Annecy 2019 : précarité en hausse pour les scénaristes du secteur de l’animation TV française, selon la SACD

SACD
Ci-dessus : graphe extrait de l’étude.

A l’occasion du Festival d’Annecy 2019, la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) a dévoilé les résultats d’une étude sur les conditions de travail des scénaristes de l’animation télévisée française.
Commandée auprès de Sciences Po et du CNRS, l’enquête s’appuie sur des entretiens et questionnaires mis en place entre novembre 2018 et avril 2019. Elle a été menée par Maxime Besanval, chargé de recherche au Centre de Sociologie des Organisations de Sciences Po et au CNRS.

L’enquête rappelle que le métier est composé d’une population assez homogène : essentiellement des hommes très diplômés et plus âgés que la population française active moyenne.

Ses conclusions sur les évolutions de conditions de travail sont assez tranchées et peu réjouissantes : comme l’explique la SACD dans son communiqué, « la profession est confrontée à une restructuration de son marché de l’emploi et des conditions de travail (notamment l’augmentation du nombre de scénaristes par projet et la baisse du nombre d’épisodes confiés à chacun d’entre eux) ». Comprendre : la précarité du secteur est en hausse, avec notamment une augmentation de « l’incertitude et des écarts de rémunération ». En raison notamment du « travail non-rémunéré », de plus en plus de scénaristes en sont réduits à cumuler les emplois et activités. 

L’enquête souligne aussi que les contrats se concentrent sur un nombre réduit d’auteurs, alors que beaucoup d’autres peinent à s’insérer. En cause : un recrutement qui se fait moins sur des critères de talent pur que via les relations et connaissances. Le graphe reproduit plus haut montre ainsi assez clairement que les offres d’emploi représentent une part négligeable dans l’obtention de nouveaux contrats. On peut aussi imaginer que l’importance des relations pré-existantes rend l’accès au secteur difficile pour les nouveaux entrants.

Pour la SACD, cette étude est l’occasion de souligner ce qu’elle considère très nettement comme une « sous-valorisation du métier et de l’expérience » des professionnels, qui ne sont pas rémunérés à leur juste valeur.
L’étude complète (28 pages) est en accès libre sous forme de PDF.

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