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Cela faisait longtemps que le mauvais temps n'avait pas couvert de son voile la capitale de l'animation francophone. Parce que c'est sur cette note que démarre ce 32ème Festival d'Annecy. En effet, depuis quelques années (c'était notre cinquième consécutive), l'aube du printemps se dérobe à la bonne heure et les beaux jours se montrent en même temps que le festival. Pour en venir aux faits, c'est à la veille de ce dernier Mifa (mardi 10), en plein milieu d'une après-midi déjà bien orageuse, que nous sommes pris en pleine avalanche de grêle qui mettra 20 minutes à se calmer, restant ainsi cloués sur place à peine garés sur le parking de l'évènement. Mais, un festival de cet ampleur n'a définitivement que faire des humeurs du climat, et les dieux de l'animation veillent sagement au grain. Même si l'aspect "estival" de la manifestation a eu du mal à percer au cours de ces 3 jours, une chose est sûre, l'industrie en France et dans le monde va bien, même très bien ...

Comme chaque année, l'organisation met à l'honneur un pays. Après le Canada et la Corée, c'est au tour de l'Inde d'être mise à l'honneur. Choix particulièrement pertinent quand on connaît les avancées de ce pays dans le domaine de l'animation avec de redoutables monstres de guerre comme la société DataQuest, qui compte plusieurs milliers d'infographistes et d'animateurs dans ses rangs. Des grands comme Dreamworks et comparses n'ont d'ailleurs pas attendu pour y voir un intérêt certain quant au potentiel à court et long termes de cette région du monde. Sans soulever le débat entre qualité, flux, vitesse de production, toutes les incidences que cela provoque sur les nouvelles façons d'appréhender le financement d'un projet, l'initiative des organisateurs du festival trouve son sens quand on le confronte à la maturité actuelle du marché européen et international.
Les grands moments attendus de l'édition 2008 démarrait avec le film Valse avec Bachir en ouverture qui, après Cannes, a ébranlé, là encore, le festival. Ce documentaire d'animation revient sur les les massacres perpétrés dans les camps de Sabra et Chatila à Beyrouth, lors de la première guerre du Liban. On pouvait également assister aux avant-premières mondiales de Glago's Guest et PRESTO en présence des responsables des studios Disney et Pixar. Nous avons également pu assister aux projections de Mia et le Migou de Jacques-Rémy Girerd (La Prophétie des Grenouilles) ainsi que Fly me to the Moon (traduit en français par les Mouchonautes...) réalisé par Ben Stassen, un film intégralement réalisé en relief chez nos amis Belges de NWave. Les organisateurs profitaient également du Festival pour célébrer les "100 ans du cinéma d'animation" (eh oui, déjà!) avec de nombreuses rétrospectives, dont un hommage à Émile Cohl complété par une exposition dédiée aux plus grands moments de son histoire.
L'un des autres évènements à ne rater sous aucun prétexte cette année, c'était évidemment la présence du prestigieux et vénérable Matt Groening et de son fidèle compère de toujours, David Silverman. Le créateur de la génialissime série s'est d'ailleurs livré à une séance d'autographes intensive qui aura duré plus de 4 heures; comme quoi, pour ceux qui en doutaient, l'animation, c'est aussi un vrai métier : ) Une séance sur les coulisses de la série et du film en présence des voix françaises de Marge et Homer, Véronique Augereau et Philippe Peythieu, n'a pas manqué de déclancher fou rire sur fou rire dans l'assistance composée de fans de tous âges qui, chaque jour, se pressaient par dizaines dans la salle pour assister à cette présentation unique en son genre. D'autres invités prestigieux étaient à l'honneur, dont notamment l'illustre Richard Williams, à qui l'on doit la supervision de l'animation du film Qui veut la peau de Roger Rabbit et dont l'ouvrage The Animator's Survival Kit est considéré comme LA bible que se doit de posséder tout animateur 2d ou 3d digne de ce nom. Le génial Barry Purves était également un invité de marque; on lui doit la supervision de l'animation sur Mars Attack, de nombreuses interventions chez Dreamworks, PDI, Pixar ; il est également l'auteur des chefs-d'oeuvres Next et Screen Play, deux perles du cinéma d'animation de marionnettes. D'autres "stars" du petit monde de l'animation étaient également de la partie, mais plus discrètement, comme par exemple Michel Beaudet, le monsieur à qui l'on doit les désormais incontournables Têtes à claques, ainsi que le très polémique et toujours aussi prolifique Bill Plympton, que l'on a rapidement croisé très détendu et en charmante compagnie au bord du lac d'Annecy. Il présentait cette année le court-métrage Hot Dog et le long Idiots And Angels, son nouveau film, toujours entièrement fait main. Pour ceux qui veulent déjà en savoir plus, on peut retrouver sur son site un making-of vidéo de plusieurs personnages du projet...
 Le soleil a fini par se lever le jeudi et le vendredi, et c'est là que se dévoile toute la magie de l'évènement !
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