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Oscars Scientifiques et Techniques : lauréats et réclamation

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Oscars Scientifiques et Techniques
Photo : Academy Awards

Deux semaines avant la cérémonie des Oscars, les Oscars Scientifiques et Techniques récompensent chaque année celles et ceux qui ont apporté à l’industrie du cinéma des innovations et découvertes importantes.

Vous retrouverez ci-dessous la liste des gagnants pour l’année 2014, qui ont reçu leur prix leur 7 février dernier, ainsi que les vidéos de l’évènement. Les récompenses ont notamment porté sur la technologie de projection DLP, les outils de simulation de destruction, les structures de données volumiques (voxels), les logiciels de création de végétaux et l’animation faciale.

A noter, comme nous le développons plus bas, un des prix a donné lieu à une réclamation.

Accomplissements techniques (certificat de l’Académie)

– Peter Braun pour le développement et la conception de la MAT-Towercam Twin Peek, une colonne télescopique portable et contrôlée à distance qui peut positionner une caméra en douceur à plus de 7 mètres de haut.
Le dispositif a l’avantage d’avoir un diamètre réduit, ce qui permet de faire passer la caméra dans des ouvertures de petite taille.

– Robert Nagle et Allan Padelford pour Biscuit Jr.’s, une plateforme motorisée qui permet de filmer en roulant avec une grande marge de manoeuvre tout en assurant la sécurité des acteurs.

– Harold Milligan, Steven Krycho et Reiner Doetzkies pour leur travail sur le développement du système DLP de Texas Instruments, qui a remplacé la plupart des anciens systèmes de projection à pellicule dans les salles de cinéma.

– Cary Phillips, Nicolas Popravka, Philip Peterson et Colette Mullenhoff pour l’architecture, le développement et la création d’une interface pensée pour les artistes du Shape Sculpting System d’ILM. Ce dernier permet notamment aux artistes de rapidement modifier et améliorer l’animation des personnages, et il est devenu central dans le workflow de production d’ILM au cours de la dernière décennie.

– Tim Cotter, Roger van der Laan, Ken Pearce et Greg LaSalle poour le design et le développement du système de performance capture faciale MOVA.
A noter, le président et CEO de Rearden Mova, Steve Perlman, a envoyé une réclamation à l’Académie. Selon lui, des membres clés de l’équipe R&D, y compris lui-même, ont été oubliés. Il affirme en outre que Greg LaSalle, s’il travaille effectivement avec MOVA chez Digital Domain, « ne faisait même pas partie de l’équipe R&D » et « n’a apporté aucune contribution majeure au développement » de l’outil.
Il ajoute dans son courrier, que le Hollywood Reporter a pu se procurer, qu’il est « horrifié » qu’une décennie de travail soit attribuée à quelqu’un qui, selon lui, n’a pas eu d’impact majeur sur ce projet.

Le Hollywood Reporter souligne que cette réclamation intervient en parallèle d’un désaccord entre Steve Perlman, président et CEO de Rearden Mova, et Digital Domain. Selon Perlman, Digital Domain et Greg LaSalle ont utilisé sans licence la technologie MOVA sur Les Gardiens de la Galaxie.
Digital Domain, contacté par le Hollywood Reporter, se dit « confiant que le studio dispose des licences nécessaires pour utiliser cette technologie ».

L’Académie, enfin, précise que si Perlman a effectivement eu un rôle majeur dans le développement de MOVA, elle a estimé que ses apports n’étaient pas « de nature scientifique ou technique, et donc non éligibles pour le prix ».

MOVA a notamment été utilisé pour l’animation faciale du film Benjamin Button, qui avait reçu un Oscar pour ses effets visuels.

– Dan Piponi, Kim Libreri et George Borshukov pour leur travail de développement d’Universal Capture chez ESC Entertainement.
Le système Universal Capture a permis un bond en avant dans la création d’animations faciales réalistes pour des visages humains. La technique produit un mesh texturé haute résolution animé et guidé par la performance d’un acteur.

– Marco Revelant (concept et vision artistique), Alasdair Coull et Shane Cooper (design et architecture) pour leur travail sur Barbershop, le système de grooming de hair utilisé chez Weta Digital.

– Michael Sechrest (design et implémentation), Chris King (ingénierie temps réel/interactive) et Greg Croft (interface) pour SpeedTree Cinema, outil de création de végétation qui combine outils procéduraux et manipulation directe intuitive.

– Scott Peterson, Jeff Budsberg et Jonathan Gibbs pour le design et l’implémentation du Foliage System de DreamWorks Animation. Cet ensemble d’outils est utilisé dans le studio pour créer de la végétation.

– Erwin Couman pour le développement de la librairie Bullet Physics, et Nafees Bin Zafar/Stephen Marshall pour le développement de deux systèmes de simulation de destruction reposant sur Bullet.

– Brice Criswell et Ron Fedkiw pour le développement du  PhysBAM Destruction System d’ILM, un des premiers systèmes capables de gérer des simulations de destruction de grande ampleur, tout en proposant un système de contrôle poussé.

– Ben Cole pour le design du système de destruction Kali, Eric Parker pour le développement du toolkit Digital Molecular Matter, James O’Brien pour ses recherches sur les méthodes d’éléments finis qui ont servi de fondation à ces outils.
Kali et DMM ont apporté aux artistes des outils, intuitifs et avec d’importantes possibilités en termes de direction artistique, pour créer des simulations de fracturation et déformation. Ils ont fait des éléments finis la nouvelle référence pour les simulations de destructions au cinéma.

– Magnus Wrenninge pour avoir mené le design et développement de Field3D, un framework
ouvert et flexible permettant de stocker et accéder afficacement des données de type voxel. Il a permis des échanges de données auparavant impossibles entre les logiciels de modélisation, simulation et rendu.

– Robert Bridson pour son travail sur les structures de données de voxels de type sparse-tiled et leurs applications en modélisation et simulation. Ses travaux ont eu un impact important pour la création d’outils volumétriques.

– Ken Museth, Peter Cucka et Mihai Aldén pour la création d’OpenVDB, une structure de données désormais largement adoptée qui permet de stocker et manipuler des voxels.

Prix Scientifique et Ingénierie (Plaque de l’Académie)

– lain Neil (design optique) et André de Winter(deisgn mécanique) pour la série d’objectifs Leica Summilux-C, qui ont apporté des performances optiques et mécaniques jamais vues jusqu’alors.

– Brad Walker, D. Scott Dewald, Bill Werner, Greg Pettitt et Frank Poradish pour leurs contributions à l’amélioration du système de projection DLP de Texas Instrument.

– Ichiro Tsutsui, Masahiro Take, Mitsuyasu Tamura et Mitsuru Asano pour le développement des écrans de monitoring professionnels OLED Sony BVM-E.
Ces systèmes proposent un affichage précis à large gamut qui permet de prendre des décisions créatives directement sur le plateau de tournage.

– John Frederick, Bob Myers, Karl Rasche et Tom Lianza pour l’écran professionnel HP DreamColor LP2480zx. Il dispose d’un gamut large et stable.

Oscar – Mention Spéciale  (Plaque spécifique)

– Steven Tiffen, Jeff Cohen et Michael Fecik pour leurs travaux pionniers dans le développement de filtres teintés réduisant la contamination infrarouge lors de l’utilisation de filtres à densité neutre (filtres ND).

Oscar – Mérite (Statuette)

– Dr. Larry Hornbeck pour l’invention des matrices de micro-miroirs (digital micromirror technology), technologie au coeur du système de projection DLP.

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