Interview 3DVF : Paul Franklin, superviseur VFX sur Interstellar

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Paul Franklin

Lors du dernier Paris Images Digital Summit, nous avons eu l’occasion de rencontrer Paul Franklin, Superviseur VFX du film Interstellar chez Double Negative. Il nous raconte et revient sur le démarrage du projet et la fabrications des principaux effets spéciaux réalisés sur ce film.

La vidéo est en anglais, mais vous trouverez un résumé en français sous l’interview.

Paul Franklin nous explique tout d’abord qu’il a été impliqué très tôt sur le projet, dès la préproduction. Christopher Nolan, le réalisateur, l’a contacté dès le début de l’année 2013. A ce stade, le script n’était pas encore entamé : Nolan souhaitait échanger avec Franklin sur certains des concepts du film.
Cette collaboration ne doit rien au hasard : Nolan et Franklin ont travaillé ensemble sur 5 projets, depuis une douzaine d’années.

Paul Franklin revient ensuite sur les principaux enjeux du film en termes d’effets visuels : le trou noir, la fin du film avec le temps représenté de façon physique. Un défi à la fois technique et intellectuel.
Un des aspects qui a intéressé Paul Franklin : le fait que Nolan ait choisi de travailler avec le chercheur Kip Thorne, un physicien qui a beaucoup apporté sur l’aspect scientifique du projet et la représentations des trous noirs. Il a travaillé durant près d’un an avec l’équipe VFX pour mettre au point le moteur de rendu utilisé pour créer des trous noirs plus proches de la réalité que les représentations classiques.

Nous avons ensuite interrogé Franklin sur la fin du film, avec la représentation physique du temps. Il nous a confié avoir fait des recherches poussées sur la façon dont les artistes ont représenté l’écoulement du temps : Picasso, Braque, les cubistes… La photographie slit-scan a aussi eu une influence.
Une fois le concept mis au point, il fut modélisé en 3D, puis transmis à l’Art Department qui a construit un modèle physique d’une partie de cette représentation.
Cette partie du film a été particulièrement longue à mettre en place : il s’agit du premier aspect sur lequel l’équipe a travaillé, et le dernier à être finalisé, durant le dernier mois de tournage.

Paul Franklin évoque ensuite les robots, au design atypique. Christopher Nolan voulait éviter d’en faire des androïdes, tout en désirant qu’ils puissent interagir avec les acteurs.
Au final, de vrais modèles dirigés par un humain ont été utilisés pour la plupart des plans ; la personne en charge de leur opération a été effacée en post-production. La 3D a été utilisée pour les plans impossibles à tourner : lorsque le robot se déplace rapidement sur l’eau, la glace ou en apesanteur, par exemple. Il a donc fallu faire attention à garder une animation cohérente entre les robots en full 3D et les modèles réels.

En ce qui concerne la planète gelée, le tournage a été fait sur un véritable glacier en Islande. Double Negative a créé des extensions de décor, en veillant à garder un aspect naturel, crédible.

Pour finir, nous avons demandé à Paul Franklin s’il avait un conseil à donner aux artistes. Sa suggestion : ne pas trop se laisser focalisé au logiciel/matériel, car ils changeront rapidement. Pour avoir une carrière durable, il ne faut pas oublier que les studios emploient des artistes, des créatifs. Il est donc essentiel de cultiver ses capacités en termes d’art, design, cinéma. Ne pas négliger les techniques traditionnelles (dessin, peinture, photo), qui vous aideront à vous développer en tant qu’artiste.

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