Pourquoi NVIDIA met 40 milliards sur la table pour racheter ARM

NVIDIA annonce la signature d’un accord avec la société Softbank pour racheter ARM. La firme connue pour ses cartes graphiques débourse pas moins de 40 milliards de dollars pour cette acquisition.

Mais au fait, que fait ARM ?

Si le groupe ARM est partout, il convient tout de même de rappeler son activité. ARM est spécialisée dans le développement de processeurs et la mise au point de technologies de pointe. L’entité ne produit pas directement ses puces, mais permet à ses clients d’utiliser ses brevets et architectures. Si vous avez un smartphone, une tablette, une Switch ou encore des objets connectés, il y a de fortes chances pour que ces objets s’appuient sur les technologies ARM.
On retrouve également ARM au sein des ordinateurs portables (comme les prochains MacBook) ou encore les serveurs.

Vous l’aurez compris, le groupe a une importance capitale. Concurrent direct d’AMD et Intel sur certains marchés, ARM est par ailleurs déjà liée à NVIDIA : la puce mobile Tegra de NVIDIA, qui est présente dans la Nintendo Switch, est issue d’une architecture ARM.

L’élément déclencheur

Mi juillet, le Wall Street Journal a annoncé que SoftBank -holding japonaise qui avait elle-même mis la main sur ARM en 2016 pour 32 milliards de dollars- cherchait à faire fructifier son investissement, avec au choix une mise en bourse ou une revente. Des groupes comme Apple, Intel, NVIDIA ou encore Google étant alors pressentis pour un rachat.

Or, un rachat d’ARM par une société high-tech tierce aurait pu poser des défis à NVIDIA, qui serait devenue dépendante des décisions stratégiques d’entreprises dont les intérêts ne sont pas forcément les siens.
En outre, mettre la main sur ARM permettrait à NVIDIA de poursuivre sa stratégie de développement par l’intelligence artificielle. NVIDIA ne s’en cache pas : son annonce insiste lourdement sur l’IA, et le fait que le rachat permettra au groupe de s’étendre sur des marchés juteux.

En clair : racheter ARM permet à NVIDIA d’éliminer dans l’oeuf des défis potentiels, et renforce sa stratégie.

12 milliards en cash

En pratique, la transaction se fera à la fois en cash (12 milliards de dollars dont 2 dès la signature) et 21,5 milliards en actions NVIDIA. 5 milliards sont prévus en bonus sous certaines conditions.
Tout ceci signifie donc au passage que Softbank va redevenir actionnaire de NVIDIA (mais en restant sous les 10%, d’après le communiqué).

Des validations et beaucoup d’attente

Le processus d’acquisition prendra du temps. Il faut s’attendre à de nombreux mois de formalités, notamment car les autorités en charge du respect de la concurrence (au Royaume-Uni, en Chine, UE et USA) devront donner leur feu vert.

Pour satisfaire ces dernières, NVIDIA précise d’ores et déjà sa volonté de laisser ARM opérer de façon relativement indépendante : poursuite de la politique de neutralité vis-à-vis des clients, politique ouverte sur les licences.
L’annonce évoque aussi des investissements au Royaume Uni, ce qui n’a rien d’un hasard : ARM en est originaire, et les autorités locales auront donc leur mot à dire. Le siège historique, à Cambridge, ne bougera donc pas et sera même renforcé. De quoi attirer des emplois et faciliter les formalités du côté britannique.

Il convient donc désormais d’attendre les réactions des autorités de la concurrence, qui imposeront sans doute un cadre précis à NVIDIA.
Les concurrents de NVIDIA, de leur côté, vont évidemment suivre le dossier de près.

En bref

Le sujet étant complexe, résumons la situation : NVIDIA annonce le rachat d’ARM auprès du groupe japonais Softbank.
NVIDIA compte notamment s’appuyer sur ARM, dont les technologies sont présentes sur de nombreux marchés high-tech telles que les smartphones, serveurs, consoles, pour renforcer son développement autour de l’IA et s’assurer un avenir juteux.
Enfin, ce rachat massif bouleverse fortement le secteur des hautes technologies, et devra donc être validé par les autorités de la concurrence. Un processus qui pourrait prendre 18 mois environ.

Via NVIDIA, NextINpact, Numerama.

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