Ubisoft : 5 cadres condamnés par l'AMF, jusqu'à 700 000 euros d'amende

Watch Dogs

Nous vous l’avions indiqué fin novembre : l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) accusait certains cadres d’Ubisoft d’avoir pratiqué un manquement d’initié en 2013. Concrètement, ils auraient utilisé une information encore non connue du public (le report du lancement jeux Watch Dogs et The Crew) pour vendre de grosses quantités d’actions avant la baisse du cours. En effet, l’annonce du report avait très logiquement été accompagnée de prévisions financières en nette baisse pour Ubisoft, ce qui avait fait décrocher le cours de l’action.
Rappelons enfin qu’Ubisoft avait souligné que l’enquête portait sur des employés et non sur le groupe lui-même, tout en apportant son soutien aux accusés.

L’AMF a désormais publié sa décision. Cinq cadres sont condamnés, de même que la Banque Transatlantique (filiale du groupe Crédit Mutuel-CIC). Voici les montants des sanctions :

– à l’encontre de Mme Christine Burgess une sanction pécuniaire de 200 000 € (deux cent mille euros) ;
– à l’encontre de M. Yannis Mallat une sanction pécuniaire de 700 000 € (sept cent mille euros) ;
– à l’encontre de M. Olivier Paris une sanction pécuniaire de 100 000 € (cent mille euros) ;
– à l’encontre de M. Francis Baillet une sanction pécuniaire de 200 000 € (deux cent mille euros) ;
– à l’encontre de M. Damien Moret une sanction pécuniaire de 15 000 € (quinze mille euros) ;
– à l’encontre de la Banque Transatlantique une sanction pécuniaire de 60 000 € (soixante mille euros) ;

Ces chiffres tiennent compte du volume d’actions revendues par chaque accusé, ainsi que de son patrimoine. Soulignons également que deux des personnes soupçonnées ont été mises hors de cause.
Dans la liste des sanctionnés, on notera en particulier la présence de Yannis Mallat, qui est le PDG d’Ubisoft Studio Montréal.

Cette affaire met évidemment à mal l’image d’Ubisoft : le groupe communique depuis plusieurs mois pour présenter Vivendi comme « destructeur de valeur » tout en affirmant que le but des dirigeants actuels est de « [créer de la] valeur à long terme pour l’ensemble de [leurs] actionnaires« . Or, c’est précisément au détriment des autres actionnaires que cette affaire s’est produite.

Dernière précision : les condamnés peuvent encore utiliser certains recours, comme l’indique l’AMF dans ses conclusions. Yanis Mallat et Francis Baillet ont d’ores et déjà choisi d’emprunter cette voie.

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