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Canon 5D MkIII : le point pour le HDRI et la vidéo

Temps de lecture : 3 minutes

5D MKIII

Canon a annoncé vendredi dernier le lancement du 5D MkIII. Ce réflex à destination des amateurs éclairés et professionnels vient remplacer le 5DMkII, boîtier vieillissant.
De nombreux sites ont déjà publié la fiche technique et une analyse complète de la partie photo du boîtier, comme LeMondeDeLaPhoto ou lense.fr.
Nous ne nous attarderons donc pas sur cet aspect, et nous vous proposons plutôt une analyse sur deux points particuliers : l’utilisation pour prise de vue HDRI et la vidéo.

– La capture de light probes HDRI pour l’Image-Based Lighting est un processus encore fastidieux. Pour une qualité optimale, il faudra prendre plusieurs clichés à différentes expositions d’une sphère réfléchissante, ou réaliser une photo panoramique (par exemple à l’aide d’un fisheye).
Problème, certains constructeurs délaissent totalement cet utilisation – qui, il faut bien l’avouer, est une niche -. Canon en fait partie, le 7D ne permettant par exemple qu’un bracketing automatique sur 3 prises de vue. Autrement dit, on peut prendre automatiquement trois photos d’affilées à trois expositions différentes (une exposition fixée par l’utilisateur, un cliché sous-exposé, le dernier surexposé), mais pas plus. Pour des scènes ayant une grande gamme dynamique (des zones très sombres et d’autres très claires), c’est insuffisant.
3DVF ayant pu avoir accès à un exemplaire du 5DMkIII, nous avons donc immédiatement vérifié ce qu’il en était sur ce nouveau boîtier. Résultat, il est possible de prendre 3, 5 ou 7 clichés en bracketing automatique. Une excellente nouvelle, qui place le boîtier au niveau de la série 1D/1Ds. Mieux encore, l’écart entre les expositions peut monter jusqu’à 3IL, avec des paliers de 1/3 ou 1/2 IL.
Reste qu’il est assez frustrant de voir que les constructeurs brident artificiellement leurs boîtiers pour séparer leurs gammes : améliorer les possibilités en bracketing sur un 7D ou même un 600D ne demanderait que quelques lignes de code…
Canon a aussi intégré un mode « HDR » dans son boîtier, mais qui consiste en fait à proposer du tonemapping à partir de trois clichés. Une option certes intéressante mais qui ne nous concerne pas ici.

Sur le plan de la vidéo, les ingénieurs de Canon semblent avoir bien travaillé, mais l’ensemble reste perfectible.
– Une touche dédiée pour passer de photo à vidéo est présente, comme sur le 7D.
– L’enregistrement vidéo reste limité à 30 minutes, la faute à des taxes supplémentaires pour Canon dans le cas contraire (l’appareil prenant une classification de caméra vidéo, et plus d’appareil photo). Sur certains boîtiers, il est possible de contourner l’obstacle en utilisant un système de stockage externe pour stocker directement la vidéo haute définition hors du boîtier, et dépasser cette limite : ce n’est pas le cas ici. De l’aveu même du responsable Canon que nous avons interrogé, il s’agit ici d’une volonté de segmenter la gamme.
– Ceci étant dit, le refroidissement du capteur a été énormément amélioré : sur les boîtiers précédents, la chauffe conduisait à une extinction automatique, après avoir filmé entre 15 et 30 minutes de vidéo. Selon les conditions de prise de vue, il pourrait ici être possible d’enchaîner les prises de vue de 30 minutes…
– On pourra regretter le fait que l’écran n’est pas orientable, un plus en vidéo. Selon Canon, le but était de ne pas compromettre la protection tout temps de l’appareil.
– Les vidéos de présentation font penser que le rolling shutter a été nettement amélioré.
– Le bruit a lui aussi été revu à la baisse, permettant de travailler à une sensibilité plus élevée.
– Il est possible de contrôler manuellement le volume sonore, ajout d’une prise casque de contrôle en plus de la prise micro : une très bonne nouvelle !
– On note une amélioration notable du moiré et de l’aliasing.
– Un système de doubles cartes (CF et SD) permet, selon le réglage, de séparer le stockage des photos et vidéos, ou de sauvegarder automatiquement les prises de vue. De quoi éviter un raté en cas de problème de carte.
– Toujours pas de 60 images/secondes en 1080p… Les amateurs de slow-motion resteront à 720p.
– Gestion de deux types de timecode.

Victorimage a eu accès à un boîtier en avant-première, et a filmé en une soirée un clip qui donne une bonne idée à la fois des performances en basse lumière et du rolling shutter (vers 2:22) :
(la montage a été effectué en 20 minutes, et les images sont directement issues de la caméra, sans modification en post).

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