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Critique : Dragons 2, retour réussi pour DreamWorks (Rappel)

Temps de lecture : 5 minutes

Mise à jour du 2 juillet : le film sort aujourd’hui dans les salles françaises, nous vous invitons donc à lire notre critique si ce n’est déjà fait !
Publication initiale le 6 juin 2014.

Quatre ans après la sortie de Dragons, DreamWorks nous propose cet été de replonger dans un univers de vikings et dragons.
Que vaut ce nouvel opus ? Nous avons pu voir le long-métrage en avant-première, et vous proposons donc notre critique.

Dragons 2

Un univers renouvelé

Dragons 2 s’ouvre cinq ans après la fin du premier volet. Harold (Hiccup en VO) et Astrid ont désormais une vingtaine d’années, et les deux personnages sont amoureux l’un de l’autre.
Le village des vikings, lui, a bien changé : les dragons font toujours partie du quotidien, mais sont désormais des alliés. Une véritable infrastructure a été construite pour faire cohabiter humains et monstres volants.

Harold est toujours aussi inventif et passionné par le vol. Ses explorations le conduiront à découvrir, loin du village, une vallée dévastée. Deux personnages feront alors leur apparition dont Drago, l’antagoniste principal du film, bien décidé à contrôler tous les dragons pour assouvir sa soif de puissance.
Harold et ses compagnons avec ou sans écailles devront tenter de faire face à cette terrible menace.

Dragons 2

Harold, Astrid et les autres

L’introduction de nouveaux personnages permet de rajouter du sang neuf au casting. En parallèle, faire mûrir les personnages du premier opus était un pari osé, mais pleinement réussi par DreamWorks. Les visages ont changé, les personnalités se sont approfondies : de quoi renouveler et ne pas lasser.

En ce qui concerne le design, le studio a là aussi fourni un gros travail : les personnages vieillis sont crédibles, les nouveaux dragons variés, colorés et franchement réussis. On regrettera par contre que les villageois soient assez génériques : entrevus dans quelques scènes et avec un design un peu fade, ils sont trop impersonnels pour que l’on puisse les considérer autrement que comme un tout, une foule à laquelle on s’attache peu. Les approfondir, via des designs plus marqués et un ou deux plans leur donnant plus de corps, aurait pu augmenter l’implication du spectateur.

Du côté des décors, enfin, moins se focaliser sur le village permet un renouvellement bienvenu et l’arrivée de grands espaces.

Dragons 2

Dragons 2

Dragons 2

Une animation de qualité

Sans surprise, les animateurs des studios DreamWorks ont fait un très bon travail. Les personnages principaux sont dans l’ensemble très bien traités, en particulier en ce qui concerne l’animation faciale. Une mention particulière pour le forgeron et pour Stoik, père de Harold, dont les trognes marquées par une vie de viking foisonnent d’expressions.

Dans un autre registre, on appréciera la relation entre Harold et Astrid, traitée au cours d’une scène de façon intelligente : plutôt que de nous présenter un langoureux baiser, Dead DeBlois opte pour un subtil mélange de complicité et maladresse entre les deux personnages. Les animateurs DreamWorks ont une fois de plus fait des merveilles.

Enfin, Krokmou (Toothless en VO) et les autres dragons du film sont parfaits, et leur comportement souvent léger contribue fortement à l’humour du film. Comme dans le premier volet, chacun a sa personnalité propre, souvent inspirée d’animaux réels.

Dragons 2

Effets, relief et mise en scène

DreamWorks a souvent utilisé les FX au services de ses films, et Dragons 2 ne déroge pas à la règle. Feu, eau, nuages mais aussi et surtout neige et glace sont présents en quantité et au service de l’histoire. Les effets de gel, développés sous Houdini, sont parfaits.

Le film sort bien évidemment en relief. Bien traité, il donne de la matière aux personnages et aux décors : ici une écaille, ailleurs la fourrure d’un manteau ou la barbe de Stoick, là encore les détails des costumes réhaussés et mis en valeur. La stéréoscopie améliore également la lisibilité de certains plans assez touffus, notamment dans le village.
Le travail de mise en scène se combine relativement bien avec le relief, en particulier lorsque les plus gros dragons sont à l’écran. Le parti pris rappelle celui de Godzilla, avec une caméra le plus souvent à hauteur humaine, qui augmente l’impression de gigantisme des créatures.

Dragons 2

Une réussite

La thématique de ce nouvel opus s’articule avec celle du précédent. Après s’être interrogé sur la façon de se comporter face à l’inconnu (les dragons sont-ils un danger à combattre, ou peuvent-ils être des amis, voire des alliés ?), la licence s’intéresse ici à la puissance : la force des dragons est-elle destinée à être contrôlée et subjugée, ou à être utilisée sous forme de symbiose ?
Dragons 2 traite en fait des dragons comme s’ils étaient une invention, une découverte terrifiante et désormais domestiquée, qui aurait la capacité de devenir une arme, mais aussi une force au service de la paix.

Dragons 2

Certes, le film comporte quelques bémols, comme la hiérarchie des dragons dont les explications semblent contredire certains points du film, ou, comme indiqué plus haut, le fait que les villageois auraient gagné à bénéficier d’un peu plus de temps à l’écran.

Mais ces éléments restent mineurs : entre dragons adorables et personnages attachants, l’épopée de Harold et Krokmou est une franche réussite. DreamWorks confirme ici la force de sa licence, et la qualité de ses artistes.

Dean DeBlois a toutes les chances de séduire un large public avec ce projet, d’autant plus qu’en l’absence de film des studios Pixar, la concurrence sera faible cet été. Après un Turbo vite oublié et Mr. Peabody & Sherman, licence qui a peiné à séduire le public, DreamWorks a donc toutes les clés en main pour renouer avec les succès les plus imposants de son histoire.

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