GDC 2013 : #1ReasonToBe, vidéo de la conférence sur la place des femmes dans le secteur du Jeu Vidéo

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GDC 2013

Lors de la dernière Game Developper Conference, un panel composé de femmes du secteur du jeu vidéo a proposé une conférence sur certains problèmes qu’elles peuvent rencontrer en raison de leur genre. La vidéo de l’évènement, #1ReasonToBe, est désormais en ligne.

La conférence faisait suite à plusieurs campagnes sur Twitter, et notamment au Hashtag #1reasonwhy via lequel de nombreuses femmes du secteur avaient partagé leur expérience du sexisme au sein même des studios et évènements de l’industrie du jeu vidéo.

GDC 2013 - femmes et secteur du jeu vidéo
Capture d’écran de la présentation, sur GDCVault ; le menu de gauche permet d’aller directement à une section donnée de la présentation.

La conférence de la GDC avait pour but de revenir sur ces problèmes, mais aussi sur les solutions à apporter.
Le panel était composé de :
Brenda Romero, game designer et cofondatrice du studio Loot Drop, dans le secteur du jeu depuis 1981. Nous l’avions déjà mentionnée en juin 2012 suite à des critiques lors de l’E3 sur l’omniprésence des “babes” ;
Robin Hunicke, game designer et productrice de jeu vidéo, cofondatrice de Funomena ;
Elizabeth Sampat, game designer chez Storm8,
Mattie Brice, critique de jeux vidéo ;
Leigh Alexander, éditrice de Gamasutra ;
Kim McAuliffe, game designer chez Microsoft Studios.

Différents sujets ont été évoqués, des deux côtés de la manette de jeu. Par exemple, le fait que le joueur est la plupart du temps considéré comme masculin par défaut, alors même que le public est désormais paritaire ; la représentation souvent stéréotypée des femmes dans les jeux, réduites à des princesses à sauver ou disposant d’une armure pour le moins minimaliste.
Du côté des femmes travaillant dans le secteur, Elizabeth Sampat a par exemple souligné que certains collègues semblent incapables de prendre une collègue féminine au sérieux.
Brenda Romero a sans surprise une fois de plus dénoncé les babes. Elle a cherché à démontrer ses propos par l’exemple, avec une présentation ponctuée d’images d’hommes sexualisés. Une inversion des rôles destinée à faire comprendre le malaise que peut générer cette objectification systématique.

GDC 2013 - Brenda Romero

Pour autant, les femmes du panel ne comptent pas changer de secteur : elles sont revenues sur le hashtag #1ReasonToBe, qui avait servi sur Twitter aux femmes du secteur pour détailler les raisons pour lesquelles elles aiment leur métier. Il avait été lancé par Rhianna Pratchett, scénariste de jeux vidéo (le dernier Tomb Raider, Mirror’s Edge et Heavenly Sword font partie de ses projets passés). Et ne demandent, finalement, que les moyens de pouvoir l’exercer sans subir de façon récurrente certaines dérives sexistes.

Comme pour démontrer que les propos du panel étaient justifiés, quelques heures plus tard l’IGDA (International Game Developers Association) organisait une soirée… au cours de laquelle des danseuses peu vêtues servaient d’animation.
Brenda Romero, membre du bureau du groupe Women in Games de l’IGDA, a immédiatement démissionné de ses fonctions, suivie par plusieurs autres personnes malgré les excuses de l’IGDA. Polygon.com propose un compte-rendu détaillé de l’incident.

La vidéo du panel est en ligne sur GDCVault, et dure 1 heure environ. Pour un résumé écrit, on se tournera vers VentureBeat ou GameIndustry International.

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