Critique : Les Trolls, un univers visuel réussi desservi par un scénario convenu

Les Trolls

Tout droit venu des studios DreamWorks Animation, Les Trolls sort demain dans les salles françaises. Les réalisateurs Mike Mitchell & Walt Dohrn ont-ils frappé juste ? La réponse avec notre critique.

Des poupées dépoussiérées

A première vue, le concept du projet avait de quoi laisser dubitatif : une licence de jouets sortie du placard, avec ses personnages aux visages pas forcément attrayants et aux cheveux fluo. Le défi de DreamWorks Animation était donc d’en tirer un univers complet, visuellement intéressant.

Disons-le tout net : de notre point de vue, le pari est réussi, d’autant que le style employé sort des habitudes du studio. L’univers est coloré et fait la part belle au hair&fur. De nombreux accessoires et éléments de décor semblent faits de textile épais de type feutre, donnant à l’ensemble un côté « scrapbooking » tout en rappelant la petite taille des personnages. Nous avons également apprécié les créatures, avec une série de designs imaginatifs et qui s’éloignent ouvertement de tout réalisme.

Les Trolls

L’univers des Bergens, les antagonistes du film, est bien différent : sombre, il fait appel à une palette de couleurs plus réduite. Un univers rebutant dans lequel nous avons eu plus de mal à rentrer, mais qui se justifie sur le plan scénaristique.

Les Trolls

Une avalanche de chansons

DreamWorks Animation avait prévenu, Les Trolls est un film musical. En VO (version que nous avons vue), le travail d’Anna Kendrick et Justin Timberlake est efficace : le résultat fonctionne, avec des reprises bien calibrées.
En VF, les rôles principaux et donc la plupart des chansons sont assurés par Louane et Matt Pokora.

Les Trolls

Un scénario malheureusement déjà vu

Revenons d’ailleurs sur l’histoire. Voici le synopsis officiel :

Les Trolls vivent dans un monde merveilleux et coloré où la joie et l’optimisme règnent, au point de leur donner envie de danser et de chanter en permanence.
Ce n’est pas la même chose chez les Bergens, leurs pires ennemis, de perpétuels bougons qui ne se réjouissent que lorsqu’ils ont dévoré quelques-unes de ces joyeuses créatures…
Lorsque les Bergens envahissent le village des Trolls, Poppy, la plus joyeuse de tous, et Branche, aussi grognon que peu courageux, se lancent dans un incroyable voyage pour sauver leurs amis. Leur chemin sera semé d’embûches, de multiples aventures et d’épreuves, la première étant d’arriver à se supporter quoi qu’il arrive !

Le film nous propose donc une opposition entre les gentils Trolls colorés et les Bergens, antagonistes moroses dont le seul espoir de bonheur réside dans la consommation de Trolls.
Les Trolls utilise la recette bien connue du duo atypique forcé de travailler ensemble pour accomplir une quête. Ce n’est pas un problème en soi : les archétypes peuvent être une bonne base, pourvu que des éléments originaux soient présents.
Malheureusement, ce n’est pas vraiment le cas ici.
De fait, la plupart des rebondissements deviennent vite très, trop prévisibles. Pire : le film se propose même de nous offrir une leçon de morale sur le pouvoir de l’optimisme et les relations humaines, un procédé daté… Et qui pose un souci, puisque la fin du film contredit en partie le propos affiché.

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Un bilan en demi-teinte

Vous l’aurez compris, notre avis sur Les Trolls est contrasté. D’un côté, le scénario nous semble poussif et maladroit, de l’autre nous avons fortement apprécié l’univers visuel et coloré du film, avec ses folies créatives. On pourra alors espérer qu’une éventuelle suite, si elle est lancée, saura combler les lacunes d’écriture manifestes du premier opus.

Finalement, le slogan de la bande-annonce visible au début de cet article est assez adapté : à défaut d’un scénario mémorable et intelligent, Les Trolls mettra des couleurs dans la vie des spectateurs. On aurait pu espérer davantage, mais en ce début d’automne, ce n’est déjà pas si mal.

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