Accueil » Annecy 2014 : Quatre longs-métrages, quatre études de cas

Annecy 2014 : Quatre longs-métrages, quatre études de cas

Temps de lecture : 4 minutes

Le chant de la mer, Un monde truqué, Richard the Stork et Yellowbird (anciennement Gus) : quatre films d’animation à différents stades d’avancement étaient présentés mercredi matin au Festival d’Annecy.

Conference

Comme chaque année, une conférence organisée à la chambre des métiers d’Annecy est revenue sur une série de projets animés. L’occasion de revenir sur l’évolution des modes de financement, mais aussi sur les aspects techniques de la fabrication des différents films.

Richard the Stork

La productrice Kristine Knudsen de Knudsen & Streuber a entamé les hostilités avec le projet Richard The Stork, accompagnée d’Eric Goossens, producteur chez Walking the Dog.

Doté d’un budget de 10 millions d’euros, le film devrait sortir en 2016, et met en scène un moineau orphelin. Recueilli par des cigognes, il se prendra pour l’une d’elles. Physiquement incapable de participer à la migration annuelle, il tentera tout de même de suivre sa famille adoptive, accompagné par des oiseaux rencontrés en chemin : une chouette pygmée géante au look gothique, et un petit perroquet passionné de musique disco. Tous trois partiront du Nord de l’Allemagne pour passer ensuite par la France, l’Italie puis le Maroc.
La production de ce « road-movie aérien », est répartie entre plusieurs studios : Walking The Dog, Rise VFX, Bug, Studio 352 et studio Rakete. Kristine Knudsen a d’ailleurs précisé que ce point a été délicat à gérer : définir quel studio, quel pays travaille sur telle ou telle partie du projet demande une certaine diplomatie. Bien évidemment, une communication au quotidien est aussi nécessaire, de même qu’un bon système de gestion des assets.

Les premières images de production que nous avons pu découvrir nous ont laissé une bonne impression, avec un character design attrayant. L’an prochain sera sans doute l’occasion d’en voir un peu plus !

Stork

Un monde Truqué

Marc Jousset (producteur) de Je Suis Bien Content est revenu sur un projet ambitieux : un film d’animation adapté d’une création originale de Tardi, grand nom de la bande dessinée.
Doté d’un budget de 9 millions d’euros (une somme qui fut longue à rassembler), le projet met en scène Avril, jeune femme interprétée par Marion Cotillard, dans un Paris steampunk. Un univers graphique au fort potentiel, qui sera retranscrit par un mélange de 2D et 3D.

Ici encore, il s’agit d’une coproduction, la France étant la source principale des fonds (2/3 de la somme). Le projet avance bien, et devrait être terminé en mars prochain, pour une sortie à l’été ou l’hiver 2015.

Malheureusement, nous n’avons pas eu droit à beaucoup d’images : seul le pilote du projet, très réussi mais déjà ancien, a été diffusé. Nous sommes donc restés sur notre faim…

Monde

Le Chant de la Mer

Paul Young, PDG de Cartoon Saloon, nous a de son côté présenté un film d’animation irlandais quasi finalisé, très poétique : Le Chant de la Mer. Avec ses graphismes arrondis et son ambiance particulière, le projet nous a séduits.
Young a également brièvement évoqué Hobsoft, un outil de gestion de production collaboratif.
Le film sortira en décembre prochain en France.

Song of the sea

Yellowbird

Enfin, Guillaume Hellouin, le président de TeamTO, est revenu sur Yellowbird (anciennement titré Gus), déjà évoqué sur 3DVF via une interview. Ce projet représente une transition pour le studio, qui travaillait pour la première fois sur un long-métrage.
Plusieurs défis ont été relevés :
– la gestion des plumes, modélisées de façon non réaliste, avec des formes proches d’écailles (300 à 200 000 par oiseau). Pour les animer, le studio a développé un outil maison en partenariat avec l’INRIA, qui utilise un modèle masse-ressort et gère les collisions.
Malgré un développement pensé pour faciliter le travail des artistes (une intégration dans Maya et une interface graphique, la gestion des champs de force dans Maya pour que les plumes réagissent au vent), l’outil comporte des inconvénients : il demande par exemple une phase de précalcul.
– la gestion des nuages : les outils existants, ne permettent souvent pas de positionner précisément les nuages et proposent un style vaporeux uniforme. Là encore, un outil dédié a donc été mis en place ; il permet de créer une banque de cumulus sous forme de surfaces, qui sont « remplies » par la suite pour donner les nuages volumiques. Le système permet un contôle artistique poussé. La colorimétrie se fait après le rendu, en deep compositing.
– la gestion du relief : un outil développé en interne facilite grandement le travail sur la stéréoscopie, avec gestion de la continuité du relief entre les plans, réglages et retours en temps réel. De quoi commencer à plancher sur le relief dès le layout, et finir le travail sur une séquence en une demi journée, bien plus rapidement que sur la plupart des produits du marché.

Avec un budget de 8,5 millions d’euros, et une fabrication de l’image 100% made in France, Yellowbird sortira début 2015 au cinéma.

Gus

A Lire également