|  Longtemps, Cinema 4D a fait office de challenger face à des poids lourds tels que Maya, Max ou Lightwave. Au fil des versions et des années, patiemment, Maxon a peaufiné son logiciel, tablant avant tout sur une simplicité d'utilisation et une ergonomie sans cesse plus affirmées. Avec cette dernière version, l'éditeur allemand signe un produit abouti, robuste, utilisable aussi bien par le passionné que par les petits et moyens studios. Car il faut se rendre à l’évidence : cette dernière version talonne les mastodontes de la création numérique. Sony ne s'y est pas trompé en lui confiant certaines séquences d'animation et de Matt-painting d'Open Season ( « Les rebelles de la forêt » ). Dans le même temps, sa courbe d'apprentissage relativement courte constitue un argument de poids pour les artistes décidés à s'initier efficacement au monde parfois abscons de la synthèse d'images. Allier puissance et simplicité, c’est le tour de force que parvient à réaliser Maxon dans chacune de ses nouvelles moutures. La version 10 a pour vocation de renforcer l'efficacité et l'ergonomie du logiciel. De multiples petites bonnes idées changent la manière de travailler et la rapidité de production. C'est une révolution douce, sans ajout de grandes fonctions spectaculaires - excepté peut-être en ce qui concerne l'animation - mais avec une accumulation d'innovations qui rendent le travail bien plus agréable et productif. Et c'est parti ! La première nouveauté est, bizarrement, non pas d'ordre technique mais plutôt économique. En effet, Maxon a pris la décision enthousiasmante de fournir Bodypaint 3D, sa solution de gestion d'UV et de création de textures, avec le logiciel de base. Vous n'aurez donc pas à investir dans le module idoine séparé ! La conséquence directe de cela est que la mise à jour d'une version de base 9.6 vers la 10 s'accompagne de l'ajout de Body Paint gratuitement : un changement qui devrait en faire réfléchir plus d'un... Une autre décision du même ordre est d’inclure le module Pyrocluster ( création d'éléments volumétriques tels que fumée ou nuages ) dans Advanced Render ( solution de radiosité et occlusion ambiante ). Plus besoin donc de faire l’acquisition séparée de ces deux produits pour réaliser des effets de rendu avancés. L'interface Dès que la version 10 est lancée, le ton est donné : icônes aux teintes sombres, d'aspect plus professionnel que les icônes multicolores des versions précédentes. Maxon fait mûrir son produit phare et entend bien le faire savoir ! Fini l'interface style gros jouet : toutes les icônes ou presque ont été retravaillées pour offrir une meilleure cohérence dans l'affichage et une meilleure lisibilité. Chaque couleur correspond à un type de fonction. D'autre part, les icônes sont rangées par groupes et il est plus aisé de déterminer quelles fonctions sont activées et lesquelles ne le sont pas.  La nouvelle interface, classieuse :) Notez les icônes rangées par groupes et plus lisibles C'est le Gestionnaire d'Objets, coeur du système de gestion de votre scène, qui a fait l'objet des améliorations les plus importantes. Les précédentes versions de C4D devenaient pénibles à employer lorsque la scène gagnait en complexité. Tout cela est terminé ! Détaillons les nouvelles icônes apparues dans ce gestionnaire. Tout d'abord, un rectangle gris à gauche permet de déplacer la palette partout dans l'interface. Mieux, un clic avec le bouton central de la souris sur ce carré réduit la palette de manière à libérer plus d'espace pour les autres, un peu à la manière de ZBrus h. D'un autre clic de souris, vous la faites réapparaître. Vous pouvez ainsi très rapidement optimiser votre espace sans avoir à fermer les palettes gênantes. C'est le genre de fonction très pratique qui vous fait vous demander comment vous faisiez avant. | | Cliquer sur la flèche avec le bouton du milieu... | ... Réduit la palette. Cliquez sur la barre pour la faire réapparaître. | Les nouvelles autres icônes se situent à droite de la palette. La première, un rectangle abritant un signe plus permet de produire une copie de la palette d'origine. On peut donc désormais disposer de plusieurs gestionnaires d'objets, l'un affichant par exemple tous les objets de la scène, l'autre uniquement les bones. Bien sûr, je peux parfaitement faire passer des objets d'une fenêtre à l'autre ! La seconde icône, une petite maison, travaille en relation avec la fonction Définir Comme Racine. Auparavant, lorsque vous disposiez d'une scène complexe, vous deviez jongler avec l’arborescence, ouvrant ou réduisant les objets parents pour afficher les objets enfants désirés. A présent, lorsque vous sélectionnez le parent d'un groupe d'enfants, un clic-droit sur la fonction Définir Comme Racine fait en sorte de ne plus afficher que ce parent avec ses enfants. On peut ainsi imaginer avoir l'ensemble de la scène dans un gestionnaire, et uniquement l'arborescence correspondant à un personnage dans un autre gestionnaire. C'est là qu'intervient la petite maison : elle vous permet d'afficher le niveau d'arborescence où vous vous trouvez par rapport à la scène globale. En d'autres termes, les parents ne perdront plus leurs enfants qui seront déjà à la maison :) | En 1, l’icône Loupe correspondant à la zone de recherche 1. En 2, cette zone permet de se repérer dans l’arborescence. Ici n’est affichée que l’arborescence correspondant à la main du personnage. En 3, l’icône de l’oeil permet d’afficher ou de masquer certains éléments de l’arborescence. En 4, cette icône permet de créer un deuxième exemplaire du gestionnaire, qui pourra afficher des éléments de manière totalement indépendante de la première. | La troisième icône est une icône de recherche. Tapez simplement les premières lettres d'un élément, et tous les éléments possédant cette séquence s'afficheront à l'exception de tous les autres. Par exemple, nommer tous les bones des bras de votre personnage en y incluant le terme "bras" vous permettra d'afficher instantanément tous les bones de vos bras lorsque vous voudrez travailler sur eux. Un système de signets vous permet même d'enregistrer vos recherches les plus fréquentes ! Enfin, l'icône en forme d’oeil est un filtre permettant de n'afficher dans le gestionnaire d'objets que certains éléments, par exemple tous les objets polygonaux, ou tous les bones. Cela fonctionne aussi avec les tags ( par exemple, je ne veux voir afficher que les propriétés des objets possédant des UV, etc... ) Comble du raffinement, on peut même faire en sorte que certains types d'objets n'apparaissent pas dans les recherches effectuées en employant l'icône Loupe. Enfin, une fonction Arborescence Plane permet tout simplement d'afficher les éléments de la scène les uns sous les autres, sans aucune hiérarchie entre eux. Pratique pour rechercher rapidement un élément dont on ne sait plus dans quel arbre de quel sous-arbre on l'a rangé... Les touches MAJ et CTRL permettent de sélectionner plusieurs objets dans le gestionnaire, la touche CTRL permet de modifier la visibilité de tous les membres d'un groupe en même temps... ce ne sont que deux exemples ! Le programme regorge de ces nouvelles petites astuces qui vous facilitent la vie. Allez, un dernier parce que c'est vous : l'option Affichage Vertical des Propriétés permet d'afficher les tags verticalement sous leur objet parent, et non plus à droite. Vous gagnerez autant de place horizontalement sur l'interface. Finis les allers-retours pénibles vers la droite et la gauche ! Pour en finir avec cette section consacrée à l'interface, on notera l'apparition d'un petit outil permettant d’afficher ou masquer à la volée les objets - un peu comme le fait Photoshop avec ses calques. Pour cela, il suffit de cliquer sur un élément et de se déplacer dans la colonne vers le haut ou le bas. Un pinceau apparaît alors, qui permet de modifier toute la rangé. Ce même pinceau peut être employé avec les calques, dont nous reparlerons très bientôt. | A droite, la fenêtre de gestion d’objets voit ses propriétés d’objets affichées verticalement. A gauche, un autre exemplaire affiche l'ensemble des éléments de la scènes sans lien hiérarchique entre eux. | Personnalisation du logiciel Cette dernière version permet une personnalisation de l'interface extrêmement simple. Car il faut bien l'avouer, il est parfois rebutant d'adapter un logiciel à sa main tant les manoeuvres pour le customiser relèvent parfois du parcours du combattant. Maxon a bien compris que la seule chose qui puisse donner à l'utilisateur l'envie de modifier l'interface, c'est la facilité de mise en oeuvre et la rapidité du retour éventuel à l’interface par défaut ! | Le gestionnaire de commandes. J’ai tapé « chev » dans le rectangle de recherche, aussitôt toutes les fonctions comportant ce mot apparaissent. En cliquant sur « Modifier ls palettes », vous pouvez placer une icône sur l’interface ou créer une nouvelle palette. | Le nouveau Gestionnaire de Commande permet de créer facilement des palettes personnalisées que vous placerez à l'endroit de votre choix dans l'interface. Bien entendu, vous pouvez aussi modifier les palettes existantes. Pour trouver dans la liste des fonctions affichée celle que vous désirez ajouter, tapez simplement ses premières lettres dans la zone de recherche. Vous pouvez aussi employer directement son raccourci clavier dans la zone prévue à cet effet. D’un clic, vous n’avez plus alors qu’à créer votre nouvelle palette et à y faire glisser les fonctions désirées. Enfantin et très intuitif ! |