
Je m'apprêtais à vous faire mon joli poisson d'avril pour l'édito avec des nouvelles toutes plus extravagantes les unes que les autres : Softimage aurait été racheté par Autodesk, IBM s'apprêtait a commercialiser des processeurs dédiés a l'affichage 3D temps réel a 500 Ghz, Le gouvernement annonçait une revalorisation des salaires dans le secteur de l'audiovisuel ( oups poisson de mauvais gout celui la).
Bref un peu plus et je tombais dans la facilite de l'édito d'Avril, heureusement étant une vraie feignasse je n'ai pas eut l'occasion de finir ce papier à temps et me voila donc parti vers un tout autre sujet:
Les tout petits et la 3D
Les dessins animés dans leur grande majorité furent longtemps destinés aux enfants et d'une manière générale pour l'enfant le dessin animé est le premier vecteur cinématographique bien avant les films « classiques ». Seulement voila depuis une dizaine d'année le dessin animé traditionnel disparaît des écrans de cinéma au profit du cinéma d'animation « numérique » plébiscité par le grand public. Je devrais être ravi puisque cet élan m'offre du travail et a su redynamiser l'intérêt du public pour le cinéma d'animation.

Toutefois cela soulève plusieurs questions :
Les techniques numériques sont elles adaptées aux enfants les plus jeunes ?
Le ciblage large des films cherchant à plaire aux enfants tout autant qu'aux parents a-t-il un impact sur l'éventuelle vocation pédagogique d'un film pour enfant ?
Je me rappelle étant enfant ma difficulté à apprécier les films en prise de vue réelle, mon intérêt pour le dessin animé était littéralement lié à la simplification des formes, du discours, de la narration que ce soit au cinéma ou dans les séries télé. Et au fur et a mesure que je grandissais les dessins animés que je regardais évolués, ils devenaient de plus en plus complexes graphiquement et les sujets abordés changeaient : pas forcément plus élaborés dans leur message, mais au moins dans leur narration. Petite parenthèse : je me demande aujourd'hui si quand je regardais encore « Calimero » ou « Saturnin » à l'aube de mes 5 ans il existait déjà des dessins animés aussi complexes que « les merveilleuse cites d'or ».
Les dessins animés ont peut être évolués avec leur public. Fin de la parenthèse.
Une différence majeure entre les dessins animés traditionnels et leur alter egos numériques d'un point de vue technique vient de la nature d'exactitude apportée par la 3d. Les ombres détaillées et fidèles mathématiquement (cela reste relatif certes, mais bien plus précis que les techniques traditionnelles), les réflexions, la réfraction, la profondeur de champ, les textures complexes sont autant d'informations supplémentaires qu'il est rare de voir en animation traditionnelle. Cet amas de détails me semble difficile à appréhender pour les enfants les plus jeunes.
Certes on peut observer des films cherchant à simplifier les formes, s'inscrivant un maximum dans une narration destinée à un public enfantin. Mais force est de constater que les parents font majoritairement le choix de voir des films qui soient susceptibles de leur plaire tout autant qu'a leur enfant, ce qui exclu bien souvent les tout petits. Les parents qui emmènent voir les films de Pixar, Dreamworks ou Blue Sky a leur tout petit (moins de 7 ans) le font je le crois car ils fondent leur approbation sur le fait que le film leur plaisent a eux bien plus qu'ils ne se projettent a la place de leur enfant. Le résultat dans les salles est invariablement le même les enfants les plus jeunes tiennent rarement sur leur siège la séance entière quand cela ne se termine pas par des pleurs du a la fatigue visuel, émotionnelle ou a l'incompréhension.
Alors bien évidemment tout n'est pas noir ou blanc, et la France a ce niveau tire bien son épingle du jeu, les films de Michel Ocelot sont réellement destinés a un public enfant, « Les triplettes de Belleville » se dirigent sans équivoque vers un public adulte, « le Manège enchanté » visait lui aussi un public enfant, « Renaissance » avait tout pour plaire a un public adulte et adolescent.
Je crois franchement que l'offre pour les tout petit est la on peut le voir avec des films tels que : mais les parents ne se dirigent pas assez souvent vers ceux-ci, peut-être par peur de s'y ennuyer. Certains me diront que les plus petits n'ont rien à faire au cinéma et que les films leur étant destinés peuvent être vu dans le cadre d'un visionnage à la maison. Mais il me semble que passé un certain âge les enfants commencent à réclamer les mêmes expériences que leurs camarades et dans ce cas autant leur offrir un contenu adéquat pour leur âge, je ne pense pas que la taille de l'écran soit un élément perturbateur.
Les enfants en bas âge doivent voir des films leur offrant un support pour leur imagination. Les formes abstraites, simplifiées leur offrent cette possibilité bien au delà des décors et des personnages très perfectionnés des films d'animations a grand succès.
Moi-même étant Papa d'une petite fille de bientôt 2 ans ces questions me titillent beaucoup. J'espère pouvoir lui faire découvrir le cinéma via des dessins animés qu'elle puisse apprécier, dont elle puisse tirer un enseignement dès le plus jeune âge.
Et je crois que dans un premier temps cela devra passer par des films simples, probablement en animation traditionnel et s'adressant vraiment au public des tous petits.
Chort Sébastien
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