L’impression 3D continue d’avancer à grands pas, et nous vous proposons donc aujourd’hui un bilan des dernières annonces et informations dans le domaine : nouvelles imprimantes low-cost, nouveaux matériaux, évolution des prix, …

– 3D Systems rachète ZCorp, Vidar et les technologies Huntsman
3D Systems voudrait-il devenir l’Autodesk de l’impression 3D ? La société, qui propose des machines sur l’intégralité du marché (du low-cost avec BotMill aux machines haut de gamme), annonce le rachat de Z Corporation, connue en particulier pour ses imprimantes 3D couleur. Le rachat comporte aussi Vidar, société qui était détenue par le même groupe suédois que ZCorp et spécialisée dans le médical.
Simultanément, 3D Systems a aussi acquis des technologies du groupe Huntsman, qui se sépare de l’intégralité de sa branche stéréolothographie et prototypage. Huntsman développait de la résine dédiée à l’impression 3D ainsi qu’une machine, la Digitalis.

Les deux achats ont été réalisés pour des montants respectifs de 137 et 41 millions de dollars, le tout en cash.
Avec ces acquisitions, 3D Systems consolide sa place sur un marché en plein essor. Le rachat de ZCorp est sans doute le plus notable : la société était profitable, et apporte parts de marché, brevets et technologies à 3D Systems. Elle pourrait d’ailleurs signifier un bénéfice supplémentaire de 5 à 10 millions pour 3D Systems chaque année.
Comme le note par ailleurs Fabbaloo, blog spécialisé sur l’impression 3D, ZCorp était aussi le seul constructeur à proposer des imprimantes permettant d’imprimer en plusieurs couleurs directement sur le modèle. Le site évoque le rachat de Vidar en soulignant les possibilités de marché pour 3D Systems dans le secteur médical, mais émet aussi l’hypothèse que le groupe suédois propriétaire de ZCorp avait peut-être tout simplement obligé 3D Systems à acquérir Vidar s’il voulait ZCorp…

Le marché de l’impression 3D est désormais dominé par trois géants : Stratasys, Objet et 3D Systems.

– Sculpteo : nouveaux matériaux
L’imprimeur français Sculpteo étend sa gamme de matériaux. Pour rappel, Sculpteo propose un service d’impression en ligne, des services communautaires (les artistes peuvent proposer des modèles à la vente, qui seront imprimés par Sculpteo et expédiés directement à des tiers) ou encore des objets customisables (en particulier, figurines réalisées à partir de photos).
Deux types de matériaux viennent d’arriver :
– des plastiques colorés en couleurs vives (rouge, bleu, jaune, vert), qui sont en fait réalisés après l’impression : comme pour le noir, qui était déjà proposé, il s’agit en fait d’une teinture. Le coeur de l’objet reste donc blanc, mais une fine couche en surface est colorée, d’une épaisseur a priori suffisante pour résister à une usure normale de l’objet (petites égratignures).

Couleur

– Plus intéressant, un matériau argenté fait son apparition ! Une nouvelle qui permet à Sculpteo de répondre à la concurrence, et notamment à Shapeways (qui propose déjà argent et inox).

argent

Concrètement, plutôt que de faire le choix d’une impression dans la masse (objet totalement en métal), Sculpteo opte pour une technique plus économique : l’objet est imprimé en plastique, puis recouvert d’argent par électrolyse. la finition polie est réalisé à la main. Pour réaliser le bain d’électrolyse, l’objet est maintenu via une tige, et garde donc une petite marque ronde à cet endroit. Bien évidemment, Sculpteo s’arrangera dans la mesure du possible pour la placer dans une zone peu importante : pour le modèle du cheval, que nous avons pu examiner récemment, la marque avait été placée sous le ventre, et était donc quasi invisible en temps normal.
Les détails sont limités en raison du procédé : Sculpteo indique que les détails en creux doivent être de 3mm minimum, 2mm pour les détails en positif (bosses).

Par rapport à de l’impression massive, comme celle proposée par Shapeways, le niveau de détail est inférieur, et l’objet sera moins lourd. Le prix sera toutefois lui aussi plus léger… Comme toujours en impression 3D, il n’y a pas forcément de réponse unique à un problème, tout dépend du rendu souhaité et du budget.

A noter enfin, deux autres métaux devraient arriver rapidement : le cuivre (qui est en fait déjà présent dans la chaîne de production pour l’argent, puisqu’il sert de support lors de l’électrolyse : une fine couche de cuivre est présente sous l’argent), et l’or.
Les équipes R&D de Sculpteo travaillent également sur de nouvelles finitions, et il semble qu’un plastique lisse soit en préparation.

– Shapeways : grille tarifaire remise à jour
Chez Shapeways, autre imprimeur 3D en ligne, c’est toute la grille tarifaire qui a évolué. La raison : l’ancien système reposait uniquement sur le volume de matière, et aboutissait du même coup à des cas extrêmes : des objets parfois très rentables pour Shapeways (typiquement, un gros objet plein et sphérique), et à l’inverse des cas où la société perdait de l’argent (objet prenant beaucoup de place dans l’imprimante 3D, mais avec un volume de matière très réduit). Résultat, selon l’objet imprimé, Shapeways pouvait sembler très bon marché ou très cher par rapport à la concurrence.

Pour rétablir un modèle économique plus cohérent avec les coûts réels d’impression (et donc, on l’imagine, pour cesser de perdre de l’argent), Shapeways introduit un nouveau système :
Prix du modèle = prix du matériau (volume de matière)+prix de la manipulation (montant constant attribué à chaque matériau).
Prix d’une commende = somme des prix des objets + frais d’expédition.

La seconde équation servira à Shapeways pour inciter les utilisateurs à grouper leurs commandes, mais aussi et surtout à prendre en compte les frais plus élevés hors USA. Mauvaise nouvelle pour l’Europe, donc, même si la différence est limitée (3$).

– Shapeways : retour de la céramique
Après un premier lancement et des retours utilisateurs, Shapeways remet la céramique dans la liste de ses matériaux. Résultat, le matériau qui présentait autrefois une finition perfectible (bosses) est bien plus « propre » (un article spécifique revient sur ces améliorations). Le matériau final, lisse et brillant, est compatible avec un usage alimentaire et des températures élevées (mais ne passe pas au lave-vaisselle). Le coût est estimé en fonction de la surface. Comme pour l’électrolyse employée par Sculpteo pour l’argent, il y a ici rajout d’une couche sur l’objet imprimé, ce qui réduit les détails.

Shapeways

Le matériau reste tout de même assez onéreux par rapport aux produits grand public : comptez 30 à 50€ pour un mug. A réserver à des pièces uniques ou artistiques plus que pour imprimer tout votre service à café, donc.

Voici en vidéo un aperçu du processus complet :

– Shapeways achète ses propres machines
Shapeways annonce également avoir acquis une imprimante : jusqu’ici, la production était sous-traitée à 100% avec différents partenaires. Shapeways indique que les partenariats ne sont aucunement remis en cause, et l’on peut penser qu’il s’agit plutôt, à moyen ou long terme, d’arriver à un système de production « mixte » (production à la fois au sein de Shapeways et via des sous-traitants).

– Créer une patine sur du métal
Le blog de Shapeways revient sur différentes recettes pour créer des patines sur du métal, reprenant les informations mises en ligne par un des clients du site. Différentes teintes sont évoquées, sur plusieurs métaux : argent, cuivre, inox.
Des techniques qui seront utiles pour vieillir ou donner du cachet à un objet massif en argent ; attention toutefois aux objets plaqués (comme le nouveau matériau de Sculpteo), pas forcément conçus pour endurer certains des procédés cités, qui peuvent nécessiter de porter au rouge les métaux.

Patine

– Ownage, Protodemon 3D Volume Print : portés disparus ?
Trois sociétés d’impression 3D, Ownage, 3D Volume Print et protodemon, ont des sites en dérangement…
Chez Ownage, il semble qu’il ne s’agisse que d’une mise à jour, et un sujet sur Zbrush France semble confirmer qu’il est possible de les contacter directement en attendant la remise en ligne du site.
Chez Protodemon en revanche, le site semble totalement hors service. La société aurait-elle fermé ?
Enfin, pour 3D Volume Print, nous avons contacté la société pour en savoir plus. Réponse très bientôt, si tout va bien !

– Do It Yourself
Le blog Fabbaloo indique que plusieurs imprimantes très low-cost ou do-it-yourself (à monter soi-même), qui utilisaient jusqu’ici des filaments en plastique de 3mm, passent à une épaisseur de 1,75mm : les projets MakerBot, RepRap et BotMill sont concernés.
Ce changement de diamètre a plusieurs avantages : le fil est plus facile à chauffer pour l’impression, il peut s’enrouler sur des bobines plus petites (stockage plus pratique, machine potentiellement plus petites), moins de problèmes d’impression.

– Imprimantes Low-cost : nouveaux modèles
De nouvelles imprimantes 3D à usage personnel ou pour entreprises arrivent sur le marché ou sont mises à jour.
Le BotMill Glider, vendu sous forme de kit à assemble et tarifé sous la barre de 1500$, bénéficie d’une petite mise à jour. On notera surtout le support des filaments 1,75mm cités dans le point précédent.
Le système est vendu par 3D Systems, poids lourd du domaine des imprimantes 3D.

Botmill

Une autre machine low-cost, Solidoodle, fait son apparition. Là aussi, du filament de 1,75mm est utilisé. Les objets produits font jusqu’à 10cm de côté. La machine visible sur le site officiel laisse entrevoir une finition assez perfectible, mais il s’agit d’un prototype. Le produit est vendu sous la barre psychologique des 1000$.
Le site Fabaloo note que le modèle est construit à partir du design du RepRap, et qu’il s’agit pour le moment d’une production en petite série : une vingtaine de machines sont vendues dans un premier temps.

Solidoodle

La société Roland a de son côté mis en vente iModela, qui n’est pas une imprimante 3D au sens propre mais une machine CNC (Machine-outil à commande numérique). Autrement dit, ce n’est pas de l’impression qui est proposée, mais de l’enlèvement de matière dans un bloc de cire, bois de type balsa ou plastique. Côté prix, il faudra débourser 1000$ pour obtenir la machine.

imodela

– L’artiste Eric Van Straaten a mis en ligne sur son site plusieurs photos et vidéos de modèles imprimés, réalisés chez i.materialise en impression multicolore. Un bon moyen de voir ce que peut donner ce type de matériau à l’heure actuelle.

Eric Van Straaten

Notez pour finir que nous avons mis à jour notre dossier sur l’impression 3D en ligne pour refléter les mises à jours de matériaux, prix et sites en dérangement.

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