Critique : Terra Willy, un voyage dans les étoiles par TAT productions

Terra Willy

Aujourd’hui sort dans les salles françaises le film d’animation Terra Willy – Planète Inconnue, réalisé par Eric Tosti chez TAT Productions. Distribué par Bac Films, Terra Willy dispose d’un budget de production d’environ 6 millions d’euros.

Après nous avoir proposé un film issu de la licences Les As de la Jungle, l’équipe toulousaine de TAT Productions nous présente ici un voyage bien plus lointain. Suite à la destruction de leur vaisseau spatial, un couple et leur jeune garçon se retrouvent séparés. C’est ce dernier que nous suivrons durant le film : sa capsule de sauvetage s’écrase sur une planète mystérieuse sur laquelle il lui faudra survivre en attendant d’être secouru… Il pourra compter sur l’aide de Buck, un robot sphérique protecteur et facétieux incarné par Edouard Baer, mais aussi de Flash, sorte de chien extraterreste à 8 pattes. Cet improbable trio partira à la découverte de la planète, mais aussi de ses multiples dangers.

Terra Willy nous propose donc un schéma relativement classique : un jeune personnage séparé de ses proches, qui devra jouer au Robinson Crusoé improvisé (couplé ici à un rôle de naturaliste, le jeune Willy disposant d’un appareil pour cataloguer ses découvertes) et survivre grâce à des compagnons croisés en chemin. Une formule qui, à défaut d’être novatrice, est plutôt bien gérée.

David Alaux, Eric et Jean-François Tosti résument finalement assez bien le projet dans le dossier de presse du film :

Après Les As de la Jungle – le film, qui mettait en scène une douzaine de personnages principaux, nous avions envie de faire autre chose, avec un seul personnage (humain) principal, un film «simple», avec une histoire «simple» (qui s’est évidemment enrichie au fil des réécritures). Nous avions aussi l’envie de mettre en avant l’idée de «découverte», d’émerveillement et d’ouverture à l’autre… Et on rêvait de faire un vrai film de SF pour enfants !

Si la simplicité est parfaitement adaptée au coeur de cible du film, les adultes risquent du coup trouver l’intrigue relativement prévisible dans l’ensemble. Ils pourront en revanche apprécier l’univers visuel du long-métrage. En effet, les équipes de TAT Productions ont manifestement laissé leur imagination vagabonder et mettent en scène une avalanche de décors et créatures, avec un foisonnement très sympathique et coloré qui n’est pas sans évoquer le Croods des studios DreamWorks. On sent une volonté de TAT Productions de proposer une vraie diversité visuelle, quitte à se créer volontairement des difficultés : on imagine par exemple qu’animer Flash et ses 8 pattes n’a pas été de tout repos. On pourra donc saluer ici le travail de Benoît Daffis (création graphique et direction artistique des personnages), Laurent Houis (décors) ainsi que celui de l’ensemble des artistes ayant donné vie à cet univers.

Techniquement, l’ensemble est bien maîtrisé : nous n’en attendions pas moins de la part de TAT Productions.

En résumé, Terra Willy devrait donc plaire aux enfants par son scénario et son message sur l’amitié, des éléments classiques mais qui ont déjà prouvé leur efficacité, ainsi que par son humour. Les adultes, eux, se focaliseront surtout sur l’aspect visuel et pourront se laisser porter de paysage en créature, de végétation luxuriante en séquence d’action.

Une note concernant le design d’un des personnages : si Buck peut sembler très proche du BB-8 de Star Wars, il s’agit évidemment d’une coïncidence. Son développement a commencé avant que BB-8 n’envahisse les écrans. L’équipe de TAT Productions a même été obligée de changer les coloris en voyant les premières images venues des studios Disney : les croquis initiaux, finalisés quelques mois plus tôt, prévoyaient un Buck blanc et orange vif…

Précisons pour finir que TAT Productions ne compte pas en rester là. Les équipes développent d’ores et déjà d’autres projets de longs-métrages : Les aventures de Pil, Argonautes et Les As de la Jungle 2. L’entreprise compte donc bien poursuivre sa route au cinéma, sans pour autant négliger le petit écran : l’aboutissement d’une stratégie de longue durée, avec une montée en puissance du studio et la mise en place au fil des ans d’un pipeline à même de pouvoir soutenir les contraintes d’un long-métrage.

TERRA WILLY Bande-Annonce Officielle VF (2019) from tatprod on Vimeo.

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