Accueil » Critique : La Légende de Manolo

Critique : La Légende de Manolo

Temps de lecture : 3 minutes

La Légende de Manolo

La Légende de Manolo : voyage au pays des morts

Ce mercredi sort en France La Légende de Manolo, film d’animation réalisé par Jorge R. Gutierrez et produit par Guillermo Del Toro. La thématique s’appuie sur la fête des morts mexicaine, et les visuels disponibles promettaient un univers visuel riche et atypique. Pari tenu ? La réponse avec notre critique.

La Légende de Manolo

L’histoire

La Légende de Manolo est centrée autour d’une jeune homme issu d’un village perdu au fond du Mexique. Tiraillé entre l’avenir tout tracé que veut lui imposer sa famille et ses envies propres, il sera l’objet d’un pari entre deux divinités gardiennes des royaumes des morts.
Autour de lui, Maria et Joaquin, deux amis d’enfance. La première est devenue l’objet de son affection, le second… Rival amoureux, puisqu’il est également amoureux de Maria.

Un pitch qui reprend des idées assez classiques, donc. Ceci dit, le scénario ne comporte pas de temps mort, et joue régulièrement avec les clichés tantôt pour les rejeter et détourner, tantôt pour les conserver, ce qui a l’avantage de créer quelques surprises.
Ainsi, si son rôle peut faire craindre une Maria essentiellement passive, elle se révèle plus complexe que prévue.

Sans doute par volonté de dédramatiser un univers qui pourrait sembler trop macabre aux enfants, l’humour parsème le film, y compris dans les moments de forte tension ; de même, la mort sera traitée avec légèreté.

La Légende de Manolo

Des chansons à foison

De nombreuses pauses musicales sont présentes dans le film, qu’il s’agisse d’airs connus adaptés ou de créations originales. Relativement courts, ces intermèdes sont bien intégrés et ne cassent pas le ryhtme, contrairement à ce que l’on a pu voir dans d’autres projets récents. Ils servent même parfois de ressort comique, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

La Légende de Manolo

Animation et design

Les visuels et la bande-annonce ne mentent pas : les personnages sont visuellement très réussis. On note une grande inventivité dans le character design, qui nous présente des héros sous forme de marionnettes en bois et aux traits variés. L’animation n’est pas handicapée par ce choix artistique et reste fluide : le studio Reel FX, chargé de donner vie au film, a fourni un excellent travail.
Les décors, eux, sont également très esthétiques et stylisés. On notera tout de même un certain vide dans quelques scènes. Le budget (50 millions de dollars) n’est pas celui d’un Pixar, ce qui a peut-être eu une influence sur ce point.

Reste que l’univers est cohérent et riche en couleurs. Une bouffée d’air frais qui sort des codes habituels de l’animation américaine.

La Légende de Manolo

Relief

Lunettes ou pas lunettes ? Le relief est maîtrisé, sans effet de jaillissement trop prononcé. Il ne devrait donc pas gêner ceux qui ont des difficultés avec cette technique. Par contre, il souligne le vide de certains plans évoqués plus haut : voir le film en 2D pourrait donc s’avérer préférable.

Bilan : pari réussi

La Légende de Manolo, en reprenant certains codes déjà vus, manque d’ambition sur le plan scénaristique. Mais visuellement, le film est une merveille qui fait preuve d’une grande imagination et sort des sentiers battus. Aller puiser dans le folklore mexicain était une excellente idée.
Il vous sera difficile de résister au charme visuel de ce conte et à son humour : nous vous recommandons donc le film, à voir si possible en VO pour profiter des accents des acteurs.

Plus globalement, Reel FX nous propose à nouveau un projet efficace après Free Birds. Le studio sera à suivre de près dans les années à venir.

A Lire également