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Mon dernier concours gratuit : un concours du CDA dénonce l’exploitation des créatifs

CDA
Pierre d’Alteroche et Nicolas Pellerin de l’ECV Nantes.

Le Club des directeurs artistiques (CDA) a décidé de s’attaquer au travail gratuit dans les secteurs de la communication et de la publicité de façon atypique : via un concours au thème explicite, « Mon dernier concours gratuit ».

Lancé en fin d’année 2016 et destiné aux élèves d’écoles d’art/publicité/communication, le concours dénonce les « compétitions » qui sont en fait des essais déguisés, les plateformes de crowdsourcing qui cassent les prix et autres propositions « qui feront bien sur votre CV ».
L’annonce du concours était d’ailleurs très claire sur son objectif :

Concours étudiants de filières artistiques, plateformes de crowdsourcing créatif internationales, compétitions d’agences… L’économie du gratuit s’invite de plus en plus dans nos environnements professionnels.
Cette situation participe d’une perception légère, festive, poétique voire « tambolesque » (barbarisme auquel nous tenons) de nos métiers.
S’agit-il, du reste, vraiment d’un travail ? Et puisqu’il n’a pas de prix, a-t-il finalement de la valeur ?
La nature même de nos prestations, incluant une dimension subjective, favorise l’opportunisme des passeurs d’ordre. Ils peuvent ainsi, via les compétitions, imaginer multiplier les solutions à l’envi et profiter à bon compte d’idées généreusement offertes quitte à devoir faire face à l’embarras du choix…
Certains même, la main sur le coeur, prétendent aider un secteur en difficulté en donnant aux créatifs dans le besoin, via des plateformes en ligne, la chance de participer à un concours dont 1 sur 10, sur 20 ou sur 100 sortira vainqueur… On achève bien les chevaux.
À ce jeu là, « l’Ubérisation » de la création rapporte sans doute beaucoup à ceux qui l’organisent. Mais il est certain qu’elle ne rapporte pas beaucoup à la création.
Ces démarches posent toute la question de la valeur du travail fourni par les acteurs de notre industrie.
Aux premières loges, les graphistes, les DA, les CR, les designers qui portent depuis des siècles le fardeau de la cigale et de sa supposée inconséquence : Vous chantiez ?
J’en suis fort aise…
Non, la passion ne justifie pas le bénévolat. Leur peine mérite salaire, leurs réflexions constituent un vrai travail accompli, expert, cultivé, complexe qui doit être rémunéré à la hauteur de la valeur – symbolique ou objective – qu’il crée.

Résultat du concours : plus de 200 participants d’une vingtaine d’écoles. Les trois projets lauréats sont visibles ci-dessus et dessous ; on en retrouvera une dizaine d’autres sur le site du Monde.

CDA
En haut : Jérémy Hardy – Ecole Brassart – Campus Nantes
En bas : Camille Girard, Jyothi Godin et Onss Mhirsi – Ecole Estienne

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