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Piratage de Sony Pictures : la Corée du Nord serait responsable (MAJ : communiqué de Sony))

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Kim Jung Un
Kim Jung Un en juin dernier, à bord d’un sous-marin Nord-coréen.

Mise à jour en fin d’article : clarification de Sony Pictures, qui dément s’apprêter à accuser la Corée du Nord.

L’analyse du piratage de Sony Pictures semble pointer vers une responsabilité de la Corée du Nord.

Cette attaque informatique, qui a eu lieu la semaine passée (voir notre article), est catastrophique pour Sony Pictures. Elle s’est soldée par la fuite d’informations très confidentielles (dont des documents sur les salaires des employés), une paralysie du studio (avec papier et crayon en remplacement du matériel informatique) dont la société se remet peu à peu, et par la mise en circulation sur les sites de piratage de 5 films, 4 n’étant pas encore sortis au cinéma.

L’analyse de l’attaque a permis de déceler des éléments qui pointent vers la Corée du Nord :
– selon Reuters, un avertissement publié par le FBI après le piratage des systèmes de Sony met en garde les entreprises américaines contre la possibilité d’une attaque. Si le FBI ne nomme pas Sony, les informations données ressemblent fortement à ce qui s’est déroulé au sein du studio. L’avertissement serait donc la conséquence de l’analyse du malware présent chez Sony Pictures.
Le FBI précise que l’attaque s’en prend aux disques durs, en réécrivant sur toutes les données (y compris celles permettant le démarrage). De quoi mettre à genoux un système informatique.
– Le Wall Street Journal, lui, indique que l’analyse du FBI révèlerait un code proche de celui du malware utilisé au printemps 2013 contre des entreprises de Corée du Sud. Une attaque qui avait justement été attribuée à Pyongyang. A noter également, la compilation du code du nouveau malware aurait en partie été effectuée en coréen.

Pourquoi la Corée du Nord s’en prendrait-elle à Sony Pictures ? Une piste plausible concerne le film The Interview d’Evan Goldberg et Seth Rogen. Cette comédie met en scène le présentateur et le producteur d’une émission télévisée fictive, appréciée dans le film par le dictateur Kim Jung-Un. Après avoir décroché une interview du dirigeant, les deux protagonistes seront recrutés par la CIA pour l’assassiner. La bande-annonce est visible plus bas.

L’hypothèse : la Corée du Nord aurait peu apprécié que l’on se moque d’elle, et aurait lancé l’attaque informatique pour tenter d’empêcher la sortie du film. Un pari a priori raté, puisque le long-métrage n’a pour le moment pas été repoussé ou annulé. L’impact financier de l’attaque sera tout de même très important.

Mise à jour : Sony Pictures a indiqué à l’agence de presse AP que contrairement à ce qu’indiquait le site Re/code, le  studio ne s’apprête pas à accuser officiellement des hackers Nord-coréens. Sony Pictures a précisé que l’enquête était toujours en cours, sans donner plus d’informations.
Cette nouvelle information ne vient donc pas démentir formellement la piste de la Corée du Nord, mais peut indiquer que les indices ne sont pas suffisants, ou que le studio préfère ne pas porter d’accusation publique.
Toujours selon Reuters, le FBI confirme enquêter sur l’attaque mais se refuse à tout commentaire sur l’implication de la Corée du Nord ou d’un autre état.
Publication initiale le 3 décembre 2014.

The Interview

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