Assemblée générale d'Ubisoft : la guerre de Troie n'a pas eu lieu

Ubisoft

Hier se tenait l’Assemblée Générale des actionnaires d’Ubisoft, un évènement attendu étant donné l’actualité du groupe : investissement de Vivendi qui semble potentiellement intéressé par une prise de contrôle, opération de communication du côté d’Ubisoft pour convaincre les actionnaires mais aussi le grand public que la direction actuelle est la mieux placée pour gérer l’avenir de l’éditeur, et enfin l’arrivée de JP Morgan au sein du capital.

Beaucoup présidaient une passe d’armes violente entre Vivendi et la famille Guillemot, avec éventuellement l’intervention de JP Morgan en faveur de l’un ou l’autre. A minima, on s’attendait à ce que Vivendi réclame clairement durant l’assemblée une place au conseil d’adminitration.

Finalement, Vivendi est resté assez discret. Vincent Bolloré était absent, et le groupe n’a fait aucune demande ou annonce pendant la réunion. Yves Guillemot a pu librement expliquer sa vision d’un Vivendi bienvenu au sein des actionnaires, mais sans la moindre place au conseil. JP Morgan, de son côté, s’est abstenue lors du vote : le mystère reste donc entier sur les intentions de la banque américaine.

Yves Guillemot a pu être réélu à la présidence d’Ubisoft à une large majorité des voix (65%). Les rémunérations de l’équipe dirigeante sont passées sans problème. Deux nouvelles administratrices, Frédérique Dame et Florence Naviner, font leur entrée au conseil.

On notera toutefois que certaines résolutions ont été rejetées. En particulier, une résolution qui devait permettre d’offrir aux dirigeants et au personnel des actions et stock-option gratuites. La direction actuelle y voit officiellement une « obstruction systématique de Vivendi, gênant ainsi le fonctionnement de la Société, notamment dans la politique de rémunération compétitive de ses talents ».
Inutile de préciser que Vivendi a une vision légèrement différente : le groupe de Vinvent Bolloré explique qu’il « considère qu’il serait de bonne gouvernance d’être représenté au Conseil eu égard à sa participation au capital de l’entreprise et, en attendant, s’est abstenu lors du vote des résolutions. Cette situation a entraîné l’échec des résolutions 22, 23, 24 et 25 présentées par le Conseil. »

En clair : malgré sa discrétion, le groupe entend bien rappeler que la situation actuelle ne lui convient pas, et use des moyens à sa disposition pour le faire savoir, sans pour autant sortir les couteaux ouvertement durant l’assemblée générale. Vivendi rappelle au passage dans son communiqué qu’il se présente en « premier actionnaire d’Ubisoft », et que conformément à la loi, il disposera de deux fois plus de droits de vote en 2016 (du fait de l’ancienneté de ses parts au capital).

A défaut d’une bataille décisive, la guerre est donc loin d’être terminée.

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