Otoy vs FStorm Render : l’affrontement se poursuit, au tribunal et en ligne

Otoy

En juin dernier, nous avions évoqué l’opposition judiciaire entre la société Otoy (éditeur du moteur OctaneRender) et Andrey Kozlov, ex employé d’Otoy devenu développeur du moteur de rendu (et donc concurrent) FStorm Render.
En résumé, Otoy accuse Kozlov de violation de copyright et de réutilisation du code d’Octane.

A l’époque, Otoy avait obtenu le blocage du site FStorm Render via la justice russe, la société PinkSoft créée par Andrey Kozlov ayant été lancée en Russie. Depuis, le site a de nouveau été rendu accessible.
L’opposition s’est poursuivie entre les deux parties. En parallèle de l’action en justice russe, une plainte avait été déposée en Nouvelle-Zélande, où Otoy dispose de bureaux et d’où travaillait Andrey Kozlov quand il était employé de l’entreprise.

Voici les deux derniers rebondissements en date.
Tout d’abord, la justice néo-zélandaise s’est prononcée en faveur d’Otoy lors d’une audience le 22 septembre dernier, avec 50 000 dollars de dommages (néo-zélandais, soit approximativement 29 000 euros). Le jugement comprend également des injonctions contre la vente de FStorm Render.

Autre élément : le 17 novembre, Jules Urbach, fondateur d’Otoy, a publié un article sur Medium dans lequel il évoque l’affaire. Outre un rappel de son point de vue et des évènements, il cherche principalement à prouver la culpabilité d’Andrey Kozlov en s’appuyant sur du code source : une démarche étonnante puisque les actions en justice sont en cours, et qui vise sans doute à convaincre les clients et le secteur 3D.

Andrey Kozlov a répondu le même jour sur le groupe Facebook du moteur FStorm Render. Il accuse Jules Urbach d’avoir écrit « un nouveau mensonge », avance que le code source n’a pas été au coeur de la plainte en Nouvelle-Zélande et affirme que la décision a été prise « sans les bonnes preuves ».
Il revient par ailleurs sur des points techniques de l’article Medium : la présence de mentions d’Octane dans le fichier SUO (un fichier lié à Visual Studio) n’est selon lui pas une preuve puisque ce fichier ne fait pas partie du code source, et qu’il a « ouvert des fichiers durant le développement d’Octane [alors qu’il était encore employé d’Otoy] quand [il] devait travailler de chez lui ». Les traces seraient donc tout simplement un historique des fichiers ouverts.
Il emploie par ailleurs des arguments qui peuvent surprendre, avançant que « même si l’on imagine que [les deux fichiers évoqués par Urbach] sont identiques », FStorm contient plus de 250 fichiers de code source et que cela « ne suffit pas » à prouver que FStorm est une copie d’Otoy. S’il est vrai que l’étendue de la copie éventuelle a son importance, le simple fait qu’il y ait copie (si ce point est avéré) pose problème, même si elle est mineure.
Il accuse également Otoy de reprendre à son compte du code open source puis de se l’approprier : selon lui, les similitudes évoquées par Urbach portent justement sur une portion open source (le QMC Sampler) qui n’appartient pas à Otoy.

A ce stade, les deux éditeurs poursuivent donc leur opposition à la fois dans les cours de justice et via des annonces publiques. Les propos sont parfois virulents : dans les commentaires liés à sa dernière déclaration, Andrey Kozlov traite par exemple Otoy « d’idiots ».

Nous ne prendrons évidemment pas partie sur le fond du conflit : sans un accès complet au dossier, difficile de se faire une opinion juridique éclairée. Sur la forme, cette avalanche de déclarations publiques alors que les plaintes sont encore en cours a de quoi étonner. Il est en particulier surprenant qu’Otoy se lance dans ce type de communication, au lieu d’attendre les décisions de justice.

Nous vous tiendrons évidemment informés des futurs développements de cette affaire.

Via Medium, Facebook, CGPress.

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