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PIDS 2019 : Le point sur l’emploi dans le secteur VFX en France

PIDS 2019 - CNC Audiens

Le Paris Images Digital Summit se tenait du 30 janvier au 2 février dernier. Outre des conférences et études de cas sur lesquelles nous allons avoir l’occasion de revenir, un volet de tables rondes intitulées PIDSBIZ dressaient un état des lieux du secteur.

Danièle Sartori (CNC) et Anne-Charlotte Kopp (Audiens) nous ont proposé des chiffres sur l’emploi dans les effets visuels : il s’agit ici de la continuation directe du rapport que nous vous avions présenté l’an passé.

Il convient donc de rappeler son contexte : cette enquête a pour vocation d’être le pendant des rapports réguliers déjà proposés dans le secteur de l’animation.
CNC et Audiens s’appuient ici sur les données à disposition des organismes (intitulés de postes, fiches de paie) ce qui conduit nécessairement à une marge d’erreur, difficile à évaluer : en effet, de nombreuses personnes font un travail qui ne correspond pas à l’intitulé de leur poste. C’est le cas par exemple de personnes ayant une double casquette ressources humaines/gestion commerciale, mais dont l’intitulé de poste ne liste qu’une de ces responsabilités.
Autre biais méthodologique rappelé par CNC et Audiens : face à la difficulté d’analyse concernant les studios qui ont un pied dans les VFX et un autre dans l’animation, le choix a été fait d’attribuer à chaque entreprise une catégorie unique : VFX ou animation, mais pas les deux. Une décision qui peut poser question mais qui s’explique par le fait que le CNC cherche à  analyser séparément les évolutions de secteurs bénéficiant d’aides distinctes : indispensable pour mesurer l’efficacité de celles-ci.

Passons maintenant aux chiffres proprement dits. Notez que comme l’an passé, il y a un décalage lié notamment au temps d’analyse : les chiffres donnés en ce début 2019 sont donc ceux de l’année 2017.
Notez aussi que le PDF complet de l’étude est disponible sur le site du CNC.

Toujours plus d’emploi

Le volume d’emplois dans le secteur continue de croître en 2017, avec une dynamique forte depuis 2015. Au total, on compte désormais environ 4000 emplois dans les effets visuels en France.

Emploi

Emploi

Le nombre d’entreprises, lui, est relativement stable : la concentration reste donc similaire. On notera à ce propos qu’une poignée d’entreprises regroupe l’essentiel de la masse salariale : 69% de celle-ci est regroupée dans les 10 plus gros studios !

Concentration

Répartition géographique : Paris, encore et toujours

CNC et Audiens nous proposent des cartes sur la répartition des entreprises et de la masse salariale. La seconde carte est cependant trompeuse : les personnes employées ont été liées géographiquement au siège social de leur groupe, ce qui masque évidemment le cas d’entreprises disposant d’un siège parisien et d’un ou plusieurs autres studios en province.

Reste que la tendance globale est claire : une forte concentration en région parisienne.

Géographie

Une hausse des CDI et CDD

En ce qui concerne le type de contrat, CNC et Audiens notent 23% de contrats dits permanents (CDI, CDD) contre 76% d’intermittents (CDD d’Usage).
La hausse du nombre de CDI est peut-être, indiquent le CNC et Audiens, à relier à une concurrence avec les territoires étrangers (Royaume-Uni, Canada) qui pousserait les entreprises françaises à proposer des contrats plus avantageux pour fidéliser et conserver certains salariés.

Contrats

Un secteur qui prend de l’âge

On note une hausse d’effectifs plus âgés dans le secteur. Il convient de rester prudent dans les analyses, mais il pourrait s’agir ici d’un phénomène de « seniorisation » des effectifs. Attention, il s’agit ici d’une interprétation, d’autant que l’enquête est une photographie instantanée, pas un suivi de carrière des personnes ciblées.

Age

Egalité homme/femme

Comme l’an passé, le CNC et Audiens ont analysé les différences liées au genre. Si la présence des femmes se renforce dans les effets visuels, on est encore loin des ratios présents en animation. On notera aussi que les femmes restent surreprésentées dans certains domaines (administratif, RH, suivi de production) et sous-représentées dans les catégories qui comptent le plus d’effectifs.

Un point à noter dans les graphiques : le segment TD/R&D relativement faible en France (5,4%) contre 10% à l’international. En cause, la taille réduite de nombreux studios français : les grosses entités peuvent plus facilement dégager des ressources pour ce type de poste.

Genre

Effets visuels, animation : quelles différences ?

Place ensuite à quelques données pour mettre en parallèle les secteurs des effets visuels et de l’animation. On note principalement que l’animation fait bien plus souvent appel au CDDU (intermittence). Autre information : les différences sont bien plus fortes en ce qui concerne les CDI que pour les intermittents. Les chiffres dans ce dernier cas (parité, répartition par âge) sont très similaires.

VFX Animation

Enfin, la porosité entre les deux milieux continue évidemment à exister, et concerne surtout les profils d’infographistes : réalisateurs, spécialistes R&D ou encore chargés de production ont tendance à rester dans le même secteur.

Mobilité

Pour aller plus loin

Comme nous l’indiquions en début d’article, le PDF complet de l’étude est disponible sur le site du CNC. Nous suivrons évidemment dans les années à venir les futures éditions de cette enquête.

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