
3DVF :
Tout d’abord, merci Pascal d'avoir pris le temps de répondre
à nos questions. Pour commencer, peux- tu te présenter aux
lecteurs de 3DVF ?
Pascal
:
Merci à vous. J'ai 32 ans et je vie en Nouvelle-Zélande
avec ma femme et mes deux enfants depuis plus de 2 ans maintenant.
Je suis passionné
par l'art numérique en général et en particulier
par le design et la réalisation de créatures imaginaires.
Je travaille
actuellement à Weta Digital en tant que senior modeler.
|
|
|
3DVF
: Quel a été ton parcours scolaire ?
Pascal : J'ai
fait 1 an d'IUT Génies Télécommunications
Réseaux et 1 an dans une école d'art, «
Art school », à Paris.
J'ai toujours aimé dessiner et j'ai eu la chance de
rencontrer des dessinateurs talentueux comme Tarik Hamdine,
Stéphane Levallois, Bernard Bitler, entre autres, qui
m'ont donné envie de progresser.
|
|
|
|
Certains artistes 2d et 3d avec
qui j'ai pu travailler ont été mes vrais professeurs en
réalité... J'aurais adoré à l'époque
avoir accès à toutes les formations que l'on peut trouver
sur le web aujourd'hui. Je trouve génial que tant d’artistes
partagent leurs secrets de fabrication par l’intermédiaire
de DVDs ou des didacticiels en ligne gratuits.
3DVF :
Comment as-tu découvert les effets spéciaux et l'art numérique
?
Pascal :
Comme la majorité des graphistes, mon enfance a été
baignée de Starwars, Akira, Alien, et jeux vidéo en
tout genre...
J'ai commencé à faire de la 3d avec la 3ème
version DOS de 3DStudio, j'ai acheté les bouquins et me suis
formé « sur le tas » à la maison avec
mon frère Richard. Je suis entré chez Cryo sur la
partie temps réel du jeu « Le deuxième monde
» et c’est là que j’ai rencontré
Stéphane Levallois qui s'occupait alors de la direction artistique.
Je ne pensais pas vraiment me tourner vers le cinéma au début.
Puis en voyant ce qu'avait fait l'équipe d'Amazing Studio
sur les cinématiques d'Heart of Darkness, celles d’Oddworld
Inhabitant sur Abe's Odyssee ou la qualité des designs de
Kaena, j'ai réalisé que le monde du jeu et du film
se rapprochaient de plus en plus.
J'ai donc glissé doucement vers les effets spéciaux
pour le long métrage au fil des ans. |
|

3DVF :
Peux-tu nous parler de l’époque Kaena ? Pascal:
J'étais fan (et le suis toujours) de l'aspect graphique et cinématographique
du Jeu « Heart of Darkness », et c'est par l'intermédiaire
des gens d' Amazing Studio que j'ai pu entrer en contact avec Chris Delaporte
et Patrick Daher qui montaient un projet de jeu appelé «
Gaina ». L'univers graphique de Chris, le monde de l'axe, était
un vrai bonheur à modéliser et aussi un vrai challenge à
l'époque. Je travaillais sur la partie pré-calculée
du jeu et j’ai été le premier modeleur embauché
à Chaman.
L'équipe a grossi rapidement car le projet
suscitait beaucoup d'intérêt et d'enthousiasme. Tarik Hamdine
et Bernard Bitler sont venus enrichir l'univers graphique du jeu. Après
de multiples trailers et aussi grâce la ténacité de
Denis Friedman, Gaina est devenu Kaena, un projet de long métrage
full 3d, le premier en France. J'ai accepté de prendre en charge
la partie modeling du projet, ce qui n'était pas une mince affaire
compte tenu de la richesse des designs. J'ai énormément
appris sur cette production. Et je pense que si nous n'avions pas tous
été aussi enthousiastes et convaincus par ce projet, nous
n'aurions pas accepté de faire autant de sacrifices et le film
ne serait jamais sorti en salle. C'est très difficile de résumer
la production de Kaena en quelques lignes, car ce fût tout sauf
simple, mais tellement enrichissant au bout du compte.
J'en profite pour passer le bonjour à tous les ex Chaman ! J'espère
bien pouvoir retravailler un jour sur ce type de projet.
3DVF :
Comment es tu rentré chez Weta et à quelle époque ?
Pascal :
Je suis entré à Weta en Mars 2004 pour travailler sur I
Robot et King Kong dans un premier temps. Je pourrais vous dire que je
me suis déguisé en Peter Jackon pour rentrer à Weta...
mais bon j'ai juste envoyé ma démo et rempli le questionnaire
en ligne. Lorsque Matt Aiken m'a demandé de rejoindre son équipe
sur King Kong, j'étais ravi mais la décision de tout quitter
pour aller vivre en Nouvelle-Zélande ne fût pas simple à
prendre, c'est quand même à l’autre bout du monde !

|