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PIDS 2019 : Nicolas Deveaux revient sur le ballet d’escargots de 1 mètre/heure

1 mètre/heure

Le 31 janvier dernier, le réalisateur Nicolas Deveaux a profité du Paris Images Digital Summit pour revenir sur son dernier court-métrage : 1 mètre/heure, visible ci-dessous par l’intermédiaire d’Arte (jusqu’au 12/10/2019).

Ce projet vient parachever la trilogie animalière de Nicolas Deveaux, après l’éléphant sportif de 7 tonnes 2 (renommé en 7 tonnes 3 pour sa version relief) et les girafes plongeuses de 5 mètres 80 (les deux films sont visibles en fin d’article). 1 mètre/heure met en scène des animaux a priori peu adaptés à de la danse : des escargots. Nicolas Deveaux a cependant judicieusement joué sur l’écoulement du temps pour nous proposer un ballet de gastéropodes.
Le tout a sans surprise été fabriqué au sein du studio Cube Creative, où Nicolas Deveaux officie.

Nicolas Deveaux
Nicolas Deveaux

Nicolas Deveaux et Sylvain Grain (directeur de production chez Cube) sont revenus sur la genèse du film, avec bien évidemment une importante phase de recherche autour des escargots (apparence, mouvements). Ils nous ont présenté la conception du ballet : une session de deux jours avec deux danseurs et le chorégraphe Philippe Decouflé ont permis d’établir la chorégraphie épousant la musique de Pierre Le Bourgeois. Il ne s’agissait pas ici de demander aux danseurs de mimer des escargots, mais plutôt de travailler sur des enchaînements, des logiques de déplacement qui pourraient ensuite être transposées sur les animaux.
Toujours dans cette idée de mettre la danse au centre, le travail sur l’animatique s’est fait d’abord sur la chorégraphie : ce n’est qu’une fois celle-ci mise en place que le travail sur les caméras a débuté.

Du côté technique, Nicolas Deveaux n’a pas forcément choisi la facilité : il souhaitait travailler en 4K relief (la stéréoscopie fonctionne relativement bien pour des plans macro), avec une approche photoréaliste et de longs timelapses.
Pour y parvenir, un mélange de procédés a été employé. Les coquilles ont été créées par photogrammétrie sous Photoscan, tandis que le corps des escargots a été modélisé de façon classique. Des séances photo avec différents modèles (avec et sans reflets, à l’aide d’un filtre polarisant) ont permis d’avoir une bonne idée de l’apparence des escargots sous différentes lumières : un point essentiel pour avoir un shading de qualité qui devait fonctionner quel que soit l’éclairage de la scène.

Sylvain Grain
Sylvain Grain

L’éclairage, d’ailleurs, a fait l’objet d’une approche assez particulière : les cieux visibles dans le court sont bien réels, et l’équipe a capturé des panoramiques HDRI en… 20K ! Une résolution qui peut sembler bien trop élevée, mais qui s’explique par le fait que ces panoramiques servaient aussi de fonds et que le court-métrage emploie des focales assez longues.

Un autre aspect complexe du projet concernait l’aéroport. Le soutien d’Air France et de Paris Aéroport a été crucial, et l’équipe a pu disposer de nombreuses références pour l’avion et ses alentours. Des éléments live ont même pu être filmés.
Cube a ensuite pu reconstituer une section entière de l’aéroport, avec des véhicules en mouvements, de façon à générer les timelapses du projet. L’avion a lui aussi nécessité un gros travail, puisqu’il est visible à la fois sur des plans larges et en macro.
Au final, l’équipe a jonglé avec des bases de données colossales et plusieurs dizaines de maps 8K.

Derrière un concept artistique d’apparence simple, Nicolas Deveaux et l’équipe de Cube se sont donc surpassés techniquement pour concrétiser la vision initiale.

Voici pour finir un making-of vidéo du court, suivi par les précédents projets de Nicolas Deveaux : 5 mètres 80 et 7 tonnes 3.

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