Nostalgie : Il y a 100 ans, le premier documentaire animé

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Lusitania

Le documentaire animé est un genre assez rare, mais loin d’être nouveau. En 1918, Winsor McCay réalisait The Sinking of the Lusitania, un court-métrage muet de 12 minutes (ce qui était pour l’époque particulièrement long et potentiellement un record).

Le documentaire, retrace le naufrage en 1915 du RMS Lusitania, un paquebot transatlantique torpillé par un sous-marin allemand. 1198 personnes périrent dans le naufrage, dont 128 américains (les chiffres exacts du bilan varient selon les sources). Par ailleurs, si à l’époque l’information avait été soigneusement cachée, une cargaison de munitions était aussi à bord.

Cette tragédie eut un rôle majeur dans le conflit mondial : malgré l’absence de réaction immédiate, elle fut un facteur majeur dans l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Winsor McCay (à qui l’on doit aussi Little Nemo et Gertie The Dinosaur) finança le projet avec ses propres moyens : son employeur, le puissant homme d’affaires et patron de presse William Randolph Hearst, était opposé à l’entrée des USA dans le conflit mondial et souhaitait minimiser l’importance du naufrage. Inversement, ce serait le patriotisme qui aurait incité Winsor McCay à se lancer dans la production du film.

The Sinking of the Lusitania est visible ci-dessous dans son intégralité. Il mêle séquences animées, live-action et photographies. La reconstitution est minutieuse et détaillée : on notera en particulier l’impressionnante séquence de l’explosion de la torpille à partir de 3 minutes 57, la mise à la mer des canots vers 6 minutes 40 suivie d’une seconde explosion, et à partir de 7 minutes 43 le naufrage proprement dit, avec des passages se jetant à l’eau. Le tout évoque visuellement des films plus tardifs : on ne peut évidemment s’empêcher de faire des rapprochements avec le Titanic de James Cameron.
Le film s’achète sur une mère noyée avec son enfant, puis sur un message fixe appelant ouvertement à haïr l’Empire Allemand.

Pour aller plus loin, nous vous invitons à consulter un article de Melissa Ferrari sur le film (et elle-même réalisatrice de documentaire animé). Elle en profite pour replacer cette pierre fondatrice de 1918 dans l’histoire plus large des documentaires en animation.

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