté nos compétences en 3D, et lui ses connaissances en 2D.
Il venait une fois par semaine rencontrer l’équipe et faire un état d’avancement du projet. Généralement, il n’avait pas de modifications majeures à nous donner, puisque la préproduction avait été particulièrement poussée. Le storyboard et le colorboard nous donnaient une excellente bonne base de travail, et nous avions tout le nécessaire pour une bonne autonomie. Il a tout de même supervisé les animateurs pour toute la partie en animation 2D de la fabrication, et il a même animé certaines parties. Au fil du temps, une relation d’amitié s’est créée entre lui et nous ; nous n’avons pas de projet futur à l’heure actuelle, mais s’il revient nous voir avec un autre court, pourquoi pas !

3DVF : Quel a été le calendrier du projet ?


Planktoon :  Au total, nous avons passé un an sur le projet : 3-4 mois en préprod, 8 mois et demi de fabrication mais en gardant en tête que nous n’étions pas à plein temps sur le projet.


3DVF : Combien de personnes ont travaillé sur le projet, au total ?


Planktoon :   Il y a 50 ou 60 personnes au générique, en comptant la totalité du projet (animation, son, etc), dont une trentaine pour la fabrication des images.

3DVF : Quels ont été vos références sur le film, notamment pour l’animation ?


Planktoon : Nous nous sommes inspiré des films de Disney, tel que les 101 Dalmatiens et d’autres films d’animation des années 60-70. Pour les références couleurs, nous sommes partis du film Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany’s) de Blake Edwards (1961). Pour la musique, George Gershwin a été l’inspiration principale. Il y a eu un gros travail à ce niveau ; c’était évidemment essentiel vu l’importance du son dans le projet. Cette partie a été faite à partir de l’animatique puis en parallèle du court, de façon à pouvoir bien caler le son sur l’image. Il y a eu un vrai travail de collaboration pour aboutir à une narration musicale. La voix a aussi été beaucoup travaillée, le sujet étant évidemment difficile puisque deux personnalités, deux personnages doivent être véhiculés par Honorine Sajan (Louise dans le court).

La voix a été enregistrée en amont, c’est plus simple pour le travail d’animation et le lip-sync. Certains artistes ont aussi utilisé la vidéo de la performance pour la gestuelle du personnage dans le court. Les gestes spontanés sont toujours précieux pour les animateurs, surtout quand le mouvement est subtil comme ici. Pour nous, il était important que le personnage soit « féminin ». La présence de plusieurs animatrices a d’ailleurs sans doute beaucoup joué.

3DVF : Pour l’animation 2D, comment avez-vous travaillé ?


Planktoon :  En animation traditionnelle, en fait une partie a été faite chez Cosmo Studio.

3DVF : Et concernant la 3D et le compositing ?


Planktoon :  Nous avons utilisé Nuke et Maya.

3DVF : Comment avez-vous travaillé sur les décors ?


Planktoon :  Toute la première séquence est caméra mappée (escaliers, rue, séquence du verre). Pour la suite, ce sont des matte paintings, à l’exception des commodes puisqu’elles devaient être animées et que l’on avait besoin d(utiliser la 3D pour créer les effets de reflet.

3DVF : Justement, pouvez-vous nous en dire plus sur ce reflet ?

Planktoon :  Il nous a fallu tricher, décaler le reflet et créer un personnage fictif avec son éclairage spécifique.

3DVF : Comment s’est passé le travail sur la musique ?

Planktoon : La musique est composée par Guillaume Poyet; il s’est très vite montré intéressé par le projet. A partir de la référence de Gershwin, en une ou deux semaines il nous a présenté une maquette, et ça a très bien marché. Nous avons ensuite fait des enregistrements chez lui, dans son studio avec Yoshi, on rebondissait d’idée en idée. La musique a été construite au fur et à mesure du projet, et nous sommes très satisfaits du résultat.


3DVF : Au niveau du rendu, comment avez-vous travaillé ?


Planktoon :  Nous avons utilisé Renderman Studio puis Mode of Expression, un logiciel propriétaire de postprocessing. NUKE a également eu un impact énorme, pour mixer des patterns 2D avec la 3D. Il y a eu énormément de roto-paint, avec un travail image par image sur certains plans pour que les spectateurs ne remarquent pas les transitions et voient les passages entre la 2D et la 3D : en fait, le personnage principal est en 2D sur certains plans et non en 3D !


Mode of Expression a été appliqué uniquement sur les parties animées en 3D, avec une utilisation spécifique plan par plan. Le but était de rendre la technique transparente, qu’on ne se préoccupe pas de savoir s’il s’agit de 2D ou 3D : le spectateur doit simplement se plonger dans de belles images et dans l’histoire, sans déceler à quel moment on passe de l’un à l’autre.

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