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Au Coeur Des Ombres : découvrez le court-métrage en pixilation nommé aux César

Au Coeur des Ombres

Mise à jour du 30 janvier : ajout de précisions sur le court-métrage.
Publication initiale le 28 janvier 2018.

Arte a mis en ligne le court-métrage franco-portugais Au Coeur des Ombres, réalisé par Monica Santos et Alice Guimaraes. Comme nous vous l’avions indiqué la semaine passée, ce film de 13 minutes a été nommé aux César pour la catégorie du meilleur court-métrage d’animation.
Les réalisatrices ont adopté la pixilation et la stop-motion : des méthodes déjà employées sur leur premier film, Amelia & Duarte. Elles rendent ici hommage au genre du film noir.

Dans un monde surréaliste où les cœurs peuvent être déposés à la banque pour éviter de tomber amoureux, Natália part à l’aventure avec un homme pour l’aider à retrouver son cœur volé.

Porté par Vivement Lundi ! (Rennes), Animais (Porto) et Um Segundo Filmes (Porto), Au Coeur des Ombres a été filmé en studios et décors réels à Porto. Les choix techniques ont permis de gérer certains effets directement à ce stade (comme le tiroir sortant du buste de l’héroïne, ou le lit truqué pour la scène d’amour). Néanmoins, la majorité des effets ont été pris en charge par le studio rennais Personne n’est parfait !. Vivement Lundi ! nous donne quelques détails sur cette partie du projet :

L’enjeu était de s’inscrire dans l’esthétique « art déco surréaliste » impulsée par les réalisatrices à partir d’un matériau « photo-réaliste », qui nécessitait donc des effets « photo-réalistes ».
Il y avait par exemple des décors à créer, souvent en 3D comme le premier plan du film, celui d’une ville imaginée à partir d’une photo de la gare de Porto sur laquelle se lève une aube étrange, mais qui épouse les volumes des immeubles.
Des éléments de « texture » qui se prêtent mal à la discontinuité du travail en pixilation comme les vibrations lumineuses, la pluie ou les nappes de fumée dans le bar, ont été rajoutés en postproduction à partir d’éléments de tournage et de synthèse.
Le principal défi était la création et l’intégration des Ombres.
Selon les scènes, plusieurs techniques différentes ont été utilisées : la plupart du temps nous avons utilisé des éléments de tournage sur fond vert qui nous permettaient d’isoler le jeu des « acteurs-ombres » et de les projeter sur des modélisations en 3D des décors pour reproduire leurs déformations.
Mais ce rendu 3D étant parfois « trop réaliste », les ombres ont été également triturées « à la main » en 2D, pour les rendre plus étranges.
Enfin, le « diable étant dans les détails », le plus grand soin a été apporté aux retouches du tournage, qui notamment sur les scènes d’extérieurs comportaient souvent des anomalies.
Car si les acteurs consentent à se transformer en marionnettes pour la pixilation, les oiseaux, les feuilles d’arbre ou les passants s’en désintéressent totalement…

La vidéo restera accessible jusqu’au 22 juin.

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