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3DVF - Christophe, Etienne, merci de nous accorder ce moment en votre compagnie pour nous parler de Peur(s) du Noir. Pouvez-vous nous raconter la genèse du projet ?
Christophe Jankovic : Plusieurs facteurs ont joué sur la naissance de Peur(s) du noir à partir de 2004/2005. Parmi ceux-ci, l'idée partagée avec Richard McGuire à la suite de son travail dans Loulou et autres loups qu'un travail sur la peur en animation offrait un terrain d'exploration passionnant. L'envie de développer en animation les univers singuliers de nombreux auteurs graphiques liés directement ou indirectement à Prima Linea depuis des années, l'implantation enfin de notre structure studio à Angoulême, ville de l'image, de la bande dessinée et de l'animation, qui a stimulé notre désir d'y développer des synergies originales à cheval sur ces différents secteurs cousins.
3DVF - Travailler avec plusieurs scénaristes faisait-il partit de votre vision initiale ?
Christophe Jankovic : Oui, car très vite nous avons abandonnée l'idée un peu artificielle et formelle à nos yeux de construire le film sur un fil rouge scénaristique unique.
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La plus grande liberté possible donnée aux auteurs et la présence d'un directeur artistique subtile, nuancé et au parcours artistique et éditorial dans l'univers du dessin reconnu de tous, nous paraissait plus à même de créer une alchimie originale. Du coup, le film s'est construit progressivement, dans la dynamique d'un long work in progress. Là réside probablement la source de sa dimension expérimentale, peut-être un peu avant-gardiste.
3DVF – Le film s’adresse clairement à un public adulte ; que pensez-vous de la perception du grand public francophone quand à l'animation pour adulte ?
Christophe Jankovic : Dès le début le thème nous a tous motivé dans l'idée d'un film qui ne serait pas pour la jeunesse. Le public adulte pour l'animation existe, quelques films ces dernières années l'ont montré clairement. Ce qui est motivant est que c'est un public à explorer, développer, construire d'une certaine façon... car l'animation offre d'innombrables moyens d'expression cinématographiques souvent absolument inédits. |