PIDS 2016 : retour sur la prévisualisation de Spectre

IO Entertainement
Brad Blackbourn d’IO Entertainement

Le Paris Images Digital Summit, qui se tenait du 28 au 30 janvier, a été l’occasion de découvrir les travaux de IO Entertainment. Situé au Royaume-Uni, le studio se spécialise dans le développement visuel (concept arts, storyboarding) et la prévisualisation sous toutes ses formes.

L’entreprise était en charge de la prévisualisation et du développement visuel sur le dernier James Bond, Spectre. Un projet loin d’être gagné, puisque le réalisateur Sam Mendes avait eu par le passé une mauvaise expérience avec cette technique. Résultat, il ne voulait pas en entendre parler. IO Entertainement a tout de même pu le convaincre, mais en s’adaptant dès le départ à toutes ses contraintes et envies : comme souvent, le client est roi, et savoir se montrer discret, ne pas freiner le processus créatif peut être la clé pour décrocher un contrat.

La présentation d’IO Entertainement s’articulait en quatre grandes parties :

– tout d’abord, le long plan séquence visible au début du film, avec une parade, des danses, l’entrée dans un hôtel, puis James Bond qui se rend sur le toit de ce dernier.
Il s’agissait évidemment d’une séquence complexe à filmer, et IO Entertainement a mis en place un processus de techvis, notamment pour la gestion des caméras montées sur grues.
Le « plan séquence » est en réalité composé de plusieurs morceaux : la parade et l’approche de l’immeuble, l’entrée dans l’immeuble et la montée dans l’ascenseur, un autre raccord lors de la sortie de l’ascenseur. La prévis a permis de préparer précisément les différents plans pour faciliter les raccords.

A noter : l’équipe de production a même pensé à prendre en compte les heures de tournage pour que les ombres soient cohérentes, malgré des changements de lieux lors du tournage !

– la cascade en hélicoptère a elle aussi demandé un gros travail préparatoire. Le lieu retenu, au coeur de Mexico, se situe à proximité de plusieurs sites cruciaux du gouvernement : autant dire que le travail avec les autorités a été fondamental. La prévis a permis de montrer précisément le placement des caméras, la trajectoire de l’hélicoptère, etc.

Un pilote spécialisé a réellement effectué les cascades visibles sur les plans larges, mais pas à Mexico. Outre la sécurité, il y avait en effet un problème physique impossible à surmonter : les retournements (hélicoptère tête en bas) nécessitent une pression d’air suffisante pour éviter un crash, or Mexico est située à plus de 2200 mètres d’altitude.

Au final, plusieurs plates sont combinées lors de la séquence : des plans tournés à Mexico, des cascades filmées ailleurs, un hélicoptère en 3D signé ILM. Les plans très rapprochés, avec les acteurs, ont été filmés à part, sur fond vert et avec un hélicoptère monté sur cardan (gimbal).

– vers la fin du film, une base explose dans le désert. La prévisualisation a ici permis de travailler sur l’apparence de cette explosion, de tester différentes idées puis de valider la séquence retenue. Pour la petite histoire, cette séquence est entrée dans le Guiness des Records : il s’agit de la plus grosse explosion de l’Histoire du cinéma.

– Pour finir, Brad Blackbourn nous a proposé une démonstration d’un système mis en place chez IO Entertainement : KAMMIO, un système de type caméra virtuelle très utile pour parcourir les scènes créées en prévis, tester des angles de caméra, préparer les plans.

IO Entertainement

La conférence fut globalement très intéressante, et a clairement montré les apports de la previs/techvis. Notre seul regret : pour des questions de droits, nous ne pourrons pas, du moins pour le moment, vous montrer les images de previs.

A Lire également