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Annecy 2015 : conférence Outils Emergents

Temps de lecture : 3 minutes

Incontournable à chaque édition du Festival d’Annecy et du MIFA, la conférence Outils Emergents est souvent l’occasion de découvrir de nouveaux logiciels et produits.

Cette année, les organisateurs avaient sélectionnés Shotgun, l’outil de compositing Natron, Allegorithmic et enfin Eisko, spécialisé dans les doublures numériques.

Shotgun

Stéphane Deverly, Responsable Développer chez Shotgun Software, a entamé les hostilités. Nous avons déjà évoqué plusieurs fois cet outil racheté en 2014 par Autodesk ; il permet suivi de production, review, gestion des assets.

Stéphane Deverly a toutefois profité de la présentation pour préciser ce positionnement. Il a tout d’abord souligné les contraintes actuelles en postproduction et les évolutions récentes du secteur : pipelines fortement distribués, architectures de moins en moins centralisées, les studios VFX qui se mettent à sous-traiter et à collaborer entre eux.
C’est dans ce contexte que Shotgun s’inscrit : il permet de gérer les problèmes d’échanges de données entre production et studios VFX. Deverly a d’ailleurs clairement souligné que la production est ici l’élément essentiel. C’est ce qui explique le choix de définir des interfaces simples et parlantes, de nombreux automatismes et même… La génération de rapports automatiques « esthétiques » : tout simplement parce qu’au niveau du producteur, le soin accordé à la présentation est primordial.

Stéphane Deverly

Natron, outil de compositing open source

Place ensuite à Natron, un outil de compositing que nous avons là aussi eu l’occasion d’aborder. Ce projet lancé en juin 2012 était initialement focalisé sur la vision informatique. Une problématique proche du compositing, vers lequel l’initiative s’est recentrée.

Natron

Nous avons eu droit à une présentation de l’outil par François Grassard, graphiste 2D/3D/VFX et développeur bien connu des lecteurs de 3DVF, et notamment des adeptes de Blender.
Alexandre Gauthier-Foichat (ingénieur R&D à l’Inria) et Frederic Devernay (chargé de recherches à l’Inria) ont ensuite évoqué l’avenir de l’outil et certaines de ses caractéristiques… A commencer par sa ressemblance pour le moins frappante avec Nuke.
Oui, ont-ils confirmé, l’interface est bel et bien « inspirée » du logiciel de The Foundry. Un choix assumé par l’équipe de développement : pour eux, il s’agit de faciliter la prise en main et d’attirer les professionnels, qui auront les retours les plus pertinents.

Pour l’avenir de l’outil, plusieurs pistes ont été évoquées, comme le fait de favoriser l’émergence de logiciels s’appuyant sur Natron. En particulier, l’équipe souligne qu’il est possible de créer des plugins payants.

Si actuellement le projet reste financé par l’INRIA, une société dédiée devrait voir le jour en 2016. Natron restera gratuit, mais l’entreprise proposera support et développement de plugins, le tout moyennant finance.

Allegorithmic

Nous passerons assez vite sur les outils d’Allegorithmic, présentés par l’artiste Loïc Anquetil. Ce dernier nous a proposé une démonstration de Substance Designer et Substance Painter, que nous avons déjà très largement évoqués sur 3DVF.

Eisko

La société Eisko, enfin, était présentée par son directeur Cédric Guiard.
La conférence recoupait en partie notre interview de la société ; Cédric Guiard a surtout insisté sur l’offre 3D temps réel de la société.

Esiko propose plusieurs types de livrables à ses clients :
– doublure numérique de l’apparence d’une personne réelle (modèle statique) ;
– modèle pouvant être animé ;
– modèle avec animations.

Ces modèles sont générés à l’aide de deux technologies propriétaires : un système de capture physique, et une technologie de reconstruction (qui, a insisté Cédric Guiard, n’est pas de la photogrammétrie). La précision est de l’ordre de 20-25 microns.

En ce qui concerne l’offre 3D temps réel, Eisko supporte déjà Unity, et travaille actuellement sur l’Unreal Engine.
Le système s’adaptera aux performances désirées : par exemple, il sera possible d’ajuster le nombre de blendshapes utilisées sur un visage de doublure selon la distance ou le nombre de personnages à l’écran.

Sur le plan tarifaire, il faudra compter de l’ordre de 50 000€ pour une doublure destinée au précalculé jusqu’au gros plan, 10 fois moins pour un modèle statique 3D temps réel.

Pour finir, Cédric Guiard nous a présenté une nouveauté : un nouveau système de capture photo à 360° transportable. Modulaire, il permettra de capturer visages, personnes entières, objets. Il devrait également être proposé sous licence à des sociétés tierces.

Eisko

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