Julien Deparis, directeur de l’école Mopa, a été licencié

MOPA

Créée en 2000 et petite sœur de la vénérable Supinfocom Valencienne ouverte en 1988, l’école Supinfocom Arles/MoPa a aujourd’hui acquis une renommée bien méritée à l’échelle internationale. On se souvient notamment de « À la française » pré-sélectionné aux Oscars en 2013 ou encore « Home Sweet Home » pour son Meilleur Film d’Animation au Siggraph.

« Motion Picture in Arles » que l’on appelle désormais « MoPa », était dirigée depuis 2009 par Julien Deparis. Ce matin, nous avons appris par différents biais qu’il venait d’être licencié, sans aucun préavis.

Ce renvoi lui aurait été signifié la semaine passée par le CIPEN (Cluster d’Innovation Pédagogique et Numérique), association affiliée à la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI) du Pays d’Arles.

Une situation complexe et confuse

Le journal La Provence est revenu sur les circonstances de l’affaire, dont les enjeux semblent complexes. Pour le moment, le CIPEN préfère ne pas communiquer sur les raisons du licenciement, et a indiqué à nos confrères de La Provence « être tenu à un devoir de réserve ».

La Provence cite plusieurs facteurs possibles, certains étant avancés par Julien Deparis : une histoire de facture téléphonique, un problème lié à un logiciel de gestion  de l’école, une remise en cause par Julien Deparis de la vision qu’a le CIPEN pour l’avenir de l’école, des différents liés à l’homologation de l’école… A noter aussi : Julien Deparis a indiqué que le CIPEN aurait mis en avant « de nouveaux griefs » à son encontre la semaine passée.

Tous les éléments ne sont évidemment pas connus. Quoiqu’il en soit, il semble clair que des tensions profondes sont à l’origine des différents entre le CIPEN/CCI et Julien Deparis, et que les oppositions duraient depuis un certain temps.

Une source proche de l’école nous indique par ailleurs que deux enseignants ont démissionné.

Des soutiens pour l’ancien directeur

Plusieurs voix se sont élevées pour affirmer leur soutien à l’ancien directeur.

– Tout d’abord, celle de René Broca (qui est notamment Coresponsable éditorial des conférences professionnelles du  Festival d’Annecy, fondateur du  RECA/Réseau des écoles du cinéma d’animation).
Dans une lettre ouverte, il parle de « Décision indigne, injustifiée, inspirée par on ne sait quelles mesquineries », qualifie le CIPEN de « saboteurs », et loue le travail de Julien Deparis. Pour René Broca, c’est le travail de l’ancien directeur qui a su placer l’école à son niveau de renommée actuel.
René Broca accuse en outre le CIPEN de prendre « en otages, en milieu d’année scolaire, les étudiants et leurs familles ». Selon lui, le renvoi risque de faire perdre à l’école sa crédibilité, « et donc son avenir ».

– Luce Grosjean, présidente de Sève Films (société de distribution et production basée à Arles), a également publié une lettre ouverte, à l’attention du CIPEN et du CCI.
Elle rappelle tout d’abord qu’elle a représenté les films MOPA depuis 2 ans, dans de nombreux festivals, et coordonné le RECA.
Elle exprime ensuite son « effroi », sa « stupeur et incompréhension » face à l’annonce du licenciement. Elle met en avant le travail de l’équipe pédagogique, composée pour elle de personnes qui « cherchent sans cesse à s’améliorer, se remettent en question avec un seul  objectif : servir l’étudiant, le rendre plus compétent et autonome ». Pour Luce Grosjean, c’est précisément Julien Deparis qui est à l’origine de cet état : selon elle, il ne comptait pas les heures de travail et a toujours voulu améliorer l’école, été un moteur pour l’équipe.
Elle souligne également que l’école joue énormément pour l’attractivité de la ville, et affirme que ce renvoi affectera l’ensemble du secteur de l’animation à Arles.
Comme René Broca, elle insiste sur la situation problématique dans laquelle sont mis les étudiants et leurs familles, alors qu’ils financent l’école.
Enfin, elle réclame la réintégration de Julien Deparis, et réclame que l’école devienne indépendante du CIPEN « pour [la] protéger de futures ingérences ».

Et maintenant ?

Julien Deparis ayant désormais quitté ses fonctions, il est pour le moment remplacé par Anne Brotot, directrice par intérim.

La communication envers les étudiants semble complexe, le CIPEN ayant à leur encontre la même réserve qu’envers La Provence. On imagine évidemment l’inquiétude des élèves face à un avenir incertain pour leur équipe pédagogique.

La situation reste donc confuse pour l’heure ; nous vous tiendrons évidemment informés des évolutions. N’hésitez pas, si vous avez des informations ou remarques autour de cette affaire, à nous en faire part en commentaire ou par mail (info@3dvf.fr)

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