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Cas client Progiss : mise en place d'un service d'étalonnage complet en Asie

Temps de lecture : 7 minutes

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Serveur de stockage DDP en cours de test dans les locaux Progiss, sous l’oeil de Wall-E

Progiss, partenaire de 3DVF et revendeur de solutions logicielles et matérielles, travaille actuellement sur un projet atypique : une entreprise française a fait appel à eux dans le cadre de la mise en place d’un service d’étalonnage numérique complet dans un pays d’Asie.
A ce stade le projet reste en partie confidentiel : les noms des entreprises impliquées et même le pays concerné ne peuvent pas être communiqués ; ils le seront dans quelques mois.
Nous avons tout de même pu nous entretenir avec l’étalonneur/confo/DIT Baptiste Gilibert, qui fait partie de l’équipe en charge du projet. Il revient sur les enjeux et choix techniques.

– Quel est le contexte du projet ?
Baptiste Gilibert : Une société asiatique nous a contactés en tant que consultants, leur objectif était de développer chez eux un service d’étalonnage numérique.
L’idée était donc de mettre en place le workflow, les process, les services techniques, l’infrastructure et la formation afin qu’ils puissent travailler le plus rapidement possible.

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– Quelle est leur échéance ?
Ils vont devoir gérer du long-métrage et de la fiction (type série/soap) sans doute dès la fin du mois d’octobre.

– Quelle est la taille de l’entité ?
C’est un gros groupe, quasiment le seul acteur du pays en audiovisuel. Le service d’étalonnage proprement dit concernera 4 à 6 personnes : 2 étalonneurs, 3 assistants, 1 technicien.

– Quels ont été les choix techniques à faire ?
Il y a eu quatre gros enjeux en tant que consultants :

– La performance des disques, donc le débit et le nombre d’I/O gérés par le système de stockage. Ici, nous avons voulu opter pour un serveur centralisé pour simplifier la gestion, tout en disposant des performances nécessaires pour les 4 machines branchées dessus. Le tout sur des projets 2K RAW ou DPX. Concrètement, nous avions donc besoin de 4×1,5Go/s de débit pour que les quatre machines puissent travailler en simultané.
La solution, vue avec Progiss, était un serveur de stockage DDP qui offre un bon rapport performance/prix, une bonne stabilité et des capacités d’évolution, notamment sur l’aspect cloud.

– Second gros enjeu, la performance en termes de monitoring vidéo. Nous nous sommes tournés vers deux technologies. Un moniteur 24 pouces de précision Sony Oled, qui a une bonne courbe gamma, une bonne restitution des couleurs tout en étant flatteur (car assez matifiant). En parallèle, des dalles broadcast 10 bits plus grandes (42 pouces) en retour téléviseur avec une entrée HD-SDI, de marque Flanders Scientific (FSI). Elles ont l’avantage d’être assez peu coûteuses par rapport à leurs caractéristiques.

– Troisième point, puisque l’équipe technique sera assez réduite : la sécurité. Nous avons essayé de gérer cet aspect en redondant la plupart des éléments des périphériques, sur le serveur virtuel qui va gérer la base de donnée des projets, le wiki, le planning etc. L’alimentation est redondée également, le stockage est en RAID 1… Bref, on a fait en sorte d’avoir un maximum de sécurité.
Nous avons aussi opté pour un onduleur qui déclenche l’extinction des machines, car le pays est sujet à des coupures de courant fréquentes.

– Enfin, mettre en place un workflow, avec des process pour traiter les différents types de caméras, tant au niveau des dailies (étalonnage au quotidien des rushes) que de l’étalonnage définitif d’un film, où l’ont doit potentiellement mélanger plusieurs caméras et espaces colorimétriques. De même pour les réglages de sortie qui varient selon le livrable (cinéma, tv, web). Nous devions donc leur dessiner les grands axes de fonctionnement adaptés à chaque type de production : publicité, documentaire, cinéma, …

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– Il y a donc également une partie formation sur place ?
Nous gérons l’installation technique sur place, et les personnes en charge de cette étape resteront sur site 1 ou 2 mois, avec des masterclasses pour les étalonneurs puis pour les assistants. Le but étant ensuite que les locaux puissent gérer l’intégralité du service et qu’ils soient autonomes.

– Vous avez également eu besoin de stations de travail…
Oui, et il y a énormément de choix actuellement. Nous avons opté pour des stations HP avec la nouvelle gamme, notamment les Z840. C’est ce qui nous a semblé le plus performant, pratique, et le moins onéreux. Chaque station est équipée de deux NVIDIA GTX 1080.
Les stations HP ont aussi l’avantage de disposer de leur technologie propriétaire Z Turbo Drive, qui permet d’alléger la configuration disque et d’avoir un stockage local haute performance.
Enfin, les Z840 sont suffisamment spacieuses pour faire tenir les deux cartes graphiques, la carte vidéo, la carte réseau 10Gb/s et la carte Thunderbolt pour d’éventuels échanges avec des disques Thunderbolt.

– Pourquoi le choix des GTX 1080 plutôt que des Titan ou des Quadro ?
La Titan est plus performante mais l’écart de prix ne nous semblait pas justifié, et l’économie nous a permis d’acheter des cartes d’avance qui serviront de rechange, par sécurité.
Notre point de vue est que de toute façon, les performances GPU ont atteint un tel niveau que le matériel retenu dépasse les performances nécessaires pour ce type d’application métier. Sans besoins de type 4K ou relief, aller au-delà des 1080 n’était pas nécessaire.

L’intérêt ici d’avoir deux cartes identiques dans la machine était de pouvoir gérer plus facilement les problèmes, par exemple s’il y a dysfonctionnement sur un GPU d’une des cartes on peut basculer sur l’autre et garder la carte défectueuse pour le GUI et non pour les GPU. Le tout pour 1500€. Les produits NVIDIA de 2016 sont une vraie bonne surprise par rapport aux années précédentes, les performances ont vraiment grimpé.

Par contre, les GTX n’ont pas le même support que les Quadro : d’une part, le taux de panne sur les GTX est plus important, d’autre part dès l’an prochain et avec le renouvellement de la gamme, il deviendra très difficile de trouver des modèles identiques à ceux que l’on a choisis. A l’inverse, pour les cartes pro de la gamme Quadro, nous n’aurions aucun problème à avoir un modèle identique même 3 ans après. Les contraintes liées aux certifications des logiciels, qui supportent tel ou tel type de carte, compliquent encore un peu le choix des GTX.
Pour assurer une bonne pérennité en GTX, il faut donc d’avoir l’assurance de disposer de cartes de rechange pour les 3-4 ans à venir. D’où l’achat de cartes de rechange dès le départ, comme je le disais plus haut.

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– Sur le plan logiciel, qu’avez-vous choisi ?
C’est vrai qu’il y a un large choix de logiciels pour l’étalonnage : Lustre, Nucoda, Baselight, Resolve, SpeedGrade si l’on veut adopter une solution plus exotique…
De notre point de vue, il n’y a que deux vraiment professionnelles en termes de fon
ctionnalités, d’ouverture et de mise à jour : Baselight, Resolve.

Pour le cas qui nous intéresse, Baselight aurait nécessité des formations plus poussées, le logiciel étant plus « dense », moins fourni en presets et peut-être un peu effrayant. La prise en main est beaucoup plus longue que du Resolve.

Da Vinci Resolve est très intuitif, l’ergonomie aide énormément l’utilisateur. Autre atout : il est très présent en Asie. Le choisir permet donc d’être homogène avec d’autres sociétés de la même région pour de futures collaborations.
Enfin, sur le plan économique, Da Vinci Resolve est très peu onéreux et il y a des solutions de pupitres compatibles. Avec Progiss, nous avons trouvé une solution fabriquée en Suisse, de marque Angry Face : un pupitre/support en bois laqué assez bien fini, avec une tablette et un clavier intégrés et qui permet d’intégrer le panel Tangent Elements.
Avec cette structure en bois, on obtient un système qui ressemble à un vrai pupitre, proche des anciennes stations d’étalonnage Quantel. On retrouve la même gamme de consoles, mais à moindre coût : un Angry Face vaut le tiers d’un BlackMagic. L’économie est réelle.

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– Pourquoi avoir fait appel à Progiss et pas un partenaire local, en Asie ?
Au départ, nous avons fait appel à des partenaires locaux, mais nous nous sommes rendu compte que certains points étaient complexes : certains produits auxquels nous tenions n’étaient pas accessibles de façon simple avec les locaux, voire pas accessibles du tout.
Nous nous sommes donc rabattus sur la France. Nous aurions pu nous tourner vers des entreprises qui ont beaucoup d’expérience en matière de stations d’étalonnage, mais Progiss a eu plusieurs avantages. D’abord une certaine ouverture par rapport au projet et une grande disponibilité : nous avons pu tester beaucoup de choses en atelier, préparer l’installation dans leurs locaux avec leurs équipes techniques, faire des tests matériels… Leurs rapports avec HP et plus largement leur réseau de constructeurs nous ont aussi permis d’obtenir des tarifs très intéressants.
Je pense que le projet était intéressant pour eux également, ça les a ouverts à une discipline qu’ils ne gèrent pas d’habitude, même si au final une grande partie des produits achetés (DDP, stations, etc) font partie de leur coeur de métier.

– Comment évoluera l’unité locale ? Du support est-il prévu ?
Le service d’étalonnage sera accompagné par un technicien qui sera formé sur place. En tant que consultants nous garderons des échanges quotidiens pour suivre l’évolution de leurs besoins et de leur travail. A terme, le projet est amené à se développer sur d’autres axes et services courant 2017 : VFX, longs-métrages, mixage son… Il y aura donc des suites.

Vous pouvez contacter notre partenaire Progiss par téléphone au 01 49 89 07 90 ou par mail : info@progiss.com
Notez également que l’équipe Progiss est à votre disposition pour vous proposer des présentations des logiciels de la boutique, que ce soit dans leurs locaux (Villepinte, à côté de Paris) ou dans les vôtres.

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